Le 23.06.2025
Temps de lecture : 3 min
Deux hôtels particuliers imbriqués jusqu’au tréfonds des caves, témoignant de l’histoire multi-millénaire de Béziers. Sur et dans ces vieilles pierres, accrochez tableaux et photos, laissez résonner les notes des musiciens dans la cour, mitonnez cocktails et petits plats sous les plafonds à caisson… Voilà, c’est ça la recette des Ostals.
Contenus de la page
Restaurant Les Ostals
Le bistro, sous son plafond historié : recettes savoureuses dans un cadre qui vous raconte une histoire…
Patrimoine, hospitalité, culture : la « sainte trinité » du lieu, selon Thomas Langlois, propriétaire et fondateur des Ostals (« les maisons », en occitan). A l’angle de la rue du Capus et de la rue Eugène Sue – dans le très très vieux Béziers – ces deux hôtels médiévaux mitoyens (les ex-hôtels du Soleil et Christol) « sont les maisons-témoins de l’histoire de Béziers » dit-il, en résumé.
Et il sait de quoi il parle : sous la direction de l’archéologue Frédéric Llop, toute une équipe de paléoanthropologues, archéologues (et autres savants aux métiers se terminant en « -logue ») ont creusé, épousseté, gratté, scruté la moindre arche, le plus petit moëllon durant des mois, en 2023, pour documenter et certifier l’histoire des bâtiments. Produisant au final un document de 1 200 pages (rien que ça…) qui montre que cet espace recèle des éléments datant de l’occupation grecque, puis des vestiges romains, des murs de terre du XIIe siècle, des éléments Renaissance (dont des plafonds à caissons historiés)… Bref, une mine d’informations. Au passage, Thomas Langlois se rengorge « c’est la seule étude du genre jamais réalisée à Béziers, vraiment très éclairante » dit-il.
Vieilles pierres et jeunes créateurs
Mais une fois révélés, sauvés, inventoriés et restaurés tous les espaces, passages, vestiges architecturaux, que faire des édifices ? « Un lieu ouvert au public » lance-t-il : et un bâti de cette taille, ouvert aux passants et habitants, ça ne court pas le dédale des rues du centre ancien !
Donc, il y faut un projet « trapu » et original, pour attirer le public, faire vivre les vénérables murs. Qu’à cela ne tienne : entouré d’une équipe aux intérêts et compétences divers, mais unis par l’amour de l’histoire et de l’architecture, Thomas Langlois, Pierre Négrier et consorts ont modelé un projet « culturel, gastronomique et convivial ».
Thomas Langlois-Meurine, propriétaire et fondateur des Ostals, avec son épouse Aurélie Abiad (Photo @Karinegregoire)
Pierre Négrier, programmateur en chef : expos, concerts, théâtre… (Photo @Karinegregoire)
Exposition, dans cette pièce au long passé : « le châtaignier aime le fer, il se fume à la hache ». (Photo @Karinegregoire)
Le logo des Ostals (que l’on trouve décliné en T-shirts, sacs et autres objets, dans la boutique). (Photo @Karinegregoire)
En clair, les Ostals sont un lieu où l’on s’installe pour siroter une boisson au bar-bistro (à l’ombre des puissants murs) et où l’on déambule au milieu d’expositions : de photos, dessins au fusain, mobiliers contemporains en ce moment, « le châtaignier aime le fer, il se fume à la hache », de Victor Giannotta et Joseph Cambau. On y déjeune et dîne aussi, avec dans l’assiette et le verre « du local , frais, et souvent bio», en attendant le concert ou la pièce du soir : en mai et juin, on se régale des Jeudis jazz, Mardis théâtre et Dimanches scène ouverte.
Ou encore, lorsqu’on a envie de fureter dans les Ostals, on musarde au fil d’une visite guidée en onze points, ou un QR Code à flasher vous offre à chaque fois des informations, anecdotes sur tel ou tel élément patrimonial.
Le pari des Ostals est donc aussi ambitieux qu’innovant, rare. Une alliance objective entre histoire, dynamique entrepreneuriale et art contemporain. Une perle de plus dans l’écrin de Béziers.
Les Ostals version pratique :
Maintenant que vous savez tout sur ce lieu d’exception, n’hésitez pas à vous y rendre pour un moment gourmand ou une parenthèse culturelle !
