Dans sa quête de grand chelem, le XV du Trèfle compte sur ses stars néo-zélandaises pour vaincre la France. Resplendissants depuis plusieurs années sous le maillot vert, Jamison Gibson-Park, James Lowe et Bundee Aki semblent encore en mission pour mettre l’Irlande sur le toit de l’Europe.
Surprise, bousculée et menée, l’Irlande est passée proche de la correctionnelle sur la pelouse du pays de Galles, lors de la troisième journée du Tournoi des 6 Nations 2025. Mais au cœur dans cette tempête inattendue, trois hommes sont sortis du lot pour mettre à l’abri la maison irlandaise : James Lowe, Jamison Gibson-Park et Bundee Aki. Les trois natifs de Nouvelle-Zélande se sont mués depuis plusieurs années en héros irlandais. Au Millennium, le demi de mêlée a été élu homme du match. Ses coups de pied, du droit ou du gauche, ainsi que sa science du jeu font de lui le meilleur demi de mêlée de la planète, pour ceux qui considèrent que Dupont appartient à une autre galaxie.
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Gibson-Park, le maestro
Le natif d’Auckland est bien le leader stratégique du jeu irlandais, plus encore depuis le départ à la retraite de Jonathan Sexton. Par sa rigueur et sa grande capacité à botter le ballon, l’ancien joueur des Blues semble avoir été conçu pour l’Irlande. Il n’avait seulement pas été né au bon endroit. Mais dès 2020, lorsqu’il est devenu éligible pour porter le maillot vert, Andy Farrell n’a pas hésité à lui donner les clés du camion, voyant aussi un certain trou générationnel à son poste. Très vite, il a doublé Connor Murray dans la hiérarchie pour devenir titulaire indiscutable. « Le rugby est un de ces sports où l’on ne sait pas toujours où l’on va finir, souriait le demi de mêlée au moment de devenir un citoyen irlandais. On signe des contrats pour deux ou trois ans et beaucoup de choses peuvent changer pendant cette période ».
Figure d’une Irlande devenue un temps meilleure nation du monde, Gibson-Park a aussi profité du fait d’évoluer avec le Leinster, là où ses automatismes ont fait la différence en sélection. Prenons pour exemple ce coup de patte décisif, lors de la deuxième période à Cardiff. Après un rapide coup d’œil, le Leinsteman avait choisi d’envoyer une jolie diagonale vers un de ses coéquipiers en club : James Lowe. L’ailier profitait de son habileté dans les airs pour rabattre intelligemment la balle vers Osborne, lors de l’essai égalisateur. L’occasion de remarquer que si Gibson-Park est le maestro du jeu irlandais, Lowe en est l’homme décisif.
James Lowe, le décisif
Face à l’Angleterre cette année, le natif de Nelson en Nouvelle-Zélande avait déjà réalisé un triplé de passes décisives, dans un style qui lui est propre. Si dominant dans les airs, si costaud dans les collisions, si puissant dans ses jeux au pied… Lui aussi a pleinement l’ADN du parfait Irlandais. Son coach Andy Farrell ne tarissait pas d’éloges à son sujet. « C’est un gars qui aime aller chercher du ballon dans le jeu en permanence et c’est ce que nous attendons de nos ailiers. C’est un grand joueur, qui est parfait pour ce jeu. »
Débarqué en 2020 au sein de la sélection irlandaise, l’ancien des Chiefs a toujours été titulaire sur l’aile gauche lors de ses 39 sélections. Et dire qu’il n’était pas désiré sous le maillot des All Blacks ! Et rappelez-vous, chez les Chiefs, James Lowe a joué en compagnie d’un autre colosse du rugby : un titan nommé Bundee Aki, lui aussi devenu international irlandais.
Bundee Aki, le titan
Véritable bête furieuse du milieu du terrain, Aki sait s’exprimer aussi bien ballon en main qu’en défense. Parmi les meilleurs joueurs de la Coupe du monde 2023, le centre est un incontournable du XV du Trèfle depuis son éligibilité en 2017. À 34 ans en 2025, le natif d’Auckland est toujours aussi précieux. Le fameux match face au pays de Galles il y a deux semaines le montre, puisque même remplaçant en début de partie (remaniement d’effectif oblige), Aki a fait gagner le XV du Trèfle grâce à ses grattages et sa défense en fin de partie. D’ailleurs, cette image de guerrier en sang à la fin du match représente parfaitement celui qui a donné son corps pour l’Irlande depuis tant d’années.
« Je sens l’amour que l’Irlande m’a donné, confiait le colosse. Il n’y a pas de meilleur sentiment que d’être capable de dire que je peux profiter de la culture irlandaise. Je dois rendre tout cela sur le terrain. Je ne peux pas dire un mot négatif sur l’Irlande. » Les supporters irlandais ne peuvent, eux non-plus, pas dire trop de mal à propos de Aki, comme de Gibson-Park et Lowe, devenus les guides de la sélection frappée du Trèfle. Face à la France samedi, les trois Néo-Zélandais de naissance auront l’occasion de permettre à leur nation d’adoption faire un grand pas vers un troisième grand chelem de suite. Histoire de hisser encore un peu plus haut le drapeau irlandais dans le rugby mondial.
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