Le Préfet de l’Hérault multiplie ces derniers mois les fermetures administratives d’épiceries de nuit qui vendent des cigarettes en toute illégalité. Un phénomène massif, nous explique Daniel Bruquel, chef du service prévention du commerce illicite chez le groupe de tabac Philip Morris France.
Quatre épiciers de nuit du quartier Saint-Martin à Montpellier ont été jugés pour vente illicite de tabac ce mardi devant le Tribunal judiciaire. Les policiers y avaient récupéré fin juin plus de 120 cartouches de cigarettes Philip Morris, importées principalement d’Espagne pour être revendues illégalement. Ces ventes illégales représentent une part grandissante du marché, alerte Daniel Bruquel, chef du service prévention du commerce illicite chez le groupe de tabac Philip Morris France, groupe qui s’est constitué partie civile lors du procès.
Que représente ce marché illégal ?
Il y a quelques données marquantes pour Montpellier. 43% de la consommation totale de cigarettes ne sort pas du circuit légal de vente, c’est-à-dire n’est pas achetée chez un buraliste ! Il y a évidemment la vente à la sauvette dans la rue, sur les réseaux sociaux. Et puis l’autre fait, c’est la vente massive de cigarettes de contrebande dans les épiceries, puisque 80% des épiceries montpelliéraines en vendent (ce qui est illégal, ndlr), ce qui est plus que le nombre de buralistes.
Quels sont les réseaux ? C’est souvent l’Espagne ?
On a ce phénomène d’épiceries partout dans le sud, à Perpignan, à Nîmes, à Marseille etc… et oui ça s’organise souvent depuis l’Espagne, à la frontière à la Jonquera, de par la proximité géographique. Dans l’affaire de ce procès, les cartouches étaient achetées en petite quantité dans des bureaux de tabac espagnols, puis transportées jusqu’à Montpellier pour revendre les cigarettes à l’unité.
Est-ce que vous avez estimé ce que représente ce manque à gagner qui vous échappe ?
En France, le commerce illicite de cigarettes ça représente neuf milliards d’euros non perçus pour l’État. Parce que ce n’est pas seulement Philip Morris et les buralistes qui ont un manque à gagner, c’est aussi et surtout l’État. Ce qui est conséquent dans une période où il y a une pression sur les finances publiques…
.

