Un habitant de la commune rurale de Fayssac, dans le Tarn, vient d’être condamné après de multiples violences envers sa compagne. Un fait divers choquant pour les élus locaux qui peu à peu développent des dispositifs d’écoute et d’aide aux victimes souvent isolées.
La maire d’une petite commune du Tarn est sous le choc. « Cela tourne en boucle dans ma tête, en me disant qui peut être cette personne qui a subi de telles atrocités. Où est-ce qu’elle a vécu à Fayssac, est-ce qu’il y avait des voisins ? Est-ce qu’on aurait pu à un moment intervenir pour lui venir en aide. » Stéphanie Nadai-Puech, maire de Fayssac, a découvert dans la presse un terrible fait divers impliquant un habitant de sa commune. Les faits de violences conjugales remontent à 2020. Depuis, la petite commune rurale a rejoint un dispositif visant à venir en aide aux victimes.
La maire de Fayssac nous présente un petit kit de sécurité pour les victimes de violences conjugales. « Lorsqu’une personne vient nous signaler en mairie qu’elle subit des violences de la part de son conjoint, on peut lui procurer ce petit bouton, nous montre Stéphanie Nadai-Puech. C’est connecté au téléphone, ça permet d’alerter et surtout d’enregistrer pour avoir une base de preuve des faits subis au quotidien. »
« Ce petit bouton est connecté au téléphone, ça permet d’alerter et surtout d’enregistrer pour avoir une base de preuve des faits subis au quotidien. » • © FTV
En 2024, les élus ont souhaité rejoindre un dispositif initié par l’association des maires de France. Les communes rurales disposent ainsi d’un référent pour répondre à ces problématiques de violences en zone rurale. Il faut dire que quelques années plus tôt, un rapport du Sénat pointait du doigt la « double peine » des femmes rurales avec cette statistique : près de la moitié des féminicides en France ont lieu en milieu rural.
155 communes du Tarn ont signé une convention sous l’égide d’une association de maires ruraux. « On a l’impression que l’on connaît tout le monde, que tout va bien et, c’est choquant de voir ça. Je me suis dit, il faut que l’on fasse quelque chose. En tant que maire, on doit aussi être à l’écoute« , explique Régine Mouliade, maire de Larroque.
Des formations ont débuté depuis une semaine. Elles sont délivrées à des élus référents et aux secrétaires de mairie afin de leur éviter des faux pas juridiques et les mettre en capacité d’accueillir la parole des victimes. « Notre but, ce n’est absolument pas de se substituer au parquet, à la gendarmerie ou aux associations compétentes. Mais d’être capable d’orienter correctement la personne, d’accueillir la parole et de savoir quoi en faire. Plutôt que de rester démunis, chacun dans notre coin« , estime Judith Ajchenbaum, maire de Fiac et membre de l’association des maires ruraux.
L’association des maires ruraux n’a pas qu’un rôle de formation. Elle lance également une campagne d’information auprès de la population.
(Propos recueillis par Laurent Dubois et Nicolas Bonduelle)
