Après une prestation décevante face à la Rochelle, les gros porteurs de balle girondins sont attendus ce dimanche face à Toulouse pour placer la patrouille de France dans les meilleures conditions.
La dernière défaite de l’Union Bordeaux-Bègles face à La Rochelle est venue rappeler aux Girondins que pour faire briller la patrouille de France, il est nécessaire d’avoir des gros porteurs au rendez-vous. « C’est toujours difficile d’affronter La Rochelle avec quelques costauds blessés, reconnaissait lucide Yannick Bru. Nous avons manqué de puissance sur la ligne d’avantage sur ce match. »
Simple concours de circonstances ou mal récurrent de la formation girondine comme on peut l’entendre depuis la saison dernière. Il n’y a pas débat pour Richard Dourthe : « Les conditions climatiques étaient parfaites pour La Rochelle avec Atonio, Alldritt, Skelton, Botia qui sont très costauds. Quand la vitesse des transmissions est plus lente, la défense peut se serrer et forcément, quand vous êtes lourds et costauds, ça devient plus facile. Mais les conditions climatiques seront différentes ce dimanche et puis Toulouse n’a pas non plus des joueurs très costauds. Emmanuel Meafou bien sûr, mais il n’était pas là contre Castres par exemple. Le jeu de l’UBB est basé plus sur la vitesse, impulsée par Matthieu Jalibert, que sur les gros porteurs de balle. Face à La Rochelle, il a dû avoir un seul ballon à jouer dans le bon timing. »
Néanmoins, le staff girondin a bien compris que la puissance de son paquet d’avants était la clé pour poursuivre la progression de l’UBB. « Notre équipe doit être multifacette, explique ainsi Yannick Bru. On essaie avec Laurent Marti et l’ensemble de la direction du club de rendre l’équipe de l’UBB tout terrain. On sait que c’est un élément important de notre évolution. C’est vrai que quand Adam Coleman, Big Ben, ou Rohan Janse van Rensburg ne sont pas là, ils nous manquent des qualités à explorer dans notre effectif. Et ce soir-là, face à la Rochelle, leur absence a été préjudiciable. Mais, dans d’autres contextes, dans d’autres circonstances, d’autres joueurs les ont remplacés à merveille. Donc voilà, c’est une leçon de plus. Nous avons manqué de vigilance face à cette très bonne équipe de La Rochelle qui a joué à son rythme. » La performance du paquet d’avants de la semaine dernière serait donc plus contextuelle que structurelle, d’autant plus que la vitesse de la patrouille de France, reconnue pour son efficacité, doit beaucoup à la capacité des avants à tenir la ligne d’avantage et de batailler au sol. Ils avaient d’ailleurs parfaitement su prendre l’avantage face au Munster en quart de finale alors que les avants irlandais avaient dominé… La Rochelle la semaine précédente.
L’absence de Rohan Janse van Rensburg
Pour parvenir à prendre le dessus, le staff girondin avait reconduit la même formule qu’en huitième de finale, avec la titularisation de Guido Petti en troisième ligne qui avait été un succès comme l’expliquait l’entraîneur Christophe Laussucq après la qualification en demi-finale : « Cela nous amène plus de densité en jouant avec deux numéros cinq, deux deuxième ligne lourds avec Cyril Cazeaux et Adam Coleman qui amènent leur puissance, leur impact en mêlée, sur les ballons portés et dans le jeu. Mais avec ces deux joueurs, nous manquons un peu de sauteurs. Cette formule nous permet d’avoir plus de puissance, d’impact physique, tout en gardant un équilibre avec la touche. » Cette formule est donc appellée à être reconduite si le géant australien peut tenir sa place, lui qui avait quitté la pelouse face au Munster en raison d’une douleur à un genou.
Si le staff de l’UBB a donc trouvé une association pour densifier leur huit de devant lors des grands rendez-vous, il pensait tenir son talisman pour contrer le Stade toulousain avec Rohan Janse van Rensburg au centre du terrain, arrivé l’été dernier justement pour offrir ce surplus de densité physique sur la ligne d’avantage. La puissance du Sud-Africain a certainement été la clé des deux succès bordelais face à Toulouse cette saison en Top 14, tant il avait été exceptionnel lors de ces deux affrontements. « Bordeaux peut quand même s’appuyer sur la puissance de Yoram Moefana, tempère Richard Dourthe, il n’est pas non plus nécessaire d’avoir des gros porteurs pour gagner la ligne d’avantage. Cheslin Kolbe en a été le meilleur exemple car il gagnait toujours la ligne d’avantage. Il faut bien comprendre que si Toulouse est un gros morceau pour l’UBB, l’inverse est aussi vrai. Remporter la bataille du milieu du terrain ne garantit pas la victoire, surtout sur un match de phase finale. Il faut gagner partout. Pas uniquement sur l’aspect physique, il faut gagner sur la discipline, il faut gagner sur la conquête, il faut gagner sur le jeu au pied, il faut gagner sur la réussite au tour au but, il faut gagner partout. Quand il ne reste plus que quatre équipes, il faut tendre à la perfection. »
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