C’est en face du château de Cardiff, dans un établissement dont ils avaient privatisé l’étage pour l’occasion, que les joueurs anciens et actuels de l’UBB ainsi que leur staff ont pris le temps de communier en petit comité, à la veille du bain de foue prévu place des Quinconces.
S’ils ont effectué le trajet en bus à la sortie du stade, histoire de ne perdre personne dans la cohue qui les attendait devant la Gatland’s Gate, les Girondins ne sont pas allés bien loin chercher leur repaire, après leur victoire. C’est en effet au Révolution Café, situé à cinq minutes à pied du Principality Stadium, que les Unionistes se sont retrouvés dans un premier temps avec leurs familles, avant de profiter de manière plus intime du lieu au départ de ces dernières aux alentours de 20h30. C’est donc à l’étage privatisé de cet établissement situé juste en face du château de Cardiff que Maxime Lucu et ses coéquipiers ont lancé leur soirée, profitant d’un copieux buffet pour se recharger les batteries et absorber les inévitables bières qui ont coulé, au moment de célébrer ce titre. « Je pense que pendant quatre, cinq jours, il va s’agir avant tout de profiter, soufflait en préambule de la soirée le phénomène Louis Bielle-Biarrey. Le quotidien du championnat, on a le temps de s’y remettre. On travaille tous les jours pour ces moments-là, il faut les vivre à fond pour ne pas les gâcher. »
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Tameifuna aux platines
Ce leitmotiv ? Ses coéquipiers l’ont manifestement appliqué à la lettre, à commencer par le deuxième ligne Coleman bien décidé à ne pas quitter son maillot de match, jusqu’à la fin de la fête. Toutefois, c’est surtout par les couvre-chefs que les joueurs de l’UBB ont brillé par leur originalité du « coq de supporter » arboré par Bastien Vergnes-Taillefer à l’antédiluvien bob de Nicolas Depoortere tandis que Matthieu Jalibert affichait un look plus classique, avec les désormais traditionnelles lunettes de ski, et surtout un sourire accroché aux lèvres qui faisait plaisir à voir. De quoi se déhancher sans complexe avec son vieux pote Damian Penaud au son d’une musique mixée par le DJ officiel de l’UBB Ben Tameifuna, tandis que Maxime Lucu n’en finissait plus de faire le tour de ses grognards pour leur glisser des mots doux à l’oreille, qui traduisaient bien le sentiment de joie autant que de soulagement ressenti par les cadres bordelais après l’obtention de ce premier titre. « Cette finale-là, si on ne l’avait pas gagnée, je pense qu’on en aurait jamais remporté d’autre, souriait Jean-Baptiste Dubié, l’un des anciens de cette équipe conviés à la soirée en compagnie des historiques Avei, Maynadier et autres Marais. C’est toujours le premier le plus dur. Désormais, cette équipe est lancée. »
Marti et Bru, duo apaisé
Le président Laurent Marti ne pensait sûrement pas le contraire, absorbé par de doux songes dont il était parfois par une main à serrer, un énième merci à échanger, ou encore un éclat de rire monté d’une discussion animée. Comme celle qui animait l’entraîneur de la défense Christophe Laussucq et le taquin Louis Bielle-Biarrey, au moment pour le coach de la défense girondine de réaffirmer ses convictions selon laquelle seuls les bons joueurs font les bons entraîneurs (« et des pipes, je peux te dire, j’en ai entraîné… »), au centre d’un clan joyeux où se mêlaient également le commentateur François Trillo, ancien joueur du CABBG devenu supporter numéro 1 de l’UBB, ou encore des anciens de la maison comme Olivier Brouzet ou notre vieil ami Gérard Piffeteau. Tout un petit monde en extase sur lequel, depuis le comptoir, le patriarche Yannick Bru veillait sereinement, certainement apaisé d’en avoir fini avec la malédiction de Cardiff qui le poursuivait depuis tant d’années. La force de l’habitude, sans doute, partagée avec son vieux complice du Stade toulousain Christophe Foucaud, sans aucun doute le seul véritable recordman des titres européens, loin devant Arthur Retière…
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