Serge Zaka, agroclimatologue et chasseur d’orages, publie « Orages sur le climat », un ouvrage dans lequel il explore les impacts du changement climatique sur l’agriculture et propose des pistes d’adaptation. Il est l’invité de l’émission Dimanche en politique sur France 3 Languedoc-Roussillon, ce dimanche à 11h10, pour débattre des défis qui attendent notre région.
Dans son ouvrage Orages sur le climat, aux éditions Harper Collins, Serge Zaka raconte son parcours de chasseur d’orages devenu agroclimatologue, une science qui étudie l’impact du changement climatique sur l’agriculture. Face à l’accélération du réchauffement, il plaide pour une adaptation rapide des cultures et des pratiques agricoles. À travers une approche scientifique, il détaille les solutions déjà possibles pour préserver la production agricole malgré les bouleversements climatiques annoncés. Invité de l’émission Dimanche en politique, il a répondu aux questions de France 3 Occitanie.
« Orages sur le climat« , parce que je suis à la fois chasseur d’orages et agroclimatologue. Je veux montrer comment on peut passer de chasseur d’orages à agroclimatologue, c’est-à-dire étudier l’impact du changement climatique sur l’agriculture. L’agroclimatologie, qui est ma spécialité, permettra de trouver des solutions, je l’espère, pour s’adapter aux changements climatiques.
On a longtemps pensé qu’il n’y avait qu’une seule solution, comme l’irrigation ou les OGM. En réalité, les solutions agricoles sont toujours très complexes, multiples et imbriquées entre elles. Il existe des solutions de biogéographie, d’aires de répartition des cultures, l’arrivée de nouvelles cultures venues du sud… Il y a aussi des solutions génétiques et paysagères. Je veux montrer que l’agriculture n’est pas simple et que c’est un ensemble de solutions qui permettront de lutter contre le changement climatique. »
L’agroclimatologue Serge Zaka publie « Orages sur le climat » aux éditions Harper Collins. • © Yann Gonon – FTV
« Effectivement, il va falloir s’adapter en ramenant des cultures venues du sud : kaki, grenades, olives… Le kiwi reste présent, mais certaines cultures vont changer de saison. La tomate poussera mieux au printemps et à l’automne qu’en été. La salade et le chou-fleur pousseront davantage sur la saison froide. Nous avons des potentiels pour l’avenir, mais il faut les anticiper pour prendre les meilleures décisions politiques et socio-économiques afin de ne pas se retrouver face au mur en 2050. Nous avons les connaissances techniques, il faut maintenant se donner les moyens financiers pour y faire face. »
« Il y a une certaine forme de déni. J’essaie de faire comprendre qu’il y a deux problèmes : la temporalité et l’idée que « ça se passe ailleurs ». Le problème de temporalité, c’est que le changement climatique est progressif sur toute une vie, et nous avons tendance à nous habituer à cette élévation des températures. Mais nos hêtres, nos chênes ne s’adaptent pas. Ils n’ont pas de maison, pas de climatisation. Ils ne peuvent pas entrer dans un centre commercial pour se rafraîchir, ils subissent et sont particulièrement vulnérables.
Le deuxième point, c’est l’idée que « ça se passe ailleurs ». On pense toujours que cela touche les pays les plus pauvres, mais jamais son propre village. Pourtant, quand des feux de forêt se produisent, qu’une inondation survient ou qu’une mauvaise récolte est causée par la sécheresse, on réalise que le changement climatique nous affecte directement. »
« On m’a souvent reproché d’exagérer, mais c’est une façon de faire taire les scientifiques. Moi, je suis factuel : je montre des chiffres, des cartes, des pertes de rendement, des études scientifiques basées sur des faits. Je ne donne pas mon opinion, je donne toujours un avis scientifique.
Je veux rester optimiste. Jusqu’à +4 degrés de réchauffement, nous avons des solutions pour les agriculteurs. Ils commencent déjà à réfléchir à ces solutions : ils ramènent de nouvelles cultures, laissent des végétaux pousser au pied des vignes, labourent moins. Il y a des solutions pour atténuer l’impact du changement climatique sur notre agriculture. »
Serge Zaka est l’invité de l’émission Dimanche en politique sur France 3 Languedoc-Roussillon, ce dimanche 9 mars à 11h10. L’émission est consacrée aux changements climatiques et à l’adaptation de notre région. Seront également présents : le président de Prédict, la filiale risques de Météo-France, et le maire de Palavas, commune proche de Montpellier directement concernée par la montée des eaux.
