Discours de Monsieur Robert Ménard, Maire de Béziers. Le 26 mars 1962, l’Algérie, notre Algérie, était assassinée. Oui, assassinée. Ce jour-là, devant la grande poste d’Alger, des soldats français ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique du peuple pied-noir. La troupe tire dans le tas. Les visages explosent. Les jambes sont déchirées. Les corps se courbent. On agonise comme un chien sur un trottoir. Tout cela dure un quart d’heure. Un quart d’heure, quelque part entre l’éternité et l’enfer. Peu importe les femmes, les enfants, peu importe les vieillards. On applique des ordres ignobles. Des ordres que personne n’assumera, évidemment. Paris a décidé d’en finir avec les Français d’Algérie, devenus des témoins gênants de la partie sombre de notre histoire nationale. Le crime est inqualifiable. Il y a des dizaines de morts. Près de 200 blessés. La rue d’Isly se transforme en une rivière de sang. Emmanuel Macron dira de ce massacre qu’il est « impardonnable pour la République ». À l’Élysée, ce 26 mars 1962, le général de Gaulle a déjà la tête ailleurs. Il veut solder l’Algérie. Il veut se débarrasser du « boulet » comme il l’appelle devant ses ministres. Un boulet ? Ces gens nés sur la terre algérienne. Souvent des petites gens. D’anciens communards, des paysans sans terre attirés par l’Eldorado promis dans la propagande coloniale.
GS
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