Mardi 17 juin, une mère de famille comparaît devant le tribunal judiciaire de Toulouse pour avoir incité sa fille à se prostituer. La prévenue est notamment accusée d’avoir réservé des chambres à des clients. Ces faits de proxénétisme ont été menés avec la sœur de la victime.
Une épineuse affaire de proxénétisme est jugée mardi 17 juin au tribunal judiciaire de Toulouse (Haute-Garonne). Une mère est accusée d’avoir incité sa fille à se prostituer pour subvenir aux besoins de la famille.
Selon les éléments de l’association ACPE – qui lutte contre la prostitution des enfants et les violences sexuelles – la prévenue aurait piloté cette activité de prostitution avec son aînée. Cette dernière, elle-même prostituée au moment des faits, a été condamnée à huit mois de prison avec sursis en janvier. Les deux procédures ont été disjointes car cette dernière a été jugée devant un tribunal pour enfants.
Les faits se sont déroulés entre septembre 2020 et juillet 2021. Sans nouvelles de la plus jeune de ses filles, le père signale sa disparition à la gendarmerie. Elle est finalement retrouvée, et explique être partie avec son petit ami beaucoup plus âgé qu’elle, rencontré via le site Coco.gg.
L’enquête démontrerait que la mère a joué un rôle prépondérant. Elle aurait notamment organisé des rendez-vous entre des clients et sa fille, commandé des taxis, et réservé des chambres d’hôtels. Une participation active avec également des contraintes physiques pour l’encourager à poursuivre cette prostitution, alors que sa fille a formulé son souhait d’arrêter.
Pour l’ACPE, « cette affaire met en lumière une facette particulièrement sombre des mécanismes d’exploitation sexuelle« . Ces dérives sont « inquiétantes dans l’intimité du foyer », et « révèlent l’ampleur de certaines défaillances« . Un cercle vicieux qui « rend la parole des victimes plus difficiles à recueillir », selon l’association.
L’ACPE pointe également l’utilisation de l’application Coco.gg, désormais inactive, mais au cœur de cette affaire. Son utilisation a poussé ce collectif à se porter partie civile dans ce dossier. Si les faits sont reconnus, la peine peut aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 1 500 000 euros d’amende.
Ce procès est le fruit d’une enquête comme il en existe de plus en plus en France. Selon des chiffres de Franceinfo révélés hier, les cas de prostitution de mineurs ont été multipliés par 10 entre 2015 et 2024. Parmi les victimes de prostitution l’année dernière, 272 étaient mineures et 189 majeures.
