Au moment d’évoquer l’incroyable succès des Wallabies en terre sud-africaine samedi, lors de la première journée du Rugby Championship, les médias australiens n’ont pas été dans la retenue. Ils qualifient ce succès de déjà très important dans l’histoire du rugby australien.
La demi-mesure n’est pas toujours de mise après avoir assisté à un exploit. Demandez donc aux médias australiens, longtemps habitués au goût de la déception, du désabusement, de la lassitude. Clairement, personne ne s’attendait à un tel succès de l’Australie sur la pelouse de l’Afrique du Sud samedi. Il y a eu, c’est vrai, cette victoire lors du troisième test face aux Lions britanniques et irlandais récemment mais qui aurait pu prédire le match au scénario fou qui a vu le jour à Johannesburg ? Pas Sean Maloney en tout cas. Le commentateur de Stan Rugby était comme abasourdi au moment de décrire le dernier essai de Tom Wright, celui qui validait totalement la victoire des Wallabies : « C’est juste trop bon, c’est l’extase ». Quelle émotion.
The Roar a d’ailleurs trouvé la séquence tellement forte que le média a repris les propos de Maloney : « C’est l’extase, les Wallabies remportent une victoire à peine croyable, un moment « humiliant » qui prouve une progression« . Dans son article, The Roar développe : « Ayant été présent lors de trop nombreux moments difficiles du rugby australien au fil des ans, Maloney ressentait ce que tous les autres spectateurs ressentaient : la volonté de vérifier si l’instant vécu n’était pas un rêve, avant de penser que tout ce qui a été perdu avant pourrait être pardonné, seulement pour vivre un instant comme celui-ci. » En toute logique était aussi mentionné le côté « inexplicable » de cette victoire.
Joe Schmidt et sa « charnière de papas »
Menés 22 à 0 à la 25e minute, les Australiens ont infligé un 38 à rien aux doubles champions du monde en titre par la suite. Du jamais-vu ou presque. The Guardian rappelle : « Il y avait déjà eu des remontées spectaculaires, notamment lors du « plus grand test-match de tous les temps » en 2001, dans lequel les Wallabies avaient concédé trois essais face aux All Blacks dans les cinq premières minutes. L’Australie avait remonté le score à 24 partout à la mi-temps avant de s’incliner 39-35 à la fin. » Et le média britannique de se demander si les Wallabies étaient bien de retour, deux ans avant un certain événement majeur dans le monde ovale : « Le dénouement épique de l’Ellis Park donne un puissant shoot d’adrénaline au rugby australien […] Cette fragile prophétie, souvent imaginée mais rarement exprimée après deux décennies de régression, se réalise désormais grâce à l’entraîneur Joe Schmidt, qui a réuni une équipe au caractère incroyable, capable de remporter la Coupe du monde de rugby 2027 en Australie. »
Le tacticien est notamment acclamé pour avoir fait confiance à une charnière très expérimentée pour cette rencontre. Avec Nic White et James O’Connor, Schmidt avait fait un choix très osé, largement critiqué avant la rencontre. L’histoire lui a donné raison. The Roar applaudit : « La charnière des Wallabies, composée de « l’armée de papas », a joué un rôle clé. Un demi de mêlée qui avait pris sa retraite il y a quinze jours et un demi d’ouverture dont de nombreux fans de rugby du monde entier pensaient qu’il avait pris sa retraite. » Pour conclure en beauté, le Sydney Morning Herald assure : « Oui, vous pouvez croire l’engouement : les Wallabies sont officiellement de retour ».
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