Enseignants et les parents d’élèves d’Agde se sont réunis ce mardi devant la médiathèque pour un goûter revendicatif. Plus d’une cinquantaine de personnes étaient présentes, dont le maire. Depuis plus de 20 ans, la station balnéaire se mobilise pour que la ville passe en éducation prioritaire.
Voilà plus de 20 ans, que les parents d’élèves et enseignants d’Agde se mobilisent pour que la station balnéaire soient classée en zone d’éducation prioritaire (Rep et Rep +). Ce qui signifie davantage de moyens pour l’éducation des élèves, dont le niveau de scolaire est particulièrement bas.
Depuis 20 ans, les actions se comptent par dizaines. Mais sans réaction. Leur détermination est la même, pour le bien-être des enfants. Car ici, 40% des enfants arrivent en effet au collège sans maîtriser le français, alors que la moyenne nationale est de seulement 25%. Un élève Agathois sur trois n’a pas les bases en mathématiques.
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Ce mardi en fin d’après-midi, un goûter revendicatif a été organisé devant la Médiathèque, l’ancien Maison des Savoirs. Plus d’une cinquantaine de personnes étaient présentes, dont Sébastien Frey, le maire d’Agde venu les soutenir. « La situation a assez duré » dit l’élu. Au début de son mandat, il avait fait voter une motion pour soutenir ce collectif. « Nos enfants ont le droit d’avoir autant de chance que les autres. Ces moyens sont nécessaires« .
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L’urgence est vitale, car la situation se dégrade. C’est le message qu’ils ont voulu envoyer à Carole Drucker-Godard, la nouvelle rectrice de Montpellier. Elle vient à peine de prendre ses fonctions.
Il y a 15 ans, Saïda, maman de quatre enfants descendait pour la première fois dans la rue. Sa fille aînée, aujourd’hui en faculté, a été scolarisée du primaire au lycée. Depuis 15 ans, elle n’a pas cessé d’y croire, pas cessé de se battre comme d’autres parents et enseignants.
Les raisons de sa présence aujourd’hui sont encore plus fortes. Ces trois plus jeunes enfants sont encore au primaire, au collège et au lycée. « La situation devient urgente » dit-elle. « Trop de parents sont en difficulté ».
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En France, seulement 500 écoles sur 6.700 sont en quartiers prioritaires. La ville d’Agde est oubliée comme d’autres communes depuis 10 ans. Les budgets ne sont plus ce qu’ils étaient. Le Covid-19 est passé par là. La carte de l’éducation prioritaire n’a pas été revue depuis 2015. La vie politique a ensuite été très agitée avec une succession de ministres de l’Éducation nationale déplore Emmanuel Rassat, enseignant et délégué Sud Éducation.
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Depuis 20 ans les actions pour attirer l’attention se multiplient. Récemment, Emmanuel Macron a répondu à une maman. À la rentrée de septembre 2023, Zinep, avait elle-même déposé un dossier en main propre au ministère de l’Éducation nationale
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Le passage en REP+ permet le dédoublement des classes en CP-CE1, la présence plus nombreuse d’adultes dans les établissements, un meilleur suivi des élèves, davantage de temps d’échanges avec les familles, des enseignants mieux formés, un meilleur travail collectif, des enseignants mieux reconnus (ce qui permet de stabiliser les équipes).
« On tourne en rond depuis 20 ans » déplorent Fanny Cancel, vice-présidente de la FCPE de l’Hérault et Davina Smart, présidente de la fédération de parents d’élèves FCPE d’Agde. « Les difficultés s’accroissent chaque année. Cette situation est pesante pour les enseignants et les parents dont certains sont incapables d’apporter un soutien aux enfants ».
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L’an passé, l’ancienne rectrice Sophie Béjean avait apporté son soutien au projet. Mais elle a été promue et mutée le mois dernier dans les hauts de France. Toutes les conditions sont réunies d’après les syndicats pour permettre à Agde de bénéficier de moyens. Au pire en 2026. Si ce n’est pas le cas, les syndicats prévoient des actions. Les derniers mois d’Emmanuel Macron à l’Élysée s’annoncent tendus.
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