Pro D2 – Le Biarritz Olympique relégué en Nationale, un changement de direction pour se sauver ?

Comme en 2018, le Biarritz olympique a été rétrogradé ce lundi en Nationale, suite à ses récents problèmes financiers. Il y a sept ans, le club basque avait été sauvé par le duo Gave-Aldigé. Cette fois, l’entité rouge et blanche sera-t-elle maintenue en Pro D2 grâce au milliardaire Pierre-Edouard Stérin ?

Le Biarritz olympique a un genou à terre. À nouveau. Lundi matin, le conseil de discipline de l’Autorité de Régulation du Rugby a prononcé la rétrogradation du club basque en Nationale, provoquant un petit séisme au-delà des frontières du Pays basque. Monument du rugby français au début des années 2000, le club rouge et blanc peine, à présent, à mettre en place un modèle économique lui permettant d’être indépendant d’un quelconque mécène. Pendant des saisons, le BO a existé grâce aux chèques de Serge Kampf, puis de Louis-Vincent Gave. En avril 2024, ce dernier a cédé le club à Shaun Hegarty. « On se donne trois ans pour rendre le club le plus sain possible avec une économie durable en Pro D2 », disait l’ancien trois-quarts centre, quelques semaines après avoir repris le BO.

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En quête de solutions, Dubois s’est battu jusqu’au bout

Cette « économie durable » ? Shaun Hegarty (président du conseil de surveillance) et Arnaud Dubois (président du directoire) n’ont pas réussi à la mettre en place en un an. Si le BO a pu se lancer dans la saison qui vient tout juste de se terminer, ce n’est que grâce à l’argent d’Otium, le fonds d’investissement de Pierre-Edouard Stérin, ce dernier ayant déjà injecté trois millions dans l’entité rouge et blanche depuis le mois de juin 2024. Pour essayer de garder le contrôle du club et ne pas vivre sous perfusion d’Otium, Dubois et Hegarty ont tenté, tout au long de la saison, de se défaire de la tutelle du fonds d’investissement. Ils ont remué ciel et terre pour dénicher un partenaire capable de le remplacer.

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Ils ont trouvé une piste avec Jérémy Erlich, un ancien responsable de Spotify, qui a intégré le conseil de surveillance du BO en mars et a indiqué aux différents actionnaires vouloir aider financièrement le club. Depuis ? Erlich, qui n’a jamais répondu à nos multiples sollicitations, a placé 3,5 millions d’euros sur un compte Carpa. De ce que l’on comprend, Dubois et Hegarty souhaitaient en faire un partenaire important pour diversifier l’offre événementielle autour d’Aguilera. Des projets autour de concerts, en été, sur la future pelouse synthétique du stade biarrot ont été évoqués.

Conseil de surveillance lundi

Ces dernières semaines, du côté d’Aguilera, Arnaud Dubois s’est battu jusqu’au bout pour tenter de boucler l’arrivée d’Erlich (et d’autres partenaires probables ?) dans les délais impartis. Mais au bout du compte, les dirigeants du club n’ont pas apporté des éléments assez concrets lorsqu’ils sont passés devant conseil de discipline du rugby français et le BO a été rétrogradé « au constat de sa situation financière dégradée et des incertitudes sur la continuité d’exploitation ».

Désormais, les décideurs du Biarritz olympique attendent de recevoir la décision motivée des instances pour pouvoir faire appel. Le courrier était toujours en cours de rédaction, dans la capitale, mardi après-midi. La direction biarrote espérait le recevoir mercredi ou jeudi. « Une procédure est en cours, rappelle Cyril Arrosteguy, membre du directoire. On attend de voir ce que l’on nous reproche, quels sont les griefs point par point, même si on s’en doute un peu. Là, on travaille sur la restructuration du club pour présenter un nouveau projet qui va unifier toutes les parties prenantes. »

Une fois la décision officielle reçue, l’état-major biarrot disposera de sept jours pour faire appel de cette décision. Dans ce genre de cas, la commission d’appel de la FFR se réunit, généralement, sous quinze jours à trois semaines pour prendre position. Si ce planning est respecté, il faudrait encore patienter, au mieux, jusqu’à la mi-juin pour avoir des nouvelles quant à l’avenir du Biarritz olympique. L’an dernier, la fumée blanche était apparue le 12 juin.

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Arrosteguy et Hegarty sur le terrain

En attendant, les joueurs du Biarritz olympique sont partis en vacances ce mercredi, avant un retour à l’entraînement prévu le 26 ou 27 juin prochain. Le personnel administratif, lui, poursuit son travail, comme si de rien n’était. Quant à la direction ? Arnaud Dubois a envisagé de lancer une procédure de sauvegarde de la société, mais cela n’a pas été fait. Il a présenté sa démission de son poste de président du directoire mardi. Elle doit être entérinée dans les prochains jours, normalement lors d’un conseil de surveillance qui doit se tenir lundi.

En milieu de semaine, l’ancien avocat était donc toujours, officiellement, le patron de l’entité biarrote, dont il est aussi directeur général, mais aujourd’hui, un certain flou existe quant à la vraie identité du commandant de bord, les jours de Dubois au sein du Biarritz olympique étant comptés. Il se fait discret au club, n’était pas dans les locaux d’Aguiléra lundi et n’a pas donné suite à nos sollicitations en ce début de semaine. Lié au club basque par un contrat à durée indéterminée, qu’il a signé le 16 mai 2024, Dubois va tenter, dans les prochains jours, de négocier les conditions de sortie de ce contrat. Cyril Arrosteguy, qui fait partie des candidats possibles pour le remplacer à la présidence du directoire (lire ci-dessous) s’active en coulisses pour essayer de trouver des solutions avec Shaun Hegarty. Le binôme pilote la cellule de crise opérationnelle. « On se répartit les rôles, on est une équipe qui fait front ensemble », décrit Arrosteguy. Les grandes manœuvres ont déjà commencé.

Vers une association Stérin-Erlich ?

Shaun Hégarty, le propriétaire du club, n’a jamais caché ses intentions au sujet du BOPB. « Le club n’appartient à personne, nous disait-il en juin 2024. Nous sommes là pour l’aider. Quand on a pensé à ce projet, avec mes collègues, on s’est dit que le club était plus grand que qui que ce soit et si jamais il faut qu’à un moment donné, le club parte sur d’autres mains plus solides que ce que nous avons apporté, ce sera avec plaisir, tant que le Biarritz olympique peut perdurer. » Vendredi, il a fait un pas vers Stérin et s’est dit prêt à céder une grande partie de ses parts. Selon toute vraisemblance, sa position n’a pas changé et dans les prochains jours, Hegarty pourrait donc céder du capital à quiconque veut bien aider le BO à se maintenir dans la division. Et rester dans l’organigramme ? Il n’y serait pas fermé, en fonction du projet global présenté.

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Aujourd’hui, l’avenir du Biarritz olympique dépend du bon vouloir de Pierre-Edouard Stérin. Le milliardaire a la balle dans son camp. Il prend son temps et sonde le marché des investisseurs autour de lui. Pourrait-il s’associer avec Erlich ? C’est une possibilité. Et dans les bureaux d’Aguilera, on espère que tout sera bouclé d’ici peu. « Nous traversons une tempête et, derrière, viendra le beau temps », image une source interne. Du côté d’Aguilera, on a bon espoir que les signaux positifs aperçus récemment (maintien acquis sportivement, retour du public à Aguilera), débouchent sur quelque chose de positif si Stérin et Erlich arrivent à s’entendre autour d’un projet ambitieux.

Quoi qu’il en soit, le fondateur de Smartbox a la voie royale pour prendre les commandes de l’institution, s’il décide d’injecter les fonds nécessaires au maintien du club rouge et blanc en Pro D2. Il n’a pas répondu à notre sollicitation, par message, vendredi matin. Son représentant au sein du conseil de surveillance du BOPB, Sébastien Loux, n’a pas, non plus, souhaité s’exprimer, et le groupe Otium, dont on aurait d’ailleurs voulu connaître la position, n’a pas donné suite.

Rares sont les interlocuteurs ayant accepté de commenter l’actualité du BO et aujourd’hui le silence vient rajouter du flou à une période compliquée. Pour tout dire, on se croirait revenu une dizaine d’années en arrière, le BO ayant été provisoirement rétrogradé à deux reprises (2016, 2018) à l’échelon inférieur. La dernière fois, il y a sept ans, Louis-Vincent Gave et Jean-Baptiste Aldigé avaient sauvé le club basque de la descente. Cette fois-ci, le sauveur s’appellera-t-il Pierre-Edouard Stérin ?

https://www.rugbyrama.fr/2025/05/21/pro-d2-le-biarritz-olympique-relegue-en-nationale-un-changement-de-direction-pour-se-sauver-12710758.php

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