Dans la constellation de stars dont on ne saurait donner le nombre, un homme discret, timide au sourire communicatif a brillé au Matmut Atlantique. Maxime Lucu est une star, une vraie star.
Il y avait tant de stars, sur la pelouse du Matmut Atlantique ce dimanche, qu’on ne savait plus vraiment où donner de l’émerveillement. Du joueur « XV de France » à foison, du talent, des cuisses de taureau et des torses de buffle, des mollets de gazelle. Ça jouait vite, ça tapait fort et les noms qui furent les plus cités furent irrémédiablement ceux de Jalibert, Ntamack, Bielle-Biarrey, Depoortère, Moefana, Lamothe ou Capuozzo. L’or attire toujours le regard. Pourtant, au milieu de ces trésors de rugby, un homme est encore apparu au-dessus du lot. Scintillant parmi les étoiles.
Maxime Lucu a la voix posée de l’homme sage et le regard bon du copain idéal. Il ne vend son crâne chauve à aucune marque de rasoir et quand il s’agit d’inviter un Bleu sur un plateau télé, on pense rarement à lui. Il est pourtant un joueur de caractère, de talent, un leader impeccable de sa patrie girondine et fin technicien de ce jeu.
Longtemps, trop longtemps, on a d’ailleurs dit de lui qu’il était en équipe France pour la mauvaise (et seule) raison : qu’il acceptait son statut de doublure d’Antoine Dupont, ce remplaçant qui ne rentre pas toujours sur le terrain et qui n’espère jamais prendre du grade ; qu’il ne faisait pas de vagues, qu’il ne se rêvait jamais calife à la place du calife. Voilà tout. C’était faux, on avait tort. On se rend désormais compte à quel point.
Le vrai patron s’appelle Lucu
Dans tout ce qu’il a entrepris, ce dimanche encore, Lucu a joué sa partition à la perfection. Quand il fallait dynamiser, il a accéléré dans les bonnes zones, au bon moment et sans jamais contrevenir aux élans de son équipe. Quand il fallait sortir de son camp au pied, le Basque l’a fait avec longueur et précision. Quand il fallait fermer les Vannes, Lucu a resserré ses hommes et renvoyé tout le monde au combat.
Il termine le match sans essai, ni franchissement ? Peut-être, et on s’en fout pas mal. Ce n’est pas son genre et le rugby, ce ne sont pas que des stats. Tout ce qu’on sait, c’est que l’UBB a livré, dimanche, une merveille de match. Et que son vrai patron s’appelait Maxime Lucu.
.
