C’est la question qui fait débat après la victoire du RCT (40-19) face à Perpignan lors de la 19e journée de Top 14. Si l’arbitre a immédiatement accordé l’essai, aucun recours à la vidéo n’a été effectué pour vérifier si le trois-quarts toulonnais avait bien aplati dans l’en-but. Pourtant, en revoyant les images, il semble que Rebbadj n’ait jamais réellement aplati le ballon. Une situation qui alimente la polémique, d’autant plus que Perpignan s’était vu refuser un essai en première période après un examen minutieux des images.
Sur les réseaux sociaux ou dans notre onglet « commentaires », les supporters de Perpignan ne décolèrent pas après la défaite de l’Usap à Toulon, samedi soir, lors de la 19e journée de Top 14 (40-19). Selon certains fans catalans, l’Usap peut regretter plusieurs décisions arbitrales à Mayol. En se penchant sur le match, on peut en effet s’étonner d’un manque de cohérence sur deux actions en particulier : on vous explique.
Après un début de match haché dans des conditions climatiques dantesques, Perpignan est tout proche d’inscrire le premier essai de la rencontre après une action rondement menée. Décalé sur son aile, Granell fait la différence et passe la ligne d’en-but. Essai validé ? Plutôt arbitrage vidéo. À juste titre, le référent du soir, M. Praderie, fait appel à la technologie pour vérifier si le numéro 11 catalan a bien aplati le ballon derrière la ligne. Sur le direct, cela semble être le cas, mais en effet, après plusieurs ralentis, le retour défensif de Fainga’anuku s’avère être décisif. L’homme au sifflet échange avec M. Rebollal : « Jean-Luc, pour nous, la décision terrain est : pas essai. On ne voit jamais le ballon être aplati. On veut donc vérifier cette situation et savoir si [le joueur] a perdu ou pas le contrôle du ballon. »
Après plusieurs visionnages, la décision tombe. Elle est encore une fois parfaitement expliquée par Vivien Praderie : « On n’a pas d’image qui montre une pression. On va rester sur la décision terrain. » À raison, l’essai n’est donc pas accordé et l’Usap recolle seulement au score avec une pénalité. « C’est du tableau noir en termes d’arbitrage vidéo, souligne en direct le commentateur de Canal +. Tout est clair, il y a beaucoup de questions mais pas de réponse. C’est parfaitement maîtrisé. »
Rebbadj semble ne jamais aplatir
Le hic ? C’est qu’en deuxième période, sur une situation somme toute similaire, le corps arbitral n’a pas lancé le même processus pour vérifier si Rayan Rebbadj avait bel et bien aplati le deuxième essai toulonnais.
On joue la 52e minute et le RCT mène 19 à 12. L’ouvreur catalan Delpy vient de ramener les siens à sept points, mais Toulon est à l’initiative en ce début de seconde période. Fainga’anuku fixe l’axe du terrain dans les 22 mètres perpignanais et Baptiste Serin écarte vite les ballons. Nouveau point de fixation avec Jean-Baptiste Gros, puis Garbisi trouve Dréan, qui casse un plaquage et transmet à son ailier Rayan Rebbadj. Le champion olympique résiste à trois défenseurs et s’effondre dans l’en-but. Bien placé, l’arbitre accorde immédiatement l’essai, le deuxième du RCT, qui prend le large au score. Cette fois encore, et peut-être même encore plus que sur l’action catalane en première période, le ballon semble être aplati sans aucun problème par le trois-quarts varois. Ni l’arbitre de la rencontre, ni ses assistants, ni M. Rebollal à la vidéo ne décident de contrôler le toucher dans l’en-but.
À posteriori, dans le débrief du Canal Rugby Club, nos confrères reviennent sur cette action en montrant des ralentis précis de l’essai. Et en effet, comme vous pouvez le voir sur les captures d’écran, Rayan Rebbadj n’a semble-t-il jamais aplati dans l’en-but catalan.
« Alors, essai ou pas essai ? », demande en plateau le journaliste Guilhem Garrigues. « Moi, je ne vois pas aplatir le ballon, répond Richard Dourthe. L’arbitre l’accorde, malheureusement pour les Catalans. En première mi-temps, ils auraient pu prendre le score et la même situation leur est refusée. » « Les images sont claires, il n’y a pas essai, affirme l’ancien capitaine du XV de France Thierry Dusautoir. L’erreur, elle est possible pour tout le monde. Ce qui peut être gênant, c’est l’absence de cohérence sur le même match entre deux situations similaires. » Un essai qui a son importance, car après la sirène, Melvyn Jaminet offrait un quatrième essai à son équipe, synonyme du bonus offensif.
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