XV de France – Exclusif. « Je me sens plus libéré » : son association avec Le Garrec, sa remise en question, le défi des All Blacks : Antoine Hastoy se livre avant le dernier test-match

Remplaçant lors des deux premiers tests, Antoine Hastoy conduira le jeu tricolore samedi et vit une tournée à l’image de sa saison, durant laquelle rien lui a été donné. Remis en cause à La Rochelle, il dit avoir beaucoup grandi et compris qu’il est maître de son destin quand il est sur le terrain. Ce sera encore le cas, à Hamilton…

Mesurez-vous que c’est le dernier match de la saison ?

Découvrir La Tenue des Pros

Elle a été longue. On voit les semaines s’accumuler depuis la préparation de l’an dernier en club. J’étais de la tournée en Argentine puis j’ai enchaîné sur une saison un peu compliquée.

On y reviendra…

Pour les joueurs qui sont ici, on a surtout l’opportunité énorme de jouer contre une des meilleures nations du monde, de voir comment rivaliser. On peut trouver toutes les excuses sur la longueur de la saison mais c’est quand même un beau challenge.

Peut-on rêver mieux pour terminer ?

En termes de défi, non. La motivation est toute trouvée. Disons qu’on a un dernier coup de collier à mettre pour faire une performance positive et ressortir grandis de cette tournée.

Vous parlez d’exploit, c’est exactement le terme qu’on a utilisé cette semaine

Vous étiez remplaçant à Wellington le week-end passé. Comment avez-vous vécu la première mi-temps ?

C’était un peu dur à vivre sur le bord du terrain. Le score était lourd à la mi-temps, nous n’avons pas été aussi réalistes que lors du premier test. Mais je suis content d’avoir ensuite eu davantage de temps de jeu.

Vous êtes entré à la 44e et avez été au cœur de cette bonne deuxième période, sur laquelle le groupe veut s’appuyer…

Oui, ça nous a servi cette semaine. Mais il faut se servir aussi de la première, voir ce qui n’a pas fonctionné, là où ils nous ont fait mal. Ensuite, tout n’était pas parfait en deuxième mi-temps, mais nous étions satisfaits de l’état d’esprit. Malgré trente points de retard, on a eu le mental pour repartir de l’avant et rivaliser au mieux.

Lors du premier test, le XV de France a touché du doigt l’exploit. Sincèrement, le pensez-vous possible ?

On a envie d’y croire. Vous parlez d’exploit, c’est exactement le terme qu’on a utilisé cette semaine. Tout ce qu’on fait, c’est pour réaliser un exploit. On a quatre-vingts minutes pour se donner à fond et atteindre quelque chose qu’on retiendra de la tournée.

Une victoire en Nouvelle-Zélande peut marquer une vie…

Ce serait incroyable. Une tournée en Nouvelle-Zélande, c’est mythique. Mais je pense qu’il ne faut pas trop penser à ce qui arriverait après. Je veux me concentrer sur tout ce qu’on a travaillé, les éléments qui peuvent nous faire gagner.

PLUS INFO  Coupe du monde de rugby 2023 – Florian Grill (président de la FFR) réagit à la demande d’exclusion de Bastien Chalureau du XV de France

Ressentez-vous le côté mythique que vous évoquez ?

C’était un rêve de gosse pour moi de venir ici. Mais j’ai essayé de le voir aussi comme une opportunité, de ne pas tout regarder avec émerveillement. Même par rapport aux All Blacks. Ils jouent très bien au rugby, c’est la réalité, mais les affronter doit être un défi. Celui de s’étalonner en face d’eux, d’essayer de mettre notre jeu en place.

De chercher à les rendre humains ?

Oui, et ils le sont. Après tout, ce sont des joueurs de rugby comme nous.

Que change le fait de débuter ce troisième test ?

J’ai voulu aborder la semaine sans changer ce que j’avais fait pour les deux premiers. Remplaçant ou pas, je prépare la stratégie de la même manière, aussi sérieusement. Je fais ce qui m’est demandé et j’essaie d’apporter ma touche. Quel que soit son rôle, chacun doit apporter son truc. Mais je suis évidemment hypercontent de débuter.

Contrairement à beaucoup d’autres sur cette tournée, vous savez ce que c’est d’être titulaire en équipe de France. Cela sert-il sur la gestion de la pression ?

Forcément, ça aide. J’ai cette expérience, ce n’est pas une première pour moi. Et j’arrive au troisième test, donc nous avons plus d’éléments sur lesquels nous appuyer. Même s’il faut s’attendre à tout avec eux. Ils peuvent sortir des choses qu’on n’avait pas vues.

Vous avez déjà été associé à Nolann Le Garrec lors du match de préparation en Angleterre, il y a un mois…

Là aussi, ça nous sert. Aux entraînements et en dehors, on essaie de beaucoup parler. Avec le numéro 9, on a une complicité à trouver. C’est important d’échanger, de savoir ce que chacun aime. Et cela va nous servir pour la suite (sourire).

Juste après le match, avec Thibault Daubagna, on s’est dit : « C’est quand même fou. »

Effectivement, Le Garrec a signé à La Rochelle. Que vous inspire la charnière que vous formerez en club ?

Je suis très heureux que Nolann rejoigne le projet. Du coup, ça me fait d’autant plus plaisir d’être ici avec lui, qu’on commence à avoir des repères ensemble. On se connaît depuis un petit moment et on s’entend très bien.

C’est un demi de mêlée qui aime prendre des responsabilités et les assumer…

Oui et j’aime son profil. Nolann cherche à avoir un peu de libertés, pour prendre des initiatives. J’aime ça aussi et je sais qu’il faut le suivre parce qu’il peut démarrer vite. Son arrivée à La Rochelle est une bonne chose. Pendant trois ans, avec Tawera (Kerr-Barlow, N.D.L.R.), j’ai construit un lien fort dans le jeu. J’ai adoré évoluer avec lui. Je suis content que Nolann prenne la suite.

Vous avez aussi fini le match avec Thibaut Daubagna samedi dernier, soit la charnière paloise d’il y a quelques années…

Juste après le match, avec Thibault, on s’est dit : « C’est quand même fou. » Et on a vu qu’il nous restait deux ou trois repères. Je suis heureux pour lui. Il a énormément donné et apporté à Pau. Il est resté dans ce club et cette sélection récompense sa carrière. Il doit avoir trois cents matchs avec la Section, c’est incroyable. J’étais fier d’être à ses côtés.

PLUS INFO  Oyonnax doit désormais franchir un cap

Avez-vous pris un coup au moral en apprenant que vous étiez remplaçant sur les deux premiers tests ?

Pas un coup au moral mais j’aurais évidemment voulu débuter. C’est la vie en équipe de France. Je me suis adapté, j’étais déjà content d’être sur la feuille et plutôt satisfait de mes entrées. Mais on veut toujours plus, surtout à l’ouverture.

Pourquoi ?

C’est plus simple, à ce poste, de commencer le match, de voir comment ça se passe. Dans ce rôle, tu as besoin de vivre les choses de l’intérieur. Mais voilà, c’est comme ça. J’aurai tout de même disputé les trois matchs et j’ai surtout envie d’être performant avec le 10 dans le dos.

Vous étiez titulaire en Argentine l’été dernier, en l’absence déjà de Ntamack, Jalibert ou Ramos. L’avez-vous vécu comme un recul dans la hiérarchie, cette fois ?

Ce n’est pas moi qui fais le choix. Je ne l’ai pas forcément vécu ainsi et je suis conscient de ma saison aussi. Je l’ai bien finie mais elle a été assez difficile. Je ne referai plus certaines erreurs. Je sais que j’ai grandi.

Effectivement, durant votre première moitié de saison à La Rochelle, vous avez été remis en cause. À quoi faites-vous référence en parlant d’erreurs ?

Sur la manière de voir et d’aborder les choses, quand je suis en club.

Vous les prenez trop à cœur ?

Parfois peut-être, oui. Il y a des périodes où ça peut moins bien se passer. C’est comme ça… Mais ça m’a énormément servi. J’ai beaucoup appris cette année, même si ça a été dur, honnêtement. Ça s’est plutôt bien fini, donc on va rester là-dessus et retenir le positif.

Vous sentez-vous plus fort mentalement ?

Oui, c’est une certitude. Même si je sais qu’il y a bien plus dur dans la vie.

Beaucoup de sportifs font appel à des aides sur le plan psychologique. Y avez-vous eu recours ?

Un peu en club et ça m’a fait du bien. En équipe de France, il y a aussi une cellule dédiée. Parfois, on a besoin de sortir les choses. Je ne suis pas trop comme ça à la base mais ça m’a servi cette année.

Cette tournée ne ressemble-t-elle pas à votre saison ? Dans le sens où rien ne vous est donné…

C’est vrai mais c’est peut-être mieux finalement. C’est comme ça que tu apprends et grandis le plus. Donc, ça me va très bien. J’essaye, à chaque fois, d’être le plus sérieux possible, de servir le collectif et de rester à ma place, que je sois titulaire ou remplaçant. C’est ce qui m’anime.

Si je me renferme, je ne suis pas bien, je ne prends pas de plaisir et je suis beaucoup moins entreprenant

Arrivez-vous à une forme de maturité ?

PLUS INFO  Yoann Maestri : « J’ai envie de couper totalement avec le rugby »

Je le pense. Mais il faut surtout que mes expériences me servent pour rester dans le même état d’esprit et repartir sur ces bases-là.

La Rochelle ne s’est pas qualifiée mais on sent que votre bonne fin de saison vous a fait un bien fou…

Il y a quelques mois, j’avoue que je ne pensais pas vraiment à l’équipe de France. Je pensais juste à rejouer en club, à reprendre du plaisir. C’est ce qui me manquait. Et j’ai réussi à le faire sur la dernière partie de saison. Je ressens un peu plus de conviction et de confiance en moi.

On vous a notamment vu davantage porter le ballon et être plus entreprenant offensivement. Est-ce qu’on se trompe ?

Non, je suis d’accord. Quand je parle de reprendre du plaisir… C’est ainsi que je m’épanouis. Mais je ne choisis pas d’être moins entreprenant.

Il y a un plan de jeu à respecter…

Au-delà de ça. Même personnellement, j’ai dû apprendre de mes erreurs, comme je le disais. Il faut arriver à prendre un peu de hauteur. Au final, quand on joue, on a quand même notre libre arbitre. En fait, c’est ce que j’ai vraiment appris, cette saison. Quand tu es sur le terrain, c’est toi qui fais les choses.

Remplaçant lors des deux premières rencontres, l’ouvreur de La Rochelle a gagné sa place pour l’ultime test. Imago / Icon Sport – Imago / Icon Sport

Vous êtes-vous libéré ?

C’est exactement ça. Je me sens plus libéré. Si je me renferme, je ne suis pas bien, je ne prends pas de plaisir et je suis beaucoup moins entreprenant.

On a beaucoup parlé de votre drop-goal de 40 mètres réussi à Vannes, à la dernière minute…

Souvent, tout réussit mieux quand la confiance est là. Je n’ai même pas réfléchi sur le moment, j’ai pensé que c’était la bonne solution. Et c’est passé. J’allais dire que j’ai eu de la chance, mais non. C’est le travail.

On juge beaucoup les ouvreurs sur leurs prestations défensives aujourd’hui…

Il faut faire le boulot, on n’a pas le choix. Nous sommes dans une zone visée et il faut faire tomber les mecs ou aider au maximum quand on doit prendre en haut. Ça fait partie du job. En début de carrière, je n’avais pas forcément axé mon jeu là-dessus. C’est un point sur lequel j’ai fait des progrès mais que je dois encore améliorer.

Vous avez fait beaucoup d’aller-retour à Marcoussis ces dernières années car la concurrence est énorme à votre poste. À 28 ans, conservez-vous le même enthousiasme ?

Moi, je prends tout pour l’instant. Je ne sais pas comment je le vivrai plus tard mais c’est un honneur de porter ce maillot, que ce soit en novembre, dans le Tournoi ou lors des tournées d’été. Peu importe, c’est une opportunité de jouer, de montrer que je suis là, que je peux être performant à ce niveau. Si je dois faire des aller-retour, il n’y a aucun souci.

Vous aurez Damian McKenzie en face de vous samedi…

J’adore ce joueur. Il est entreprenant, a une énorme qualité technique et met beaucoup de vitesse. Ces deux dernières saisons, il a atteint son meilleur niveau. Je suis content de me mesurer à lui. Bon, lui ou Beauden Barrett de toute façon, ce sont deux immenses ouvreurs (sourire).

https://www.rugbyrama.fr/2025/07/18/xv-de-france-exclusif-je-me-sens-plus-libere-son-association-avec-le-garrec-sa-remise-en-question-le-defi-des-all-blacks-antoine-hastoy-se-livre-avant-12830446.php

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Top 14 – Antoine Dupont apte, Thomas Ramos très incertain, encore des doutes pour Toulouse avant sa demie contre le Racing 92

Si le demi de mêlée international Antoine Dupont devrait pouvoir tenir sa place vendredi soir contre le Racing 92 à Marseille, il existe encore une grosse inquiétude autour de l'arrière Thomas Ramos dans les rangs...

Concerts de jazz gratuits

Chaque vendredi, de mi-juin à mi-septembre, à partir de 19h30, l’Office de Tourisme Béziers Méditerranée vous donne rendez-vous à la...

L’article Concerts de jazz gratuits est apparu en premier sur Le Petit Journal.

170 appels injustifiés au 17 : une Héraultaise interpellée par les gendarmes après avoir saturé la ligne d’urgence

Une jeune femme de 31 ans a été placée en garde à vue par les gendarmes de la brigade de Valras, dans la nuit de mardi 16 à mercredi 17 juin. Elle aurait appelé les secours à de trop nombreuses reprises sans raison...

Concours de l’arbre 2026 : un appel à candidatures lancé pour trouver celui qui représentera la région Occitanie

Le concours de l'arbre de l'année 2026, organisé depuis 2011, recherche son candidat pour la région Occitanie. Chacun est invité à proposer un arbre cher à son coeur, jusqu'au 30 juin, sur le site internet du concours. Le chêne du jardin de Béduer (Lot) avait représenté la région en 2025.