Avis aux lycéens et aux parents désorientés, à l’approche de la clôture des vœux sur Parcoursup. Trois étudiants nîmois ont développé « un complément » à la plateforme officielle, censée la rendre plus intuitive et permettre de découvrir davantage de formations, selon ses créateurs.
Ils n’ont que 19 ans, mais déjà des idées plein la tête. Les Nîmois Alexandre Klobb, Samuel Chomat et Dimittri Choudhury, étudiants en école d’ingénieurs et en école de commerce, ont lancé il y a quelques mois l’application Meoria, pour guider les lycéens dans leur orientation post-bac.
Mais leur objectif n’est pas de remplacer la plateforme officielle Parcoursup, au contraire. Ils souhaitent, avec leur initiative, la compléter : « On ne vient pas les concurrencer, on vient aider le lycéen, c’est un complément« , explique Dimittri Choudhury. Les trois amis jugent l’interface de Parcoursup « pas assez intuitive » pour les lycéens, notamment lorsqu’il s’agit de rechercher des formations.
Un jugement qui vient tout droit de leur propre expérience avec la plateforme d’orientation post-bac de l’État, lancée en 2018. « Si c’était à refaire, on est tous d’accord sur le fait qu’on aurait voulu explorer le plus de pistes pour faire le meilleur choix« , avancent-ils. Alors pour « améliorer » l’outil officiel, les trois amis ont jugé bon de tout faire pour rendre l’information d’orientation « ludique et personnalisée« , tout en maintenant la rigueur.
Parcoursup se présente davantage comme un moteur de recherche, « pas assez intuitif » selon les fondateur de Meoria. • © Capture d’écran / Parcoursup
Pour ce faire, les jeunes étudiants se sont inspirés de diverses grosses applications, très populaires chez les 15-25 ans : Duolingo pour imaginer leur mascotte, le petit singe Meo, Tinder pour le système de « swipe » de gauche à droite, en fonction de si on aime ou non ce qui nous est proposé. Car pour permettre aux lycéens, ou à leurs parents curieux, de découvrir des formations qui pourraient les intéresser, l’application interroge son utilisateur.
Après avoir renseigné sa classe, car le logiciel n’est pas réservé aux terminales, puis ses spécialités et moyennes du lycée ainsi que ses domaines privilégiés pour l’avenir, il faut dire oui, non ou peut-être à plusieurs affirmations. Comme « un rythme d’examens réguliers me paraît stimulant« , « avoir des cours en amphithéâtre avec des centaines de personnes« , ou encore « s’immerger rapidement dans la vie professionnelle » par exemple.
L’application Meoria propose de « swiper » à gauche ou à droite, en fonction des affirmations, pour affiner son profil. • © Capture d’écran / Meoria
Après une petite quinzaine de questions, l’application propose finalement à son utilisateur un classement des formations qui pourraient lui correspondre, avec la possibilité d’affiner encore la recherche avec des critères géographiques par exemple. Puis l‘application renvoie sur Parcoursup pour la présentation détaillée des formations.
Exemple d’un classement des formations que propose l’application Meoria, avec un pourcentage de « match », pour savoir si l’enseignement peut coller aux attentes. • © Capture d’écran / Meoria
N’y a-t-il pas un risque qu’à l’inverse, en proposant un tel classement, les élèves ne se limitent qu’à cela et n’aillent pas chercher autre chose ? Dimittri Choudhury assure que non, et dit tout faire pour qu’au contraire, l’application « propose la plus grande variété possible de formations« .
On essaie de mettre des messages pour dire que c’est pour ouvrir des portes. On veut donner des nouvelles idées aux élèves.
Dimittri Choudhury, cofondateur de Meoria
En plus de son mode principal, l’application est complétée par un « ChatGPT de l’orientation« , pour répondre à toutes les questions des lycéens et les rediriger vers des ressources utiles. Et ce n’est pas fini : selon ses développeurs, Meoria sera bientôt enrichi de deux nouvelles options : un estimateur de chances d’admission, et un outil pour comparer les formations entre elles.
Aujourd’hui, deux mois après le lancement de Meoria sur l’App Store, Dimittri Choudhury revendique « 25 000 utilisateurs » : l’application se classait ce vendredi 7 mars en 11e position des plus téléchargées dans la catégorie éducation. Sur le Play Store, l’application n’est présente que depuis quelques jours, mais « ça commence à monter« , nous assure-t-il.
Forts de ce succès naissant, les trois amis sont pleins d’ambition pour l’avenir de leur création. « On est en train de prendre contact avec Parcoursup, la liaison n’est pas encore très fluide mais on va essayer de faire quelque chose avec eux« , espère Dimittri Choudhury.
« On veut être soutenus par les institutions comme Parcoursup et l’Onisep en gage de crédibilité. On est là vraiment pour être complémentaires, nous ne sommes pas concurrents ».
Dimittri Choudhury
Et s’ils ne gagnent à ce jour pas d’argent de leur création, ils ne se l’interdisent pas à l’avenir si l’application confirme son succès naissant. « On va essayer de commencer à contacter des écoles qui pourront payer pour avoir accès au profil des lycéens« , pour les approcher, détaille Dimittri Choudhury. Sans jamais de « favorisation d’une école » promet-il, « sinon notre rôle perdrait son sens« .
Les trois étudiants s’installent en tout cas dans le long terme avec cette application, espérant qu’elle devienne un jour une entreprise. De son côté, Dimittri Choudhury promet de ne pas s’arrêter de l’améliorer « tant qu’on n’aura pas le meilleur sur l’appli« , prévenant tout de même qu’on « ne sait pas ce que l’avenir nous réserve ».
► Meoria est téléchargeable gratuitement sur les magasins d’applications, ou accessible sur meoria.com.
