Tous les ans, quand les beaux jours arrivent, les terrains municipaux sont envahis, au grand dam des élus qui se sentent mal accompagnés, par des gens du voyage qui s’imposent et commettent des dégâts.
Tous les ans, les gens du voyage descendent dans le sud de la France, se rassemblent en nombre, squattent des terrains privés ou public, y montent (pour certains, NDLR) des chapiteaux et prient. Et le Biterrois voit affluer de nombreux convois, à l’image de ceux installés à Tourbes ou encore Montady, tout récemment.
« Oui, le pasteur est avec nous, parce qu’il fait partie de la communauté, mais nous ne faisons pas de pèlerinage. Nous nous rapprochons de Lourdes pour fêter Marie au mois d’août ou bien en mai aux Sainte-Marie-de-la Mer, mais rien de plus. Nous descendons tous les ans dans le sud de la France, insiste un des membres de la communauté installée à Tourbes depuis dimanche dernier. Comme tous les Français pour profiter du soleil ou bien encore pour voir la famille. Qui a-t-il de choquant à tout ça ? »
Alors pourquoi ces groupes viennent quasi systématiquement s’installer sur des stades municipaux alors que les communautés d’Agglo mettent à disposition des aires de grand passage équipées (tel que l’impose la loi) ?
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Des aires « inadaptées »
La première partie de la réponse est tout ce qu’il y a de plus clair. « Faire des aires d’accueil, c’est très bien. Mais nous n’avons pas été consultés pour les réaliser. Quand je dis “consultés”, je veux dire que nous aurions pu donner notre avis sur certains points. Le goudron par exemple. C’est propre, oui, mais il renvoie une chaleur insupportable. Il aurait mieux valu de la terre ou de la pelouse. Et puis, il n’y a pas d’ombre. Finalement, les aires ne sont pas adaptées. On les a conçues comme des parkings, il aurait fallu les penser comme des campings. »
Mais ils oublient de parler des branchements sauvages qui exaspèrent les élus, des dégâts occasionnés sur les terrains privés ou municipaux et se moquent totalement de l’aspect sanitaire de la situation. « Pour ce qui est des toilettes, nous allons dans la nature parce qu’on ne nous installe pas de sanitaires. » Et ce « voyageur », occupant en ce moment au stade de Montady, ne comprend pas qu’on lui reproche les désordres occasionnés : « C’est quand même du racisme. Dès que nous arrivons quelque part, on parle de nous comme des voleurs, comme des profiteurs. Mais nous nous ravitaillons sur place, nous faisons aussi marcher le commerce local. Personne ne le souligne tout ça. »
Les aides aux communes sinistrées se font attendre…
« Deux ans que nous attendons une réponse, insiste Philippe Vidal, le maire de Cazouls-les-Béziers. Deux ans que nous connaissons les auteurs qui habitent le secteur de Marseille et que rien n’est fait. Le procureur de la République de Béziers a transmis le dossier aux enquêteurs de la police de Marseille et rien ne bouge. En attendant, nous avons dû assumer les dégâts. La réparation du stade, de sa pelouse et des installations. Je me souviens, nous étions en pleine canicule, nous ne pouvions pas toucher à l’eau et eux, ils remplissaient des piscines et astiquaient leurs voitures. » Philippe Vidal a tenté la négociation. Il n’a reçu que des menaces de mort. À tel point qu’on lui a proposé une protection à demeure. « Moi je veux que les Cazoulins soient indemnisés, pas que le ministère me protège. C’est ridicule. »
À Tourbes, dont le stade municipal a été envahi dimanche dernier, la colère est tombée. Mais le maire et toute son équipe sont désabusés. « Il règne dans Tourbes une espèce de psychose, explique Lionel Puche, le premier magistrat. Dès que quelqu’un aperçoit une voiture qui tourne, ce sont les gens du voyage. On nous appelle. Pourtant, il ne se passe rien. Il faut être honnête. En revanche, il y a une sorte d’exaspération, le soir, ils se rassemblent tous sous le chapiteau pour prier, les riverains n’en peuvent plus du bruit et puis, les viticulteurs sont dégoûtés, leurs vignes servent de toilettes géantes. Il y a de tout partout. C’est dégoûtant. »
Rappelons aussi que des caravanes des gens du voyage se sont installées à Montady alors que toutes les Agglos du territoire sont conformes aux normes en vigueur.
On pourra dire que les préjugés ont la dent dure. Mais ne venez pas dire à Philippe Vidal, le maire de Cazouls-les-Béziers, que le passage, il y a deux ans, des gens du voyage, n’a pas laissé de traces. Des situations inextricables.
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