Face au manque de personnel chronique, le syndicat Force ouvrière avait déposé un préavis de grève pour ce mardi 4 mars. La tenue en urgence d’un conseil de surveillance, vendredi dernier, avec l’ARS et la direction, a permis d’exprimer le mal-être des agents et de commencer à résoudre les problèmes.
« Une personne, quel que soit son âge, c’est un être humain. Ici, il manque du personnel, il manque un directeur… » La voix souvent blanche, étranglée par l’émotion, Jacques Barailler, le président du conseil de la vie sociale du centre hospitalier de Saint-Pons-de-Thomières et résident de l’Ehpad, a tenu à être présent et à témoigner, du haut de ses 87 printemps, assurant qu’il « défendrait tout le monde« .
Car l’hôpital de la petite ville des Hauts-Cantons était en effervescence, ce mardi 4 mars en début d’après-midi. Force ouvrière, le syndicat majoritaire, avait en effet déposé un préavis de grève le 20 février dernier afin de dénoncer le manque de personnel chronique et des salariés, soignants ou non, à bout de souffle, « épuisés physiquement et moralement ».
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Un manque d’effectifs dans tous les services
Un mouvement suivi par « près de 50 % des soignants et 80 % des administratifs, relevait Sébastien Mazel, délégué départemental de FO Santé. Un hôpital, ce n’est pas que des médecins et des soignants, c’est tout un ensemble de personnels qui font fonctionner l’institution au travers de leur confiance ».
La responsable syndicale FO de l’établissement, Fabienne Thivand a abondé dans ce sens : « Le manque d’effectifs dans tous les services, y compris ceux dits techniques (la lingerie, le bio-nettoyage, l’entretien et les réparations), ça fait un bon moment que ça dure et ça impacte toute l’organisation de l’établissement. »
Le problème urgent de la cuisine
Depuis la crise de l’an dernier et la mise en place, pourtant, d’une direction intérimaire, « nous nous sentons toujours abandonnés par l’autorité de tutelle et une direction », qui n’est pas considérée comme suffisamment présente – le directeur, David Teuma, est en poste à Castres et détaché sur Saint-Pons une à deux journées par semaine. « Les délais sont très longs voire interminables pour régler les situations urgentes, comme celles de la cuisine par exemple ». Le service, en effet, a écopé d’une inspection des services vétérinaires qui réclament que des travaux soient effectués rapidement, sous peine de fermeture.
« Aujourd’hui, nous demandons simplement une écoute, de la considération et une communication transparente. On aimerait également restaurer une relation de confiance avec l’équipe de la direction et un encadrement efficient, a poursuivi Fabienne Thivand. On souhaite encore des emplois pérennes, dans tous les secteurs, et l’égalité salariale, à compétences égales ».
L’ARS s’engage à dialoguer
Pour autant, le personnel a obtenu de notables avancées depuis le 22 février. André Arrouche, le maire de Saint-Pons-de-Thomières, a en effet sollicité en urgence un conseil de surveillance, qui s’est tenu le vendredi 28 février. « Lors de ce conseil de surveillance, le directeur de l’ARS (Agence régionale de santé, NDLR) s’est engagé à recevoir une délégation de représentants du personnel et d’agents pour ouvrir un dialogue et, peut-être nous entendre », souligne encore la syndicaliste.
Une autre piste qui sera explorée, c’est la création d’un pôle de remplacement, qui permettrait ainsi de mettre à disposition des services confrontés à des absences des agents formés et familiers de l’hôpital, plutôt qu’un recours incessant à l’intérim. Une directrice adjointe devrait également rejoindre le centre hospitalier, fin avril-début mai, à temps plein. De quoi apporter un peu de sérénité aux agents.
Des maires au chevet de l’établissement
Que ce soit Jean-Marc Saleine, le maire de Riols, commune limitrophe, ou André Arrouche, le premier magistrat de Saint-Pons, les élus se mobilisent pour leur hôpital. « Une structure qui est vitale pour notre territoire », avance ainsi le premier. « C’est dommage de réagir quand la maison brûle, prolonge le second, qui confie « avoir fait pression sur la tutelle » et ne pas « s’être fait que des amis« . Les deux édiles sont aux côtés des agents et les ont assurés de leur soutien, tout en appelant de leurs vœux la résolution des problèmes. Surtout, face à l’absence d’infrastructures de proximité, – il faut en effet une heure pour rejoindre l’hôpital de Béziers, de Castres ou de Bédarieux, pourquoi ne pas envisager de faire de l’établissement saint-ponais un centre hospitalier à part entière, ouvert à tous, pour soigner le bassin de vie local ?
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