On entend la musique depuis le parking du Parc des Expositions de Montpellier. A l’entrée du Hall 3, des barrières ont été installées, les gens font la queue en attendant que des agents de sécurité les fouillent. On se croirait à l’entrée d’un concert de musique sauf qu’il n’en est rien : c’est l’édition 2025 du carnaval antillais de Montpellier. Une version un peu différente de celle des années précédentes. Fin janvier la mairie a fait savoir qu’elle décidé d’annuler le vidé, le défilé, dans les rues de Montpellier pour des raisons de sécurité. Dans l’urgence les organisateurs se sont rabattus sur le Parc des Expos au grand dam des carnavaliers.
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Des carnavaliers déçus
Au centre du hall 3, qui a des airs de préau d’école, une scène a été installée. Juste devant les parades du carnaval dansent. Tout autour d’eux, plusieurs centaines de gens les regardent. Un peu plus loin, en retrait, Orlando et Estelle sont venus avec leurs enfants, ils mangent leurs sandwichs : « c’est mieux quand le défilé est dans la rue, y’a plus d’ambiance », observe le père de famille. Face à lui, Estelle acquiesce : « on est loin, on ne voit pas les groupes alors qu’en ville on peut voir tout le monde. Là, on ne voit rien en fait. »
Même impression à quelques mètres de leur table. Régine est venue exprès de Toulouse pour assister au carnaval. Elle n’a raté aucune édition depuis sa création il y a une quinzaine d’années et ce nouveau format ne l’emballe guère : « ce n’est pas pareil, normalement la tradition veut que l’on coure derrière les chars. Et là on est sous un préau. Il y a une bonne ambiance quand même, de toute façon on arrivera toujours à rendre le moment sympa mais le défilé manque », conclut-elle.
L’incompréhension de la communauté antillaise montpelliéraine
La mairie de Montpellier a décidé de l’annuler fin janvier pour des raisons de sécurité et parce que le nombre de carnavaliers annoncés par les organisateurs était sous-estimé selon elle. Des arguments qu’Amandine, Montpelliéraine adepte depuis des années du carnaval, a du mal à comprendre : « même s’il y avait en effet beaucoup de monde, je pense que la mairie aurait pu proposer d’aider les organisateurs plutôt que de fermer directement la porte. »
Une position d’autant plus incompréhensible pour Elona, que le carnaval est devenu une institution dans la ville : « la communauté antillaise est très importante à Montpellier et dire que le vidé n’est pas un événement culturel et traditionnel alors que ça fait 17 ans qu’il existe, pour moi c’est du racisme pur et dur. » Certains essaient tout de même de voir le bon côté des choses : « on est à l’abri alors qu’il pleut », dit en rigolant Alexandra. La Lyonnaise espère surtout que cette version 2025 du carnaval est provisoire : « par les temps qui courent on a besoin de ce genre de moments et on a besoin de célébrations qui rassemblent, donc pour l’année prochaine il faut impérativement trouver une solution. »
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