Dans le cadre de l’examen du projet de loi de « simplification », les députés ont approuvé ce mercredi soir la suppression des ZFE, ces zones qui excluaient de la circulation les véhicules les plus polluants. Une quarantaine d’agglomérations sont concernées.
Elles étaient sur la sellette, contestées de part et d’autre de l’échiquier politique. Les députés ont approuvé dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le cadre de l’examen du projet de loi de « simplification », la suppression des ZFE (zones à faibles émissions), qui restreignent la circulation de certains véhicules. Introduite en commission par les LR et le RN, cette suppression a été adoptée à 98 voix contre 51 avec les voix du RN, de la droite, de LFI et de quelques macronistes.
Créées en 2019, étendues en 2021, ces zones avaient pour but d’améliorer la qualité de l’air et de limiter les émissions de particules fines, responsables de maladies respiratoires et de 40.000 décès par an, selon Santé Publique France, en excluant certains véhicules en fonction des vignettes Crit’Air. Une quarantaine d’agglomérations étaient concernées, mais leur mise en place et les critères d’application variaient selon les territoires.
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Satisfaction de part et d’autre de l’Assemblée
Une salve d’applaudissements a salué, dans l’hémicycle, l’approbation de cette suppression. Député UDR, Eric Ciotti a ainsi parlé sur X de victoire contre « un outil technocratique d’exclusion des classes moyennes et populaires des centres-villes« . « Lutter contre la pollution de l’air, il faut le faire, lutter contre les pauvres non », a renchéri le vice-président des députés RN et porte-parole du parti Laurent Jacobelli, sur franceinfo ce jeudi. « Je ne vois pas pourquoi on interdirait les centres urbains aux classes moyennes, ou aux classes les plus fragiles », a dénoncé le député RN de Moselle.
Cette décision, saluée par l’association 40 millions d’automobilistes, réjouit aussi La France insoumise (LFI). »Nous avons empêché le gouvernement de rétablir les ZFE qui pénalisent les classes populaires. Et contrairement au RN, nous défendons la mise en œuvre d’alternatives écologiques et sociales !« , a déclaré Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe LFI – NFP à l’Assemblée nationale.
Déception des écologistes
Du côté des écologistes, les réactions sont à l’opposé. L’adjoint à la maire de Paris chargé des mobilités, David Belliard, fustige une décision « stupide et injuste« , stupide « car au contraire, il fallait les rendre plus justes socialement », injuste « car ce sont les plus pauvres qui meurent de la pollution de l’air« .
L’association Respire dénonce pour sa part un « choix irresponsable de sacrifier la santé publique » et invite à poursuivre le combat en commission mixte paritaire. Invité ce jeudi sur franceinfo, le directeur général de l’association, Tony Renucci, a jugé que le sujet était « instrumentalisé » par l’extrême droite et l’extrême gauche, avec la mise en avant des difficultés pour les personnes les plus pauvres. « Nous avions mis en avant de notre côté le rétablissement des aides à la reconversion des véhicules, pour les ménages en difficulté, ce qui n’a pas été suivi ». Pour que la suppression des ZFE soit effective, il faut encore que le projet de loi soit adopté dans son intégralité.
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