En Lozère, les avions de chasse de l’armée de l’air seraient trop présents. Selon la Ligue de protection des oiseaux (LPO), les engins dérangeraient les milliers de rapaces présents dans les gorges du Tarn.
« Les avions civils n’ont pas le droit de survoler cette zone, je ne vois pas pourquoi l’armée de l’air l’aurait », indique Xavier Pédel, membre de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) Occitanie délégation territoriale Lozère.
Dans les gorges du Tarn, il y aurait un volatile de trop, selon la LPO. Le ciel lozérien se partage difficilement entre les Rafales et les vautours. Une situation qui n’est pas sans danger pour l’association, qui a décidé d’alerter le préfet le 28 juillet dernier.
Les gorges du Tarn, en Lozère, où vit la plus grande population de rapaces en France. • © MAXPPP/Imagebrocker
L’armée de l’air effectue régulièrement des exercices d’entraînement, le dernier datant du 10 juin 2025, selon la LPO. Ces vols à plus de 2.000 kilomètres/heure sont mal accueillis dans cette zone sensible.
« Les associations de protection des oiseaux ont des contacts avec l’armée de l’air depuis au moins dix ans sur ce sujet, fait remarquer Xavier Pédel. Mais ils n’en ont rien à faire. »
« Ce secteur recèle la plus importante population de grands rapaces en France, comptant plusieurs milliers de vautours fauves, plus d’une cinquantaine de vautours moines… » alerte la LPO, dans le courrier adressé au Préfet de la région.
Le courrier envoyé par la LPO • © Capture d’écran PLO
Le courrier adressé par la LPO. • © Capture d’écran LPO
« Ce qui dérange les oiseaux, ce sont les avions mais ça peut être aussi les parapentes, explique Xavier Pédel. Ils effraient les oiseaux, et pendant la période de reproduction, les volatiles abandonnent la couvée et le nid. »
Donc les avions de chasse dérangeraient les oiseaux. Notamment lors des périodes de nidification – celle des gros oiseaux dure de novembre jusqu’à juillet – mais aussi tout le reste de l’année. Le site est protégé, classé en zone Natura 2000, réglementation européenne misant sur une meilleure préservation de la biodiversité d’un lieu.
Au-delà des risques écologiques, l’association lozérienne pointe d’autres dangers. Les pilotes des avions pourraient entrer en collision avec des oiseaux pesant parfois plus de kilos. « C’est aussi dangereux pour nous, alerte Xavier Pédel. Un jour, il y aura peut-être un accident à cause de cela, l’avion chutera dans les gorges et il pourra y avoir un départ d’incendie. »
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Les populations ne sont pas épargnées. De nombreux touristes sont présents et certains villages de la vallée sont habités, une perte de contrôle d’un appareil lors d’un exercice peut aussi s’avérer préjudiciable.
