« Sans explication, la peine de prison est vidée de son sens » : les acteurs pénitentiaires de la réinsertion se mobilisent

Sous-effectifs, surpopulation carcérale, répression trop importante : les agents des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) tirent la sonnette d’alarme et se mobilisent pour défendre le sens de leur mission.

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Devant le palais de justice de Toulouse, ce mardi 17 juin, une vingtaine de fonctionnaires du ministère de la Justice ont tenté de faire entendre leur voix, malgré leur petit nombre. Chargés d’accompagner le parcours de réinsertion des personnes condamnées pour éviter la récidive, les agents des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) ont manifesté pour réclamer une meilleure reconnaissance de leur métier.

Aujourd’hui, 5 400 conseillers pénitentiaires assurent le suivi de plus de 250 000 personnes à l’échelle nationale. Un ratio intenable selon les syndicats, qui réclament au moins 1 200 postes supplémentaires.

« Les règles européennes prévoient qu’un conseiller suive environ 60 dossiers, mais actuellement, nous suivons entre 90 et 110 personnes que ce soit en milieu fermé ou ouvert, dénonce Eve Fontaneau, secrétaire CGT SPIP 3109. Pour 2025, seulement 90 recrutements sont prévus à l’échelle nationale : c’est ce qu’il faudrait rien que pour la direction interrégionale de Toulouse. C’est catastrophique. »

Pour lutter contre la délinquance, la réponse du gouvernement reste majoritairement sécuritaire. Le ministre de la Justice a annoncé la création de 3 000 places de prison supplémentaires d’ici 18 mois, ainsi que de nouveaux quartiers de haute sécurité destinés aux narcotrafiquants. Un non-sens pour les professionnels de la réinsertion. 

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« Si la prison est nécessaire, elle n’est pas la réponse à tout. Elle demeure une peine efficace lorsqu’elle est bien dosée, expliquée, mais surtout quand elle est adaptée au risque de récidive de la personne. Sans explication, sans travail sur le passage à l’acte, la peine de prison est vidée de son sens », affirme Adeline Cautres, secrétaire régionale SNEAPAP FSU.

Un constat dressé alors que la surpopulation carcérale reste un problème majeur. En Occitanie, 8892 personnes sont actuellement détenues, faisant monter le taux moyen d’occupation des prisons à 155,5%. Le phénomène est particulièrement marqué dans les maisons d’arrêt, qui accueillent des détenus condamnés à moins de deux ans de prison. Ainsi, Toulouse-Seysses affiche un taux d’occupation record de 223,1%. Mais les établissements pénitentiaires des villes moyennes n’échappent pas à ce problème de surpopulation: 218,5% à Foix, 217,1% à Tarbes ou encore 214,1% à Rodez.

Au travers de leur mobilisation, les agents des services pénitentiaires d’insertion et de probation alertent également sur « l’arrivée de policier dans les services, les effets délétères causés par la surpopulation carcérale et l’arrêt des activités socioculturelles. »

Un message qui semble avoir été entendu : les représentants syndicaux seront reçus le 26 juin prochain par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.

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