Après les dégâts occasionnés par la coordination rurale pour défendre la loi Duplomb au QG toulousain d’EELV et devant la Cité administrative de Toulouse (Haute-Garonne), la mairie va présenter sa facture au syndicat agricole : 1900€. La LDH et le PCF apportent leur soutien aux écologistes et condamnent ces actions.
Du fumier, du purin, des ordures, du plastique à tout va et même, du sang de cochon, ce sont les signes de protestation laissés par la coordination rurale devant la permanence d’EELV à Toulouse (60 boulevard des Récollets) et devant la nouvelle Cité administrative (place Émile Blouin).
Les services municipaux ont dû nettoyer et la mairie de Toulouse va présenter la facture au syndicat agricole.
Dans la nuit et au petit matin, les agents de Toulouse Métropole se sont activés pour nettoyer à l’extérieur les locaux d’EELV et de la cité administrative.
Dans un communiqué diffusé par Émilion Esnault, adjoint au maire, chargé de la sécurité et bonne tenue de l’espace public, il est indiqué que « conformément à la politique de la collectivité, toute personne ou organisation qui salit le domaine public supporte exclusivement le coût des opérations de nettoyage et de remise en état. »
1900€. C’est le coût des 34h de travail de nos agents, qui ont du nettoyer purin et ordures déversés par la coordination rurale
Comme ns l’avons fait à chaque fois, nous refacturons ces coûts.
De telles actions n’ont plus leur place. Et ne peuvent se substituer au débat public pic.twitter.com/KXyRxaGRzI— Emilion Esnault (@EmilionEsnault) July 23, 2025
Les services de la Métropole ont déployé 18 agents qui ont effectué 34,5h de travail pour nettoyer et remettre en état l’espace public. Le montant global de l’intervention s’élève à 1 900,88 € TTC. « C’est une refacturation administrative, pas une sanction, précise Émilion Esnault. Il y a une délibération en conseil de métropole pour préciser le coût et le taux horaire. Ce n’est pas arbitraire. »
Dans le détail, les agents ont dû nettoyer les tags (70€) mais aussi enlever 16 affiches (37€ par affiche). Il y a aussi le coût d’usage des véhicules. « Les 3/4 du coût, c’est la masse salariale. La plupart des agents sont intervenus en horaires de nuit. Chaque fois qu’on a des salissures et qu’on identifie ceux qui sont les auteurs, on facture. Les derniers exemples en date concernaient les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA. »
Nous avons joint ce matin la coordination rurale 31. Pas de courrier reçu pour l’instant. Pour son président Maxime Raud, « on va avoir la même réaction que Sandrine Rousseau : « rien à péter ». C’était une manifestation régionale de la coordination rurale pour protester contre ses propos qui sont indignes et humiliants. Le revenu moyen d’un agriculteur en Occitanie c’est 4 000€ par an. Nous sommes le seul secteur non rentable et je ne connais pas grand monde qui accepterait de travailler autant pour moins de 400 € mensuels. On se focalise sur les pesticides mais il n’y a pas que ça dans la loi Duplomb mais elle est passée, point final. »
On nous indique que c’est la première fois en Haute-Garonne qu’une telle facture est présentée mais que c’était le cas dans d’autres départements comme par exemple le Gers. « On ne s’est pas encore concerté mais certainement qu’on contestera cette facture quand on la recevra. »
Chez EELV, c’est l’incompréhension. Certaines personnes étaient à l’extérieur du local quand les agriculteurs de la coordination rurale sont venus à leur local.
Pour Alice Carret, co-secrétaire EELV région Midi-Pyrénées, c’est la consternation et la colère. « On estime que nous sommes leurs alliés pour qu’ils aient un revenu digne, pour défendre leur santé et se battre contre les traités de libre-échange. De voir ces dégâts, c’est un acte inadmissible. La loi Duplomb est terrible pour notre santé ».
Les écologistes ont fait leurs comptes également pour les dégâts occasionnés qu’ils estiment à 1 000€ pour la vitrine endommagée et le nettoyage du local à l’intérieur suite aux projections de lisier. « Nous avons reçu beaucoup de soutiens des partis politiques de gauche, d’associations comme la Ligue des Droits de l’Homme ou France Nature Environnement, de syndicats comme la CGT ou la FSU. On aurait aimé que le maire de Toulouse condamne ces actes comme il l’avait fait en 2014 lorsque nous avions eu des déchets agricoles devant notre local. »
Le maire de Toulouse a reposté le tweet de Johnny Dunal.
🧾 Les auteurs de ces actes recevront (bien sûr !) la facture. Merci aux agents de @Toulouse d’avoir remis en état l’espace public, avec leur efficacité habituelle.
❌ Oui au débat, non à la violence et à la dégradation du bien commun des Toulousains.https://t.co/sZVSiSQ4GA https://t.co/x4gPCWoQgp— Jonnhy Dunal (@dunaljonnhy) July 23, 2025
Dans un communiqué, la LDH demande au Préfet de Région de faire appliquer la loi et d’engager des poursuites contre les auteurs de ces violences. « Ces actes violents et illégaux commis par la Coordination rurale ne sont pas nouveaux. Nous pouvons en particulier citer des exemples récents :
– Le 15 mai 2025 à Montauban, et pour la 4è fois depuis 2024, les locaux de France Nature Environnement étaient de nouveau pris pour cible par des déversements illégaux de fumier et de déchets.
– Le 6 octobre 2024 à Toulouse, c’étaient les locaux de France Nature Environnement qui étaient visés. Cette dégradation avait été précédée par des menaces proférées à l’encontre de la FNE sur la page Facebook de la Coordination Rurale du Gers. Le Préfet de Région doit faire appliquer la loi et garantir la sécurité des membres et locaux écologistes. »
EELV va porter plainte contre les auteurs des faits et organiser ce rassemblement. Pour Alice Carret, co-secrétaire d’EELV région Midi-Pyrénées, « On veut montrer que beaucoup nous soutiennent, rappeler que la loi Duplomb est rejetée par grande partie de la population, presque 2M de personnes. On est victimes de ce débat public qui indique que les écolos seraient contre les agriculteurs, alors qu’on défend leur santé et un revenu digne. »
Christine Arrighi député de la Haute-Garonne sera présente ainsi que d’autres personnalités.
