Alors que Romain Ntamack n’avait pas pu compter sur les rencontres de Top 14 pour jouer face à l’Italie, le centre de l’Irlande Garry Ringrose profitera de son côté d’un match du Leinster en URC pour revenir avant l’ultime match du Tournoi des 6 Nations. Une différence de traitement qui pose forcément question.
Romain Ntamack a dû se sentir particulièrement lésé lorsqu’il a appris, ce jeudi, la teneur de la suspension de Garry Ringrose. Résumons la situation : les deux joueurs ont été exclus lors d’un match face au pays de Galles lors du 6 Nations 2025. L’ouvreur comme le centre se sont rendus coupables d’un plaquage sur la tête du pauvre Ben Thomas. Le Toulousain comme le Leinsterman ont écopé d’une suspension de six matchs (point d’entrée moyen), réduite à trois matchs après la prise en compte de circonstances atténuantes (expression de remords, excuses, bonne conduite lors de l’audience, casier disciplinaire vierge). Le Head Contact Process a aussi été proposé aux deux fautifs. Mais une différence importante se trouve entre les deux sanctions : alors que Ntamack n’avait pas pu compter sur les matchs de Top 14 pour purger sa peine, le match entre le Leinster et Cardiff compte dans la suspension de Ringrose.
Pourquoi, alors, cette dissociation ? Pour rappel, Romain Ntamack avait écopé de son carton rouge lors de la première journée de la compétiton et comptait revenir dès la rencontre face à l’Italie, grâce au match de la 16e journée de Top 14 entre Toulouse et Clermont. Seulement, lors d’une séance exceptionnelle qui s’est tenue après l’annonce de la sanction du joueur, la commission de discipline a fait savoir aux dirigeants français ne pas reconnaître le système pratiqué en France de joueurs protégés. En tenant compte du statut de joueur « Premium » de Romain Ntamack, habituellement non relâché pour jouer avec son club, les membres de l’instance ont jugé que la rencontre face à Clermont ne rentrait pas dans le cadre de la suspension.
Une situation loin d’être claire
Cette décision était d’autant plus surprenante que les récentes suspensions des joueurs français n’avaient pas toujours été en ce sens. En 2023, Uini Atonio avait été suspendu trois matchs après un geste dangereux face à l’Irlande. Une sanction qui ne prenait pas en compte les matchs de Top 14, la commission de discipline estimant que, comme pour Ntamack, le pilier n’aurait pas joué avec son club en temps normal. Mais un an seulement après, Paul Willemse suspendu quatre semaines après un carton rouge face à l’Irlande, avait eu l’occasion de revenir avant la fin du Tournoi des 6 Nations grâce aux matchs de Montpellier face au Racing 92, à Bayonne et à Oyonnax en Top 14 !
Mais qu’en est-il donc de Ringrose ? En jetant un œil sur les dernières saisons du centre, un constat saute aux yeux : il n’a jamais été relâché pour jouer un match avec le Leinster au milieu du Tournoi des 6 Nations. Sa situation semble dès lors très similaire à celle de Ntamack. Pourquoi profite-t-il alors de ce traitement de faveur par rapport à l’ouvreur du XV de France et pourrait lui disputer ce match de la dernière journée face à l’Italie ? Difficile à comprendre…
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