Battue à domicile par le Munster en huitième de finale de la Champions Cup (24-25), La Rochelle a eu une ultime possession dans le camp irlandais pour chavirer dans le bonheur. Mais, à la suite d’un énième moment de flottement, l’arbitre de la partie est resté sur sa décision de sanctionner Oscar Jegou d’une pénalité, actant la défaite et l’élimination du double champion d’Europe.
Les supporters rochelais ont dû s’arracher les cheveux sur la dernière action de ce huitième de finale plus que tendu face aux Irlandais du Munster. Menés d’un petit point, les Maritimes avaient la balle de match dans le camp adverse à la sirène, mais une erreur d’Oscar Jegou, sanctionné d’avoir roulé après être passé au sol, mettait fin aux espoirs d’une qualification en quart de finale. Pourtant, dans la confusion générale, les Jaune et Noir venaient immédiatement se plaindre auprès de l’arbitre M. Piardi pour signaler une faute irlandaise sur le flanker français.
« C’est vraiment important… », arguait même Alldritt auprès de l’officiel après que son coéquipier Uini Atonio a, au préalable, tenté d’engager une discussion avec l’Italien. Sans se rapprocher de l’écran géant de Marcel-Deflandre, M. Piardi entrait en contact avec son homologue à la vidéo, M. Liperini, pour éclaircir cette dernière action litigieuse.
Sur les images, on voyait l’international français descendre très bas sur ses appuis pour défier ce diable de Wycherley. Le bras droit du deuxième ligne remplaçant, au ballon, entrait en contact avec le haut de l’épaule de Jegou avant de légèrement toucher le visage du jeune Rochelais. Trop léger pour siffler une pénalité décisive en faveur des doubles champions d’Europe ? Sans doute. Après quelques secondes de flottement, le référent actait sa décision terrain : « Pour moi, c’est un jeu correct, le joueur est en train de tomber, c’est régulier. » La pénalité en faveur du Munster était confirmée, et Jack Crowley, auteur d’un drop déterminant quelques minutes plus tôt, libérait l’ancien club de Ronan O’Gara sous les sifflets de Marcel-Deflandre.
Le Munster a su « pourrir » le match
Outre cette dernière action, ce huitième de finale entre La Rochelle et le Munster s’est distingué par une multitude d’arrêts de jeu, souvent à mettre au discrédit des Irlandais qui, bien que réalistes sur leurs temps forts, ont réussi à casser le rythme de la rencontre en restant de longs moments au sol sur chaque temps mort de la seconde période. Une attitude que n’a pas semblé apprécier l’arbitre italien, qui a plusieurs fois sermonné oralement les Munstermen, et notamment un Craig Casey assez bruyant pour contester presque chaque décision arbitrale, sans pour autant les sanctionner d’une pénalité. Seuls coupables, les Irlandais, dans ce manque de fluidité ne permettant pas à la rencontre d’atteindre les sommets du jeu ? Il faut dire que le corps arbitral ne s’est pas facilité la tâche en manquant parfois de sévérité des deux côtés, et en apparaissant très fébrile dans ses prises de décision : en témoigne cet interminable arbitrage vidéo en deuxième période sur l’essai de pénalité accordé à La Rochelle pour contrôler une action pourtant limpide dès le premier ralenti !
Et à la fin comme dans les plus belles heures de son histoire, le Munster est sorti vainqueur d’un choc à couteaux tirés grâce à une charnière dominante tirant profit de la bataille du jeu au pied, et d’un paquet d’avants qui a mis en difficulté un Stade rochelais malade et imprécis sur ses phases offensives. Car si la Red Army a joué son rôle dans les zones de rucks en étant souvent à la limite, les erreurs individuelles de West, Leyds ou encore Thomas ont précipité la chute des hommes du président Merling.
Sans briller, les Irlandais ont sorti le match parfait à l’extérieur pour s’offrir un quart de finale contre l’UBB ou l’Ulster dans une semaine. « Il y a beaucoup de frustration et de déception, regrettait au micro de BeIN le talonneur Pierre Bourgarit. Ça ne se joue pas à grand-chose, comme tous ces matchs [de phase finale]. On a commis pas mal d’erreurs – moi le premier –, et on meurt à un point. Je n’ai pas forcément les mots. » Avec ce neuvième match de suite sans victoire, La Rochelle poursuit une année 2025 noire et n’a plus que le championnat pour tenter de sauver une saison qui ressemble de plus en plus à un long cauchemar.
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