Les faits se sont produits le 12 octobre dernier, dans le train entre Montpellier et Agde. Le prévenu, qui réside à Barcelone, a nié ou minimisé les faits. Il écope d’un an de prison ferme et d’une interdiction définitive du territoire français.
Malgré la longue litanie des fautes qui lui sont reprochées et qui sont étayées par plusieurs témoignages, le prévenu, qui bénéficie des services d’un traducteur lors de l’audience des comparutions immédiates, ce mercredi 5 février, au tribunal judiciaire de Béziers, nie fermement les faits, provoquant par instants une franche irritation du président, Christophe Rolland.
Le 12 octobre dernier, dans le train qui doit le ramener vers l’Espagne et Barcelone, où il réside, cet homme âgé de 36 ans aurait agressé sexuellement la passagère en face de lui, mordu à la main un policier municipal biterrois, qui n’était pas en service mais a voulu s’interposer, et s’est rebellé face aux policiers de la Bac, venus l’arrêter en gare d’Agde. Le tout en état d’ivresse manifeste.
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Une mémoire sélective
Lorsque le président du tribunal lui demande s’il a eu « un comportement inapproprié envers cette jeune femme en ayant bu », lui préfère répondre qu’il a été blessé (incapacité de 5 jours) à la bouche par les policiers qui l’ont arrêté. « C’est drôle parce que vous ne vous souvenez pas de votre comportement irrespectueux, de vos cris et vociférations ni de l’agression sexuelle en raison de l’alcool mais, en revanche, vous vous rappelez que les policiers vous ont frappé ».
Christophe Rolland précise alors que le policier de la Brigade anti-criminalité lui a effectivement asséné un coup « la main ouverte », mais c’était parce que le mis en cause le mordait violemment à l’autre main alors qu’il tentait de le calmer et d’éviter ses coups de tête. Pour la procureure Fanny Moles, « toutes les infractions sont parfaitement caractérisées », relevant en outre que le mis en cause n’aurait jamais dû être en France en raison d’une interdiction de sortie du territoire espagnol. Elle requiert 3 ans de prison ferme et le maintien en détention.
Pas de casier judiciaire
L’avocat du prévenu, Me Philippe Nicolas, rappelle qu’il n’a aucune mention sur son casier judiciaire, qu’il a une compagne et un travail en Espagne. « Certes, l’alcool n’est pas une circonstance atténuante mais quand on a bu, on ne se contrôle pas bien. Il s’est rebellé car c’était le dernier train vers l’Espagne. Trois ans de prison pour quelqu’un qui n’a jamais été condamné, c’est un record ».
Au final, le tribunal l’a condamné à un an de prison ferme avec maintien en détention et interdiction définitive du territoire français. Il a également accordé des dommages-intérêts : 2 000 € à la victime de l’agression sexuelle, 1 500 € au policier blessé, 700 € à l’autre et 1 500 € au policier municipal mordu.
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