Face à une situation devenue intenable avec des arrêts maladie en cascade, la direction du centre hospitalier de Béziers a proposé un plan d’action, ce jeudi 3 juillet, pour l’Ehpad La Pinède. Mais pour le syndicat CGT, il manque l’essentiel : des bras pour aider un personnel épuisé et une prise en charge digne des résidents.
La direction du centre hospitalier de Béziers (CHB), suite à l’alerte des syndicats du jeudi 26 juin sur le registre des dangers graves et imminents, a présenté un plan d’action, ce jeudi 3 juillet, pour faire face aux très nombreux arrêts maladie et au manque de personnels pour assurer les missions de soins et d’accompagnement à l’Ehpad La Pinède, sur le site de Perréal.
Dans un communiqué, l’hôpital biterrois précise ainsi que « dans le cadre du plan d’amélioration initié en 2024 pour l’Ehpad, la direction a rencontré les représentants du personnel pour réaffirmer son engagement à renforcer les équipes et améliorer la qualité de vie au travail ».
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« Des absences systématiquement remplacées »
Elle affirme ainsi que « La pinède a bénéficié de la création de postes supplémentaires, notamment celui d’un infirmier de coordination et d’aides-soignants. Par ailleurs, toutes les absences constatées ces dernières semaines ont été systématiquement remplacées, garantissant ainsi un niveau de qualité constant dans la prise en charge des résidents ».
Certes, détaille Magali Lafaille, secrétaire CGT du CHB, le plan « consiste à repenser l’organisation des soins, à nommer un directeur dédié à la gérontologie, à embaucher un cadre expérimenté qui restera plusieurs années sur l’Ehpad, à embaucher des CDD pour remplacer le personnel en arrêt maladie et enfin à créer un poste pérenne d’aide-soignant pour l’après-midi ».
« Les agents ont besoin de bras pour les aider »
Mais pour la syndicaliste, alors que les besoins sont estimés à 4 postes supplémentaires, « nous sommes loin du compte… De même, nous ne voyons pas comment repenser une organisation où, l’après-midi, deux aides-soignants s’occupent de 25 personnes dans une partie de l’établissement et dans l’autre, 4 aides-soignants (3 + la création de poste) ont en charge 92 personnes, dont 40 en fauteuil ».
Pour elle, « les agents n’ont pas besoin d’un nouveau directeur mais de bras pour les aider à accompagner des personnes âgées très dépendantes ». Le syndicat reconnaît toutefois que « la direction n’a pas fermé le dialogue, a reconnu la pertinence de nos arguments mais pointe les difficultés financières de l’Ehpad ».
« Trois arrêts maladie de plus »
En conclusion, « un premier pas a été fait mais les difficultés sont telles que ce ne sera pas suffisant, les agents sont unanimes sur ce sujet. Ils sont épuisés, certains craquent et pleurent lors de nos rencontres […] C’est encore trois arrêts maladie de plus aujourd’hui (jeudi, NDLR) ». La CGT, » déterminée à lutter pour la création de postes d’aides-soignants », ne manquera pas « d’interpeller les tutelles sur une situation alarmante face à cette maltraitance institutionnelle ».
La direction, elle, se veut sereine : « En septembre, arrivera un nouveau directeur entièrement dédié à la gériatrie et au site de Perréal […]. Sa mission prioritaire sera d’entreprendre une analyse approfondie sur l’organisation de La Pinède et ajuster le plan d’action afin de réduire le turn-over et d’harmoniser les pratiques professionnelles ».
Quant à Force ouvrière, par la voix de son secrétaire-adjoint Marc Valette, le syndicat salue la création du poste d’aide-soignant l’après-midi mais il entend rester vigilant et aimerait la création rapide de groupes de travail et, plus globalement, « de vrais états généraux pour Perréal. Les GIR (Groupe iso-ressources qui mesure l’état de dépendance d’une personne, NDLR) n’ont pas été remis à jour depuis trop longtemps ».
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