À Mont-de-Marsan, les Françaises ont subi la loi des Anglaises sur les ballons portés. Au niveau de la puissance, il n’y a pas eu match.
Depuis de longues saisons, l’équipe d’Angleterre est une référence en matière de ballons portés. Ceux qui ne le savaient pas avant ce samedi soir l’ont rapidement compris… Alors que les Bleues ont réussi à voler le premier lancer dangereux des Red Roses, elles n’ont rien pu faire lors du deuxième (4e). Un ballon porté d’école a permis à Morwenna Talling, deuxième ligne anglaise, d’ouvrir le compteur des siennes. Ce n’était alors que le début du cauchemar pour les protégées du duo Mignot-Ortiz. Car oui, les femmes vêtues de blanc dans les Landes ont appuyé là où ça fait mal.
Au quart d’heure de jeu, rebelote. Lancer d’Amy Cokayne, qui a terminé le boulot quelques instants plus tard. On se disait alors que la soirée allait être très longue pour le huit de devant tricolore. Dans un premier temps, les Françaises préféraient ne pas sauter pour attendre leurs adversaires au sol. Un choix pas vraiment payant. Surtout qu’après avoir envoyé Léa Champon en l’air sur une énième offensive anglaise (22e), les Bleues ont réussi à chambouler les plans du XV de la Rose. Ce n’était qu’une petite bouffée d’oxygène. Juste avant la pause, troisième essai anglais… le troisième grâce à un maul. L’impression d’impuissance fut bien réelle sur la pelouse du stade André-et-Guy Bonfiace. Bien que prévenues et malheureusement habituées à souffrir dans cette épreuve de force, les Françaises n’ont pu que constater les dégâts, tout comme leurs supporters.
Un manque cruel de puissance
À y regarder de plus près, cette domination totale sur les mauls est le triste symbole d’un manque cruel de puissance des Tricolores pour ne serait-ce que rivaliser sur la longueur face à ces Red Roses. Durant toute la rencontre (le quatrième et cinquième essai en force l’attestent), les Britanniques ont avancé en enchaînant les charges dévastatrices dans une défense bleue en souffrance sur le plan physique. Résultat : des Françaises sur le reculoir et souvent poussées à la faute. Autant de coups de sifflet contre la France que d’opportunités pour le XV de la Rose de lancer le jeu sur une touche. Bref, un vrai cercle vicieux.
À l’inverse, les attaquantes avec le maillot bleu sur les épaules ont tapé dans un mur durant quatre-vingts minutes. Même Madoussou Fall-Raclot s’est fait plusieurs fois refouler ballon en main. Du huit de devant, seule Teani Feleu a existé à Mont-de-Marsan. Le score final est lourd et les enseignements sont nombreux pour Gaëlle Mignot et David Ortiz. Si jamais les deux sélections sont amenées à se recroiser durant le Mondial, il faudra tout faire pour équilibrer les débats au niveau des épreuves de force. Au risque de subir un dix-septième revers de suite face à ces Anglaises…
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