La Flac, Fédération des luttes pour l’abolition des corridas, basée en Biterrois, s’attaque à la « Corrida chuchotée », un dispositif d’audiophone lancé en 2024 par l’Office de tourisme Béziers Méditerranée, qui permet de découvrir la corrida, pendant la Feria, avec des commentaires explicatifs.
Thierry Hély, le président de la Flac (Fédération des luttes pour l’abolition des corridas), basée dans le Biterrois, a écrit une lettre ouverte à la guide-conférencière qui animera la “Corrida chuchotée” pendant la Feria. Soit un dispositif qui permettra aux non initiés d’assister à la corrida avec des commentaires explicatifs en temps réels grâce à un système d’audiophone. « Un collectif de psychiatres, de psychologues et des scientifiques représentant plus de 2 800 vétérinaires s’insurgent contre cette initiative de la mairie de Béziers consistant à initier à la corrida un public profane en occultant soigneusement son aspect le plus sanguinaire », avait déjà écrit la Flac à l’attention de la mairie de Béziers.
« Dans un souci d’objectivité… »
Cette fois, s’adressant directement à la guide, Thierry Hély s’étonne après avoir découvert la teneur des commentaires dans un reportage radio de nos confrères d’Ici diffusé en août 2024 (!) : « À aucun moment, le mot “souffrance” du taureau n’est prononcé. Comme si l’animal sensible en tant que tel n’existait pas. Dans un souci d’objectivité, un collectif de scientifiques ainsi que celui de psychiatres et de psychologues vous demandent d’avoir l’honnêteté d’évoquer au moins le terrible tourment éprouvé par ce magnifique animal ». De son côté, la guide-conférencière a fait savoir que sa hiérarchie allait lui répondre…
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Il est temps de briser le vernis hypocrite qui entoure la corrida. Certains la qualifient de « beauté », de « tradition noble », comme si le sang versé pouvait être esthétisé. Mais derrière les costumes brillants et les envolées lyriques, il y a une réalité brutale : celle d’un animal acculé, blessé, traqué, torturé, affaibli volontairement avant même d’entrer dans l’arène, puis lentement mis à mort sous les acclamations de la foule.
Peut-on encore parler de culture quand la souffrance devient spectacle ? Parler de « spectacle » sans évoquer la souffrance du taureau, c’est nier l’évidence : la corrida est un acte de cruauté ritualisée. Ce n’est pas de l’art, c’est une agonie mise en scène. On ne peut pas prétendre aimer les animaux et applaudir leur supplice. La tradition ne justifie pas la barbarie. De plus, ce n’est même pas une tradition française, c’est une importation ibérique qui a toujours été combattue par les Français !
Il est temps de remettre la vérité à sa place : la corrida n’est pas un patrimoine culturel, c’est une violence déguisée. Et la beauté, la vraie, ne s’épanouit jamais dans la souffrance. Heureusement, aujourd’hui de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que le courage ne se mesure pas à la capacité de tuer, mais à celle de remettre en question ce qui fut longtemps accepté sans débat.