Ce week-end avait lieu le Grand bazar de printemps dans le centre-ville de Béziers. L’occasion de prendre le pouls des commerçants dans un climat relativement morose.
Le ciel bleu et le temps estival de ce premier samedi d’avril n’auront pas suffi. L’affluence était modeste, à Béziers, pour cette édition 2025 du Grand bazar de printemps. « Ça n’a jamais trop marché, mais cette année c’est une catastrophe », constate même Gisèle qui tient une boutique de vêtement, rue de la Citadelle. Si la patronne salue l’initiative, qui lui permet d’écouler une partie de ses anciennes collections, elle estime tout de même que l’événement pâtit d’un « manque de communication ».
Un manque de « joie de vivre général« , également, dont souffrirait le chaland biterrois « qui vient de moins en moins se fournir dans le centre-ville ». « Depuis sept ans que je suis là, je n’ai jamais connu une telle situation », poursuit la commerçante qui, après une année difficile, envisage de mettre la clef sous la porte l’hiver prochain si elle ne réalise pas une bonne saison.
« Ça tourne au ralenti »
Un peu plus bas, Christine, une autre commerçante, semble du même avis. « Ça tourne au ralenti, les gens ne consomment plus à cause du contexte actuel qui est angoissant : toute la journée on vous parle de guerre », confie-t-elle. Assise devant son magasin, la patronne regarde les locaux vacants qui lui font face de l’autre côté de la rue. « Il y a un turn-over important dans le centre-ville, on voit de plus en plus de devantures vides », analyse-t-elle.
Il faut faire quelques centaines de pas et se rendre rue Française pour voir les premiers sourires. Élodie, gérante d’une enseigne de vêtement pour enfant, en est à son quatrième Grand bazar et tente de rester optimiste. « Ce genre d’événement est nécessaire, c’est pourquoi on a décidé de faire un gros déballage cette année », explique-t-elle devant les multiples présentoirs installés dans la rue. À ses côtés, Valérie, vendeuse, se montre un peu plus sceptique : « On constate une baisse de la fréquentation. La municipalité fait ce qu’elle peut pour que le centre-ville vive, mais les commerçants ne jouent pas le jeu ». Selon elle, c’est le « manque de rigueur de certains » et le fait « qu’ils n’ouvrent pas entre midi et 14 h » qui nuiraient à l’attractivité.
Au niveau de la rue de la République, le marché éphémère des artisans semble, lui, un peu plus animé. « C’est génial ce genre d’initiative, il en faudrait plus », juge Sire, une Biterroise qui compte bien profiter de son après-midi pour « faire de bonnes affaires ». Un enthousiasme que ne partage pas visiblement pas Anne-Marie, qui habite le centre-ville depuis des années. « C’est intéressant, mais s’il y a trop d’événements similaires, j’ai peur que ça perde en qualité. »
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