Grands entretiens – « Si Antoine Dupont veut aller boire un verre je serais disponible » : Toulouse, Elon Musk… Thomas Pesquet se confie longuement

Dans les vestaires du Stade toulousain, Thomas Pesquet a partagé sa passion du rugby. L’astronaute français, dont l’esprit d’équipe et la détermination l’ont conduit dans les étoiles, n’a éludé aucun sujet. Un échange captivant entre le cosmos et la terre, entre les terrains de rugby et la Station spatiale internationale.

Comment êtes-vous devenu passionné de rugby ?

Il y a eu deux moments clés. Le premier remonte au lycée. Je viens de Haute-Normandie, une région où le rugby n’est pas vraiment ancré, contrairement au Sud-Ouest. Pourtant, certains des clubs les plus anciens de France se trouvent là-bas, comme Le Havre et le Dieppe Université Club, qui, bien qu’ils aient des résultats un peu anecdotiques, sont très historiques. Mon professeur de sport en seconde était entraîneur de rugby, et c’est naturellement qu’il nous a fait jouer à ce sport. Au début, ce n’était pas très sérieux, car le niveau n’était pas très élevé, mais on s’est bien amusés pendant ces trois années. Ensuite, j’ai débarqué à Toulouse, où j’ai continué à jouer au rugby à l’université. C’est là que j’ai commencé à assister à mes premiers matchs au stade, et j’ai progressivement commencé à m’intéresser aux résultats du Stade toulousain.

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À quel poste jouiez-vous ?

À l’université, parfois on manquait de joueurs pour compléter une équipe, donc on était amenés à jouer un peu partout. Cependant, le poste de troisième ligne était celui que j’occupais le plus souvent, et de temps en temps, je jouais en premier ou deuxième centre.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans les valeurs du rugby ?

J’aime les sports complets, et je trouve que le rugby réunit toutes les qualités : la vitesse, la puissance, la dextérité. Les athlètes en rugby sont vraiment complets. Ce qui m’attire aussi, c’est le côté universel du rugby, où tous les types de physique peuvent trouver leur place. On peut être petit et rapide, très grand, capable de sauter en touche, ou costaud pour la mêlée. Contrairement au football, où tous les joueurs ont plus ou moins le même profil physique,  les gars font tous à peu près 1m80, 70 kg, le rugby offre une diversité plus intéressante. Et puis il y a la solidarité dans l’équipe. En soirée, après un entraînement ou un match, l’esprit d’équipe devient presque une seconde famille, ce qui est vraiment agréable.

On aurait dû gagner contre l’Angleterre

L’esprit d’équipe était-il une qualité importante quand vous êtes allé dans l’espace ?

Absolument. En fait, il y a beaucoup de parallèles entre le rugby et l’espace. Il y a l’effort, l’engagement, les sacrifices. Ce sont des valeurs que l’on retrouve aussi bien sur le terrain qu’en mission. Parfois, dans le rugby, il faut donner son corps, ne pas avoir peur de se blesser, ce qui est un peu la même chose dans mon métier. L’esprit d’équipe est essentiel, personne ne réussit seul. Par exemple, dans le rugby, il n’y a pas de noms sur les maillots et ça m’a toujours fait réfléchir. Dans le football ou le basket, c’est impensable. Ce côté où l’on se fond dans le collectif est primordial. En mission, c’est pareil : parfois, on brille, parfois on est dans l’ombre, mais il faut toujours donner le meilleur de soi-même. Comme le disent souvent les gens de la NASA : « There is no job too big, there is no job too small. » En résumé, Il faut être prêt à tout faire, même les petites tâches. On fait le job du héros et parfois on porte les valises mais toujours avec la même volonté sinon cela ne marche pas.

Thomas Pesquet lors du match de Top 14 Toulouse – Vannes. Icon Sport – Anthony Dibon

L’équipe de France a récemment remporté le Tournoi des 6 Nations. Qu’en avez-vous pensé ?

On aurait dû gagner contre l’Angleterre, mais dans l’ensemble, la maîtrise de l’équipe était impressionnante. Depuis quelques années, la France dégage une telle puissance qu’on sentait qu’on pouvait y arriver. La victoire contre l’Irlande a été une véritable démonstration. J’avais failli me rendre à Dublin pour ce match, un ami irlandais m’avait invité, mais je n’ai pas pu. Je l’ai regardé à la télévision, comme tout le monde, et c’était un superbe match. J’étais aussi à Rome pour le match, c’était très sympa. Quant au dernier match contre l’Écosse, il a été un peu plus tendu, mais c’est le sport, il y a toujours cette incertitude. La France était attendue, et ce genre de situation est toujours difficile, mais l’équipe a su gérer la pression et obtenir la victoire, ce qui est à saluer.

Malheureusement, Antoine Dupont, notre capitaine et meilleur joueur du monde, s’est blessé. Quel message lui passeriez-vous ?

Antoine sait parfaitement ce qu’il doit faire et il a toutes les ressources mentales pour surmonter cette épreuve. Bien que la blessure soit physique, c’est l’état d’esprit qui fera la différence. En tant que sportif, on connaît bien cette période où l’on se sent un peu seul, le téléphone sonne moins… Mais Antoine a un mental fort, et je suis certain qu’il reviendra au maximum de ses capacités. Je voudrais lui dire que tout le monde est derrière lui. Et puis s’il a envie d’aller boire un verre, maintenant qu’il aura moins d’entraînement, je serai disponible.

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Vous avez vous-même surmonté beaucoup de doutes. Comment avez-vous fait face à ces moments ?

Le doute fait partie du processus, surtout dans notre domaine contrairement aux joueurs qui jouent chaque weekend. Nous la mission peut être dans 7 ou 8 ans. On s’entraîne tous les jours, mais on ne joue pas le week-end. L’objectif est lointain et incertain donc cela peut être psychologiquement difficile. Malgré des années d’entrainement, il n’y a aucune garantie de participer à la mission. Quand on est pilote de chasse, on s’entraîne au simulateur, mais de temps en temps on fait aussi des vrais vols; L’espace c’est différent donc Il faut trouver du plaisir dans le processus, dans la préparation, sinon on risque de se rendre malheureux pendant des années. Je me disais que la probabilité que ça ne se réalise pas était élevée, et que c’était important d’accepter cette incertitude. Bien sûr, j’avais des collègues qui étaient plus sûrs d’eux, mais moi, je préférais garder une certaine distance et accepter que tout pouvait arriver. C’était une manière pour moi de me protéger psychologiquement. Il y a des gars qui malheureusement, après 10 ans d’entraînement et alors qu’ils allaient voler, ils ont eu un problème de santé, ils ne sont jamais allés dans l’espace, ils ont vraiment perdu 10 ans de leur vie. J’aimais me répéter que ça n’allait pas arriver et j’avais toute une liste de choses qui pouvaient se passer et qu’il fallait surmonter pour que la mission se concrétise. J’aimais me répéter « on verra » et garder cela hypothétique. Et un jour je me suis retrouvé vraiment dans l’espace et cette liste était vide pour la première fois depuis 8 ans. C’était vraiment un super feeling car j’avais toujours eu un peu ce poids de se dire que tous ces efforts, ce rêve pouvaient m’échapper au dernier moment. Le jour où vraiment j’étais dans la station, je me suis senti libéré de cette liste de choses, c’était vraiment des supers moments.

Dans votre livre « Ma vie sans gravité », vous avez aussi rendu hommage à votre compagne, en disant que sans son soutien vous n’y seriez pas arrivé, le soutien des proches est important ? 

 

C’est une question d’équilibre, bien sûr, mais il y a des idées fausses que les gens se font parfois. On imagine que c’est la compagne ou le compagnon, selon qu’il s’agisse d’une sportive féminine, qui prend en charge les tâches ménagères ou la gestion de la famille pour permettre à l’autre de réussir, mais ce n’est pas du tout cela. En réalité, c’est une question de dialogue, de soutien mutuel, d’une relation plus profonde qui se joue. Les proches sont là quand il y a des blessures, des doutes, des discussions… Ce n’est pas quelque chose de simple ou de basique comme les gens peuvent parfois l’imaginer à tort. Et pour ma part, avec ma compagne, cela s’est passé ainsi. C’est vrai que j’ai voulu mettre cela en lumière, car ce sont des aspects dont on parle rarement. Les dix années avant la mission, avec toutes les souffrances, les entraînements et les difficultés, passent souvent inaperçues. Puis, une fois dans l’espace, après quelques mois ou semaines, c’est toute cette expérience qui se retrouve sous les projecteurs. J’ai voulu rééquilibrer un peu les choses. Dans mon livre, j’essaie justement de raconter cette période-là, qui a peut-être été négligée jusque-là, en parlant des doutes, des difficultés, des problèmes, et de ce que cela demande aux proches, à ceux qui nous entourent. C’était important pour moi de le faire.

On pourrait penser que tout ce que vous touchez se transforme en succès, vous parlez six langues, vous êtes ceinture noire de judo, vous avez eu récemment encore un diplôme avec mention très bien, dans le cadre du business. Est-ce qu’il existe un domaine où vous ne brillez pas ?

En réalité, je suis très mauvais en cuisine. C’est un véritable désastre quand je suis seul chez moi. Je sais faire trois plats : du poulet, une mousse au chocolat, et une salade. C’est à peu près tout. Pour être honnête, je me nourris souvent uniquement avec ces trois choses-là. De plus, j’ai un filtre émotionnel assez plat, je n’ai pas de grandes amplitudes émotionnelles. Par conséquent, je ne sais pas toujours comment gérer les émotions des autres, parce que je suis plus axé sur les faits et la logique. Je peux parfois être bourrin. Il y a donc beaucoup de domaines dans lesquels je dois encore progresser. Heureusement, j’ai encore quelques années devant moi pour m’améliorer !

Ça va faire presque dix ans votre première mission, c’était 2016, quand vous regardez en arrière, vous dites, oui déjà deux missions, vous réalisez ?

Tout est allé tellement vite, en fait, que je ne réalise pas vraiment encore. On est constamment occupé, avec tellement de choses à faire, de travail chaque jour, apprendre le russe, toutes ces tâches. On pourrait penser : « Ah, il parle russe ! », mais moi je sais que cela représente des centaines d’heures de travail, des soirées et journées à répéter encore et encore, comme un bébé qui apprend à parler. C’est vraiment énormément de travail. C’est vrai qu’on vit dans une époque où tout semble immédiat, avec les réseaux sociaux, Internet. On clique sur un bouton et, hop, Amazon livre demain. Mais la réalité est bien plus lente que ça, bien plus longue. Je parle toujours de ma période entre 2009, quand j’ai été recruté, et fin 2016, ma première mission. Cela fait 7 ans de travail, 7 ans de préparation où, dans l’esprit des gens, il ne se passe rien. Pas de mission, pas d’événement spectaculaire, mais pour moi, c’était 7 ans de travail quotidien, 8, 10, 12 heures de boulot chaque jour. Ces années-là, c’était une vraie occupation, mais en même temps, 10 ans passent assez vite. Je me surprends à parler déjà comme un ancien, mais c’est normal. Il y a maintenant une nouvelle génération qui arrive et nous, on se retrouve dans un rôle de transmission. Cela arrive plus vite qu’on ne le pense.

Ce n’était pas juste mon aventure à moi, mais quelque chose de plus collectif

Vous avez suscité aussi beaucoup de vocations pour les jeunes ? 

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C’est incroyable, au départ, il n’y avait pas vraiment d’intérêt. Je me souviens qu’avant ma première mission, je faisais le tour avec mon bâton de pèlerin pour expliquer le rôle d’un astronaute et décrire la station spatiale. Les questions étaient toujours les mêmes, et cet univers était abstrait pour les gens depuis l’époque d’Apollo. Alors, j’ai partagé mes expériences et mon quotidien à travers les réseaux sociaux. Les jeunes ont réagi, ils se sont intéressés, et ils en redemandaient. Je suis vraiment heureux d’avoir pu contribuer à rendre l’espace plus accessible à tous et d’avoir pu inspirer les jeunes à travailler dur à l’école, pour qu’un jour, peut-être, eux aussi puissent aller dans l’espace.

Vous parliez des réseaux sociaux, vous avez beaucoup partagé pendant vos missions, posté des photos. Pourquoi avoir choisi cette démarche ? Était-ce pour être un lanceur d’alerte ?

Non, c’était pour plusieurs raisons. D’abord, j’avais moi-même été tellement fasciné par l’espace, l’exploration et l’aéronautique quand j’étais petit. À l’époque, il y avait très peu d’informations. J’ai grandi avant l’ère d’Internet, je suis né en 78, donc à 10 ou 12 ans, il n’y avait pas de réseau, et j’étais un peu  » sevré » d’informations. Aujourd’hui, les enfants ont cette chance de pouvoir tout partager, et je trouvais que c’était une belle opportunité de rendre tout ça accessible pour les jeunes, et pour le petit Thomas d’aujourd’hui. Je me disais que c’était super, et qu’il fallait le partager. Ensuite, j’ai un peu cette fibre pédagogique, car je viens d’une famille de profs – ma mère, mon père et mon frère enseignent, je suis le seul qui a mal tourné. Donc, j’aime bien expliquer. J’aime rendre les choses compréhensibles. Enfin, on m’avait posé tellement de questions, les gens me demandaient : « Qu’est-ce qu’ils font les astronautes dans la station ? Ça sert à quoi ? » Alors je me suis dit : « Je vais vous montrer », en apportant une dimension plus pédagogique à mon rôle. Il y avait aussi un côté un peu égoïste dans le fait de partager cette expérience. Ça me permettait de ne pas me sentir trop seul, de ne pas être juste dans ma capsule qui tourne autour de la Terre. En partageant avec les gens, il y avait cette relation qui se créait, cette sorte de lien, et je sentais que j’emmenais les gens avec moi. Ce n’était pas juste mon aventure à moi, mais quelque chose de plus collectif.

Vous êtes vraiment devenu un personnage hors norme aux yeux de beaucoup. Vous vous en êtes rendu compte ?

C’est assez fou. Pendant la mission, je ne voyais pas forcément les retours immédiats. J’envoyais mes photos, et parfois, quand je parlais au téléphone à ma compagne ou à d’autres, ils me disaient : « Les gens adorent les photos ». Je trouvais ça bien, mais je n’imaginais pas que ça aurait un tel impact. Puis, à mon retour, les gens me parlaient dans la rue, me saluaient, « Salut Thomas, comment ça va ? ». J’avais l’impression de faire partie de la famille de tout le monde. C’était rigolo. Les gens me parlaient comme si j’étais le cousin qu’on voit de temps en temps. C’était chouette.

Stade Toulousain v Clermont Auvergne – Top 14 Manuel Blondeau / Icon Sport – Manuel Blondeau

Aujourd’hui, quel est l’avenir de Thomas Pesquet ? C’est toujours Objectif Lune ?

Évidemment, c’est toujours l’objectif même si je ne peux pas tout révéler. Il est clair que la géopolitique a une grande influence sur ces projets. Les programmes spatiaux sont souvent le fruit de coopération entre pays qui n’ont pas toujours été amis. La Station spatiale internationale, par exemple, est le fruit d’une collaboration entre Européens, Japonais, Américains, Canadiens, Russes, des pays qui se sont entretués durant la Seconde guerre mondiale mais qui après la guerre ont réussi à travailler ensemble. Aujourd’hui, les choses sont devenues plus compliquées, notamment avec la Russie, mais aussi avec les États-Unis. Il y a de grandes incertitudes. Cepedant le programme Artemis de la NASA, qui vise à retourner sur la Lune, semble solide et prévoit des coopérations internationales. Bien sûr, la Russie n’en fait plus partie pour des raisons évidentes, mais il y a toujours la coopération avec les autres pays donc nous y croyons.

Pour 2030 ?

Avant 2030, l’objectif est de poser à nouveau des équipages sur la Lune, mais ce qui est vraiment important, c’est de ne pas répéter ce qu’on a fait dans les années 60 : une course pour être le premier, planter un drapeau, et repartir. Au final, cela ne sert pas à grand-chose, sauf à afficher sa supériorité au monde entier. Nous, ce qu’on veut, c’est faire ce qu’on a fait avec la Station spatiale, c’est-à-dire une véritable exploration de la Lune. L’idée est de créer une base au pôle Sud de la Lune, là où il y a des ressources, notamment de l’eau, ce qui est crucial pour la vie. Une présence permanente humaine sur la Lune pourrait servir de tremplin pour aller plus loin, vers Mars, dans une démarche plus durable et à long terme, pas juste pour y planter un drapeau !

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Vous avez parfois été en désaccord avec Elon Musk, notamment sur la colonisation de Mars. Aujourd’hui, quel est votre avis sur sa politique de vouloir mettre des satellites partout dans le ciel ?

C’est devenu un vrai problème, clairement, surtout pour nous, pour les agences spatiales. Ce qui était vraiment bien au départ, c’est que Musk agissait un peu en toute transparence, et son personnage n’était pas aussi extrême qu’aujourd’hui. Ou peut-être que c’était juste plus discret. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que SpaceX travaille avant tout pour la NASA. Les gens ont souvent du mal à voir ça. Ils pensent que Musk prend toutes les décisions sur ce qu’on fait dans l’espace ou pour Mars, mais ce n’est pas le cas. SpaceX répond aux besoins de la NASA, ce qui passe par des appels d’offres, et tout cela se fait avec des fonds publics de la NASA. SpaceX a été très performant sur le plan technique, ils ont donc remporté de nombreux contrats. Je l’ai vu de mes propres yeux, d’où le fait que ma deuxième mission s’est faite avec une capsule SpaceX. Mais, encore une fois, c’était pour la NASA, pas pour SpaceX directement. Le problème aujourd’hui, c’est que Musk, bien qu’il n’appartienne pas directement au gouvernement, exerce une grande influence, ce qui soulève des questions de conflit d’intérêts, puisque sa société répond aux appels d’offres de la NASA. En plus, il a des positions assez extrêmes. Par exemple, il a proposé de désorbiter la Station spatiale internationale (ISS) dans deux ans, ce que je pense être une erreur. Et concernant Mars, il veut y aller tout de suite, mais c’est une mission irréaliste. Aller sur Mars, c’est 300 jours pour s’y rendre, 300 jours sur place et autant pour revenir. Une mission de 900 jours, ce n’est pas faisable pour le moment. Personne n ‘est capable de faire ça . On ne connait pas les effets sur le corps humain et comment emmener autant de nourritures, c’est impensable !  Avant tout, il faut retourner sur la Lune, tester les bases, et se préparer à une mission vers Mars. Ce n’est pas raisonnable de vouloir s’y rendre directement. À la NASA, tout le monde suit cela avec un certain stress, surtout avec la nomination d’un nouveau directeur. Il y a beaucoup d’incertitude sur ce que l’avenir nous réserve.

J’aimais vraiment beaucoup Damien Traille ou un gars comme Serge Betsen

Revenons au Stade toulousain. Vous avez participé à la création d’un maillot pour la Coupe d’Europe, et il semble qu’un nouveau maillot arrive en avril. Un mot sur leur saison.  La trouvez-vous exceptionnelle ? 

Ils sont incroyables, à tel point que leurs victoires deviennent presque prévisibles ! L’année dernière, ils ont tout gagné avec une certaine aisance, et cette année, on a l’impression qu’ils sont encore plus forts. La blessure d’Antoine Dupont a bien sûr fait parler, mais leur effectif est tellement solide. Ce qui m’impressionne, c’est que même pendant la période des doublons et du Tournoi des 6 Nations, leur niveau de jeu reste exceptionnel. Leur taux de victoire pendant cette période est même supérieur à celui lorsque leurs internationaux sont présents. Cela montre non seulement la qualité de leur effectif, mais aussi la concurrence interne, la motivation et la profondeur de leur équipe. Pour jouer sur deux tableaux, en Europe et en championnat national, il faut plusieurs équipes de niveau européen, et je pense que seul le Stade toulousain peut se vanter de cela.

L’astronaute, Thomas Pesquet donne le coup d’envoi à Toulouse. Manuel Blondeau / Icon Sport

Quant à votre collaboration pour leur maillot, ce sont les étoiles qui vous ont attiré ?

C’était un maillot inspiré de l’idée de l’espace, de l’exploration, avec un côté « sortie extravéhiculaire » comme dans l’espace. On avait fait un design avec quatre étoiles, et après leur victoire, il a fallu en ajouter une cinquième. C’était une petite touche amusante, un clin d’œil à la quête des étoiles. À l’époque, le design s’inspirait aussi d’une sorte de scaphandre, un parallèle avec l’armure d’Iron Man, même si, bien sûr, on ne pouvait pas le dire officiellement, étant donné que c’est une marque déposée de Marvel. Je me suis vraiment éclaté à faire ça. Je ne suis pas designer, mais j’aime bien parler avec des gens qui sont créatifs et puis qu’on essaie de mettre des choses en marche. Le nouveau maillot qui arrive en avril sera aussi très joli. Je ne vais pas trop en dire pour ne pas spoiler, mais il sera dans un style cosmique, nébuleuse, avec un design encore plus futuriste. Et puis, si ça leur porte chance, tant mieux ! Si jamais je deviens un porte-malheur, j’arrêterai de collaborer à la création des maillots, mais pour l’instant, ça roule.

Pour finir, à quel joueur auriez-vous aimé vous identifier ? 

C’est une bonne question. Je regarde dans les joueurs d’aujourd’hui, et je préfère choisir un ancien joueur, pas forcément du stade, désolé ! J’aimais vraiment beaucoup Damien Traille ou un gars comme Serge Betsen. J’adorais Serge Betsen. Comme j’ai commencé le rugby assez tard, même si je me débrouillais à peu près, j’avais zéro technique je ne tapais pas dans le ballon, je ne faisais pas des passes vissées de 30m sur un pas. En revanche, en défense, j’ai fait beaucoup de judo alors j’aimais bien le combat physique et la défense. C’est pour ça qu’un joueur comme Betsen, il découpait tout en défense et ça m’a toujours bien parlé.

https://www.rugbyrama.fr/2025/04/15/grands-entretiens-si-antoine-dupont-veut-aller-boire-un-verre-je-serai-disponible-toulouse-elon-musk-thomas-pesquet-se-confie-longuement-12588732.php

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