Pro D2 – « Ce club a les moyens d’aller très haut », Mauricio Reggiardo revient sur ses années à Provence Rugby

Alors que son aventure à Provence s’est terminée jeudi soir lors de la défaite aixoise face à Grenoble, en demi-finale de Pro D2, le technicien argentin a pris le temps de revenir à froid sur ces quatre ans et demi passés au chevet du jeune club bucco-rhôdanien. Il évoque son bilan et la suite de sa carrière.

Comment vous sentez-vous, 48 heures après l’élimination en demi-finale de Pro D2 face à Grenoble ?

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Je passe à autre chose. Savoir vite « switcher » fait partie intégrante de notre job, à nous autres les managers…

À froid, que retenez-vous de cette demi-finale parfaitement maîtrisée par votre adversaire ?

Nous avions trois ou quatre joueurs qui n’étaient pas à 100 % de leurs moyens pour ce match. Mais comme nous sommes des compétiteurs, on y croit toujours. On se dit que ça va passer, mais bon… ce n’est pas passé. Grenoble était plus costaud. Pour espérer gagner ce genre de matchs, il faut être à 100 voire 110 % de ses moyens. C’est un des enseignements à tirer de cette défaite. On a eu des difficultés à mettre de la vitesse, dans la libération des ballons, dans les collisions. Pendant la saison régulière, on avait plutôt réussi à ralentir les ballons du FCG lors de nos deux matchs. Là, on n’y est pas parvenu et ils ont toujours été dans l’avancée.

Votre centre Inga Finau semblait particulièrement gêné, notamment au plaquage… Il n’y avait pas de solutions de secours ?

Inga a joué avec une fracture à une main. Il ne s’était pas entraîné de la semaine. Il avait seulement participé à la mise en place. C’est tout à son honneur d’avoir tenu sa place dans ces conditions. Inga est un joueur clé de notre dispositif. Il nous a toujours habitués à faire de gros matchs, même lorsqu’il n’était pas au maximum de ses possibilités. On avait beaucoup souffert l’année dernière lorsque nous l’avions perdu sur commotion lors de la demi-finale. On a fait le choix de le faire jouer. Nous n’aurions peut-être pas dû mais c’est toujours plus facile à dire avec le recul. La vérité c’est qu’il faut arriver frais pour espérer gagner ces matchs de phase finale. En tant que coach, je me pose toujours la question : est-ce qu’on a fait jouer la meilleure équipe ? Est-ce qu’on a bien fait de mettre des joueurs qui n’étaient pas à 100 % ? Sur ce match, il fallait prendre le score d’entrée, on ne l’a pas fait. Et on a subi. Ils ont su nous mettre sous pression. Le meilleur a gagné, la meilleure équipe de la phase régulière va en finale. C’est juste. Nous, on est à notre place. On a été trop moyens, voire mauvais à l’extérieur pour faire mieux que quatrième, et ce dernier match est un peu le résumé de notre saison.

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Il faut arriver en ayant été directement qualifié pour les demi-finales, en clair ?

C’est évidemment la voie royale est en train de nous prouver qu’on peut passer par le barrage et se qualifier pour la finale. L’important, c’est d’arriver avec des joueurs frais et valides. Il faut pouvoir gérer son effectif au mieux. De notre côté, notre défaite à Nice nous a obligés à cravacher pour sécuriser notre quatrième place. Nous n’avons pas pu faire tourner comme nous l’aurions voulu. Nous avons dû laisser beaucoup d’énergie à Biarritz et nous déplacer à Oyonnax avec une équipe très compétitive pour valider l’obtention du barrage à domicile. On savait qu’il y avait un risque, qu’on pourrait payer cette débauche d’énergie à un moment ou à un autre. L’équipe a été touchée par les blessures tout au long de la saison. On a beaucoup tiré sur les organismes. Lapègue, Finau, Zafra, Rodda, Gambini… Tous ces mecs ont largement dépassé les 1 800 minutes de temps de jeu. Certains de ces mecs ont battu leurs records personnels de minutes jouées sur une saison… Izack Rodda, pour ne citer que lui, n’avait jamais joué 1 800 minutes dans une saison… Jamais… Mais avec les blessures de Tyrell ou Suta en début de saison, les solutions en numéro 5 n’étaient pas nombreuses et Izack a dû empiler les matchs. C’est un exemple parmi d’autres.

Votre effectif semblait être l’un des plus étoffé du Pro D2, pourtant…

Nous avons été compétitifs tout le temps. La preuve, nous nous sommes qualifiés. Mais nous n’avons pas pu faire assez tourner et reposer certains de nos éléments importants.

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Votre aventure à Aix s’est terminée avec cette défaite. Que retiendrez-vous de votre passage en Provence ?

Je voulais me prouver que j’étais capable de m’inscrire dans la durée dans un projet, de faire évoluer une équipe sur une longue période de temps. Que je ne suis pas seulement celui qui vient pour « sauver » un club dans une mauvaise posture. Je suis resté quatre ans et demi en Provence. C’était un bon défi pour moi. Je laisse le club en Pro D2 même si j’espérais le Top 14. Je sais que monter dans l’élite est un vrai « process » qui prend du temps. Oyonnax a mis du temps à construire ses montées. Je crois que j’ai apporté tout ce que je pouvais apporter à Provence Rugby. J’ai pris le club alors qu’il était en bas de tableau de Pro D2 puis je l’ai placé dans le top 6. Cette année, Provence Rugby a gagné son premier match de phase finale (le barrage contre Soyaux-Angoulême, N.D.L.R.). D’ailleurs, lors du barrage, vingt joueurs qui seront là l’année prochaine étaient présents sur la feuille de match. Ces mecs construisent leur expérience. Et le club grandit, petit à petit. Je suis fier de mon parcours.

Avez-vous le sentiment d’avoir grandi dans votre métier ?

Oui, j’ai progressé. Mon aventure à Provence Rugby est une belle aventure, très enrichissante pour moi. Je sais que j’ai pris une bonne décision le jour où j’ai décidé de rejoindre ce projet. J’ai travaillé dans un club jeune alors que je venais de structures qui étaient toutes de grandes institutions avec de grandes histoires derrière elles. Provence Rugby est en train d’écrire la sienne. J’ai aussi collaboré avec un président avec lequel j’ai entretenu des rapports peut-être moins complices que ceux que j’ai pu connaître par le passé mais nous avons su travailler ensemble intelligemment. Nous avons constitué un duo très soudé. J’ai changé souvent de coachs et j’ai su créer une harmonie dans chaque staff. Je suis arrivé sur une année « Covid » et nous sortons de deux saisons invaincus à domicile, avec une seule défaite chez nous en phase finale (contre Grenoble en demi-finale 2024). On a créé une vraie osmose autour du club. L’environnement pour les matchs à la maison est très favorable, le public se fidélise. Le club reste sur quinze guichets fermés. J’ai aussi acquis de l’expérience et l’expérience dans ce métier, c’est tout ! Parfois, nous sommes face à des choix : on se trompe, et lorsque la situation se représente dans le futur, on a appris de nos erreurs. Ce club a les moyens de progresser encore et d’aller très haut.

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Comment jugez-vous l’apport de vos joueurs « world class » tels que George North ou Jimmy Gopperth ?

Ils ont apporté tout leur professionnalisme et leur vécu du haut niveau. La rigueur, le souci du détail. Ce sont des garçons qui n’ont plus rien à prouver, dont la carrière est faite, mais qui ont gardé l’appétit de vaincre. Surtout, ils sont bienveillants avec les autres, toujours là pour conseiller et guider. Ce sont des garçons faciles à coacher. Un mec comme George North était blessé en début de saison à un tendon d’Achille. Mais il était très investi dans l’équipe. C’est un mec très respectueux, très humble. Il montre aux jeunes ce qu’il faut faire pour être un joueur de haut niveau.

La suite de votre carrière devrait s’écrire à Agen, où vous retrouverez Jean-François Fonteneau avec qui vous avez déjà travaillé…

J’ai un accord pour devenir directeur du rugby à Agen mais les contours précis de mon rôle restent à définir. Le potentiel départ de Sébastien Calvet rebat quelque peu les cartes. Je connais le club et son fonctionnement, je connais la situation actuelle et j’ai d’excellents rapports avec le président Jean-François Fonteneau. Depuis mon premier passage à Agen, on échange beaucoup sur le rugby. Il y a vraiment quelque chose à faire pour travailler et donner à nouveau le sourire à tous les amoureux du SUALG.

https://www.rugbyrama.fr/2025/06/04/pro-d2-ce-club-a-les-moyens-daller-tres-haut-mauricio-reggiardo-revient-sur-ses-annees-a-provence-rugby-12734525.php

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