Si son équipe a réussi un véritable exploit en arrivant à se qualifier pour la phase finale du Top 14, le manager de l’Aviron bayonnais, Grégory Patat, n’est pas rassasié. Il espère dominer Clermont demain soir pour poursuivre l’aventure, au moins, une semaine de plus.
Grégory, vous avez attendu ça toute la saison. Comment vous sentez-vous ?
Je suis très heureux et fier du travail accompli. On voulait ce barrage à Jean Dauger pour avoir un dernier match devant notre public. Maintenant, une autre compétition commence, les semaines sont faciles à préparer dans un tel contexte.
Avez-vous changé vos habitudes ?
Non. Nous étions partis en stage il y a quatre ou cinq semaines. Ce point avait été évoqué. On avait demandé au groupe comment préparer la phase finale et les joueurs ne voulaient rien changer à leurs habitudes. Ça convient très bien au groupe.
Êtes-vous conscient qu’une vraie fête aura lieu demain soir ?
On sait qu’il va y avoir beaucoup de passion autour de ce match. Il faut rester focalisé sur le moment présent et sortir les émotions à ce moment-là. Nous allons garder au maximum notre routine, nous n’allons pas changer grand-chose sur le plan de jeu. Le but, c’est d’arriver à 21h07 avec le maximum de certitudes.
Craignez-vous un trop-plein d’émotions ?
On ne connaît pas ce style de match, l’ambiance va être multipliée par dix, mais les joueurs ont ce détachement. Ils sont froids par rapport à ça. Des fois, on leur reproche d’être un peu trop tranquilles, mais quand vient le moment du match, ils arrivent à être focus.
Vous recevrez ce barrage à Jean Dauger, où vous avez un savoir-faire. N’est-ce pas un avantage certain ?
Oui, mais je n’aime pas trop regarder dans le passé. Les chiffres parlent pour nous, nous n’avons perdu que deux matchs à Jean Dauger depuis que je suis là. Cette année, nous sommes invaincus à domicile, mais il faudra mettre les ingrédients par rapport au match qui arrive. On a notre savoir-faire, on sait comment préparer ce style de match.
Avez-vous essayé de lutter contre cette étiquette de favori que l’on vous colle ?
Il faut assumer cette étiquette. Nous ne sommes pas du style à faire les montagnes russes. On ne s’est jamais emballé après des résultats positifs, on ne s’est jamais mis de pression quand c’était négatif. Mon mot d’ordre, c’est de mettre de la stabilité dans l’environnement. J’ai découvert cet environnement où il faut être froid par rapport à certaines situations. Oui, nous sommes favoris, les chiffres parlent pour nous. Nous avons fini devant Clermont, mais la phase finale, c’est un autre match, avec une autre intensité.
Quel regard portez-vous sur cette équipe de Clermont ?
Elle a été irrégulière un certain temps, mais a retrouvé certaines connexions. Les résultats parlent pour eux. Christophe Urios ou Fred Charrier ont un savoir-faire sur la phase finale. Ils étaient sixièmes avec Castres et avaient remporté le titre. Ils sont là où ils veulent être avec leur équipe. On reste méfiant. Ça va se jouer dans le money-time, mais en toute honnêteté, on a beaucoup parlé de nous, parce que c’est là qu’on est le plus performant.
Vous êtes-vous pris la tête sur la touche, cette semaine ?
Clermont, offensivement, possède un des meilleurs alignements. Défensivement, ils ont l’arme de Thomas Ceyte, qui connaît nos systèmes. On ne s’est pas pris plus la tête que ça. Il faut croire en ce que l’on fait. S’il y a un échec, on trouvera d’autres solutions. Chaque équipe veut ses ballons en touche, il y aura pas mal de ballons portés. Je n’ai pas de crainte ou de peur. Il y a juste des doutes, comme avant chaque rencontre, mais nous avons suffisamment d’expérience…
En quoi votre capacité à tenir le ballon sera-t-elle déterminante ?
On est plus à l’aise avec le ballon, mais samedi dernier, on a montré qu’on était très solide. Nous avons fait 17 fautes, mais je ne les ai pas senties. La discipline sera importante, on préfère avoir le ballon, imposer notre jeu à l’adversaire et oser… Ça a été le fil conducteur pendant la saison.
Manu Tuilagi expliquait vouloir être champion de France il y a quelques semaines. Et vous ?
Je ne voulais pas paraître arrogant en disant qu’on était légitime au Brennus. Il y a quatorze équipes, nous ne sommes plus que six. J’espère qu’on ne sera plus que quatre ce week-end. Quand on s’inscrit dans une compétition, le but, c’est d’aller le plus loin possible et de la gagner. On a écrit l’histoire, mais il ne faut pas que ce soit une finalité. Il faut regarder devant. Une autre compétition commence, il ne faut pas se fixer de limites. Un sixième peut-être capable de gagner la compétition…
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