Des familles de harkis accusent l’État et la mairie de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) d’avoir déplacé, sans les prévenir, les corps de leurs proches enterrés dans l’ancien camp. 60 tombes, dont celles de 52 enfants, ont été retrouvées vides. Une plainte contre X pour recel de cadavre a été déposée.
Mais où sont passés les corps ? Une plainte contre X a été déposée par cinq familles de harkis. Elles ont découvert que de nombreuses tombes de leurs proches, mises au jour dans l’ancien camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, étaient vides.
Jointe par téléphone, Marie Gougache, qui représente ces familles, se souvient du moment de cette révélation et de l’émotion considérable qu’elle a soulevé, il y a six mois.
Le 10 décembre 2024, nous apprenions froidement que les tombes sont vides et que la mairie de Rivesaltes ne se souvient de rien. Ça a été un choc !
Marie GougacheCollectif des familles de disparus du camp de Rivesaltes
Entre 1962 et 1965, près de 22.000 harkis sont passés par le camp de Rivesaltes. Au moins 146 personnes y sont mortes. À l’automne 2024, des fouilles ont été lancées à la demande des familles. Des tombes ont été découvertes sur le terrain de l’ancien camp. Mais une fois ouvertes, elles étaient vides. C’est le 21 février 2025, à l’issue de fouilles archéologiques, les familles apprennent la vérité : les corps ont été déplacés en septembre 1986.
Le maire (LR) de Rivesaltes, André Bascou, affirme avoir retrouvé une trace du transfert dans les archives municipales. Les ossements auraient été déplacés vers le cimetière Saint-Saturnin. Mais sans prévenir les familles.
Ils ne comprennent pas pourquoi ça a été fait à leur insu. C’est certain que ça interroge. Ça semble, quand même, témoigner d’une forme de mépris.
Maître Antoine OryAvocat des plaignants
Le 28 avril 2025, la ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants Patricia Mirallès est revenue sur place. Elle a reconnu qu’il manquait encore des informations. Quatre caisses d’ossements ont été retrouvées. Elles pourraient contenir les restes de quatre adultes et d’une cinquantaine d’enfants âgés de 0 à 3 ans.
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Les familles veulent savoir pourquoi les corps ont été déplacés. Et surtout, pourquoi elles n’ont été prévenues qu’en 2024. Une plainte a donc été déposée contre X pour recel de cadavre et violation de sépulture accompagnée d’atteinte à l’intégrité d’un cadavre.
