L’homme, âgé de 31 ans, affiche un parcours cabossé et chaotique en plus des 11 mentions figurant déjà à son casier judiciaire. Malgré un larcin anecdotique, le tribunal judiciaire de Béziers a décidé de révoquer ses sursis et de le condamner à 13 mois d’emprisonnement.
Les infractions commises par cet homme de 31 ans ont tout, au premier abord, de l’œuvre d’un pied nickelé peu à même de gérer ses émotions : porte d’entrée d’un logement détériorée le 27 avril dernier et vol avec effraction (là aussi la porte en a pris pour son grade) des Air Pods de son beau-frère, le 30 avril.
Ce lundi 5 mai, lors de l’audience des comparutions immédiates du tribunal judiciaire de Béziers, le président Christophe Rolland et ses deux assesseurs, en accord avec le représentant du parquet, ont disjoint les deux affaires – la propriétaire du logement dont la porte a été dégradée n’ayant pas été avisée de l’audience –, pour se concentrer sur le vol avec effraction, commis en récidive.
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Onze mentions sur son casier
« Mais où habitez-vous vraiment ?, s’est exclamé en premier lieu le président. Vous affirmez que vous logez chez votre sœur, tout en déclarant qu’elle vous a mis dehors », comme « vous avez d’abord soutenu que vous n’aviez rien fait alors que vous admettez aujourd’hui être l’auteur des faits… » Le prévenu reconnaît que ce 30 avril, après la dispute avec sa frangine, il a bu une demi-bouteille de vodka, a vu rouge et « fait n’importe quoi ». En l’occurrence, (fra) casser la porte du petit ami de sa sœur et dérober ces fameux écouteurs sans fil.
Le président égrène ensuite les 11 mentions qui émaillent son casier judiciaire : nombreux vols, violences, conduite sans permis, port d’arme blanche, consommation de stupéfiants… Il relaie également l’avis du juge de l’application des peines de Nîmes : « Le prévenu n’a pas intégré le sens de la mesure du sursis probatoire. Les mesures judiciaires en extérieur n’ont pas d’effet sur lui, qui continue les passages à l’acte. Au regard de ces éléments, j’émets un avis favorable à la révocation totale du sursis probatoire ».
« Chiens perdus sans collier »
Le prévenu déroule alors une vie digne de Chiens perdus sans collier, le roman de Gilbert Cesbron qui dépeint des enfants délinquants, cabossés par la vie et des familles défaillantes. Il a grandi sans parents, placé dans des foyers depuis l’âge de 2 ans jusqu’à ses 17 ans et demi. « Ma demi-sœur a alors pris contact avec moi et a voulu me connaître. C’est comme ça que j’ai pu, dernièrement, rencontrer mon père, que je n’avais jamais vu… »
Le paternel lui ouvre sa porte mais les liens avec cet homme, qui vit à Nîmes et « qui ne travaille pas, est au RSA, consomme de l’alcool et des médicaments » ne sont pas faciles à construire. « J’ai voulu m’écarter de tout ça, on a fini par se disputer et il m’a mis à la porte. C’est pour ça que je suis venu à Béziers car ma sœur habite là ».
De la prison ferme requise par le procureur
Pas de quoi émouvoir le procureur de la République : « Vous avez bénéficié d’aménagements de peine, de sursis probatoire, il faut faire comment pour que vous arriviez à comprendre ? Alors que votre petite amie est enceinte de vous de 4 mois, vous recommencez et recommencez encore. Il faut que ça cesse ! » Il requiert ainsi 15 mois d’emprisonnement, la révocation du sursis de 6 mois et l’incarcération immédiate, ainsi que l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans et de séjourner à Béziers.
Son avocat, Me Lemoudaa, tente bien d’adoucir les juges : « C’est une peine d’une extrême sévérité au regard d’un préjudice somme toute modeste. C’est un garçon perdu, qui vit dans une grande précarité et dans un environnement très compliqué. Le fait de devenir père bientôt va l’amener à réfléchir. Nonobstant son passif, il peut se ressaisir ».
Incarcération immédiate
Peine perdue, cette fois-ci, le tribunal prononce une peine de 10 mois d’emprisonnement, la révocation du sursis probatoire de 2024 à hauteur de 3 mois, le maintien en détention pour les 10 mois et l’incarcération immédiate pour les 3 mois ferme. Le prévenu est en outre interdit de port d’arme durant cinq ans et doit payer, pour le propriétaire du logement qui s’est constitué partie civile, une réparation de 300 € au titre du préjudice moral.
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