16 chasseurs seront jugés ces 18 et 19 mars devant le tribunal correctionnel de Foix (Ariège) pour avoir tué une ourse lors d’une battue dans la Réserve domaniale du Mont-Valier en novembre 2021. L’un d’eux comparaît pour « destruction d’espèce protégée ».
C’est le procès d’une battue de chasse qui dérape dans les Pyrénées. Ces mardis 18 et mercredi 19 mars, 16 chasseurs comparaissent devant le tribunal correctionnel de Foix pour avoir tué l’ourse Caramelles.
Les faits remontent à novembre 2021. Alors qu’il participe à une battue au sanglier, André Rives, un des chasseurs, se retrouve nez à nez avec une ourse et deux oursons dans la Réserve domaniale du Mont-Valier. La mère l’attaque et le blesse aux jambes. L’homme de 81 ans l’abat de deux coups de fusil.
Il avait ensuite été hospitalisé dans un état grave sans que ses jours soient en danger.
André Rives sera jugé pour « destruction d’espèce protégée », car selon l’accusation, il se trouvait dans une zone de montagne interdite à la chasse. Les quinze autres chasseurs sont eux poursuivis pour diverses infractions au droit de la chasse.
Une vingtaine d’associations se sont constituées partie civile, dont Pays de l’ours et Ferus, qui défendent la présence de l’ours dans les Pyrénées.
On veut comprendre ce qui s’est passé ce jour-là, comment on en est arrivé là. Il y a une chaîne de responsabilité, il faut démêler ça, dans le but d’éviter que cela se reproduise.
Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’ours
En Ariège, la présence de 86 ours recensés suscite des débats. Les éleveurs de brebis se plaignent des prédations, dans les hauts pâturages où les cheptels transhument de juin à octobre. L’un des prévenus regrette la mort de cette ourse, mais selon lui, si le chasseur avait été tué, une psychose aurait envahi le massif.
Le président de la Fédération de chasse de l’Ariège, Jean-Luc Fernandez, n’était pas présent le jour de la battue mais il soutient que rien n’empêchait ses adhérents de chasser à cet endroit. « [Ils y chassaient] depuis des années, les autorités le savaient et n’ont jamais rien trouvé à redire« .
Pour l’avocate des parties civiles Julie Rover, le fait que la chasse était fréquente dans cette zone « n’enlève rien à la caractérisation du délit ». « Nombre des pièces du dossier démontrent une connaissance des limites de la réserve, avec des marquages sur les arbres, souligne Me Rover. Les parties civiles veulent faire passer un message. Elles ne sont pas opposées à la chasse, mais pour qu’elle ne nuise pas à l’environnement, il faut faire respecter ses règles. Les ours sont menacés d’extinction, la disparition d’une femelle reproductrice, c’est grave et préjudiciable » pour la survie de l’espèce.
