XV de France – Romain Ntamack : « Je sais à quel point ce maillot bleu est beau »

En octobre, quelques jours avant sa blessure à un mollet qui l’avait privé de la tournée d’automne, Romain Ntamack s’était confié sur l’émotion qui était la sienne à l’idée de retrouver le XV de France. Dix-sept mois après sa dernière apparition avec les Bleus et avant l’annonce de la liste pour le Tournoi des 6 Nations dont il fera partie, ses mots sont toujours aussi forts aujourd’hui.

Romain Ntamack, fauché par une grave blessure au genou gauche en ce maudit 12 août 2023 et grand absent de la Coupe du monde en France, aurait dû effectuer son retour tant attendu avec les Bleus à l’occasion de la dernière tournée d’automne. Le 8 octobre, il s’était confié pendant près d’une demi-heure, évoquant avec pudeur et sincérité ce moment qui approchait à grands pas…

« Vu les circonstances dans lesquelles j’ai quitté ce maillot en août 2023, vous comprenez les sentiments qui seront les miens lorsque je l’aurai de nouveau sur les épaules », disait-il. Mais, lors de la réception de Clermont quatre jours après cet entretien, l’ouvreur toulousain s’était écroulé sur la pelouse d’Ernest-Wallon. L’instant de quelques minutes, il croyait que son tendon d’Achille avait lâché et que son univers s’était une fois de plus dérobé sous son pied meurtri. Les yeux embués, il avait regagné le vestiaire avant de comprendre que le diagnostic rassurant : déchirure au mollet et un mois d’indisponibilité.

En accord avec Fabien Galthié, il avait tiré un trait sur l’épisode de novembre. Si la prudence a logiquement prévalu, ses mots n’en restent pas moins d’actualité aujourd’hui, à quelques jours d’une liste du Tournoi des 6 Nations dont il fera bien sûr partie. « En fait, je ne pense pas trop à mes premiers pas à Marcoussis, au fait de reporter ce maillot bleu, nous assurait-il. Désormais, je préfère laisser venir les choses et je verrai sur le moment. Simplement, si j’ai la chance de porter de nouveau le maillot bleu, j’aurais beaucoup d’émotion parce que ça fait longtemps quand même. » Une éternité à l’échelle de Romain Ntamack, qui a connu sa première sélection à 19 ans, a disputé son premier Mondial à 20 ans, puis a déjà glané quatre Brennus et deux Champions Cup à seulement 25 ans. 

« Ne plus y goûter pendant tout ce temps, ça fait bizarre »

Le 31 janvier au soir, lorsque le coup d’envoi du Tournoi sera donné par le XV de France contre le Pays de Galles, cela fera presque dix-huit mois de disette internationale pour « NTK ». « Depuis 2019, j’étais habitué à être là. Alors, ne plus y goûter pendant tout ce temps, ça fait bizarre. Je ne saurais comment l’expliquer mais quand on est dans chaque liste, à chaque rassemblement, dans chaque sélection… Ce n’est pas qu’on ne se rend plus compte de notre privilège. Mais j’ai compris une chose : quand on n’est plus appelé, on mesure vraiment ce que le XV de France représente. Jouer pour son pays, c’est énorme. Je sais à quel point ce maillot est beau et la chance qui est la mienne quand je l’enfile. » 

PLUS INFO  XV de France - Chez les Verts, les Bleus veulent retrouver des couleurs

Une déclaration d’amour d’un garçon dont le bleu du XV de France coule dans les veines autant que le rouge et le noir du Stade toulousain, tant il fut de toutes les sélections depuis sa plus tendre enfance. Lui qui avait même intégré les moins de 20 ans alors qu’il n’en avait que 17, et qui a soulevé la Coupe du monde avec les Bleuets en 2018. Forcément, son attachement à l’équipe nationale est sans commune mesure. Mais, face à l’immense douleur de voir ses potes partir à l’assaut du trophée Webb-Ellis sans lui, l’intéressé avait ressenti le besoin de se protéger durant la dernière Coupe du monde, comme il l’avait avoué dans ces colonnes : « J’ai vécu la compétition à distance. Je suis allé voir mes coéquipiers une seule fois, à Marseille (pour France-Namibie, NDLR) mais je n’ai pas voulu aller voir de matchs d’autres nations, et me rendre dans des stades. J’ai vraiment voulu faire abstraction car je savais que cela m’aurait fait du mal. J’ai préféré garder mes distances pour me blinder et me concentrer sur moi. » Et sur son rétablissement.

Une obsession : revenir plus fort encore, même si le contact n’a évidemment jamais été coupé avec l’encadrement tricolore. « Je n’avais pas tous les jours Fabien (Galthié) ou les membres du staff au téléphone mais cela m’a fait dans ma rééducation de maintenir le lien avec eux, de les avoir au bout du fil de temps à autre. Je ne vous cache pas que ça motive aussi… On se sent toujours concerné par l’équipe de France, ce n’est pas possible autrement. Personnellement, ça m’a donné envie de faire tous les efforts pour retrouver mon niveau. »    

PLUS INFO  Direct. Nouvelle-Zélande - France : la troisième place pour les Bleues ? Suivez la petite finale de la Coupe du monde féminine

« Depuis l’arrivée de mon fils, je débarque avec la banane »

Une fois sur les pelouses du Top 14 à compter de fin mars 2024, Romain Ntamack avait réalisé une fin de saison dernière dantesque. Titulaire en phase finale de Champions Cup et championnat, il s’était même offert un doublé fort en symbole. Et la projection de son retour en sélection n’est jamais venu le polluer. « Je savais que ce moment ne pourrait pas avoir lieu avant la tournée de novembre. J’avais le temps et je me suis donc focalisé sur le club, pour revenir du mieux possible. L’idée, comme tout joueur, c’était de faire de belles prestations avec Toulouse, de prouver pour ensuite mériter ma place en équipe de France. Rien n’est jamais acquis en équipe nationale. Même si j’avais fait le « job » avant ma blessure et si tout ne repart peut-être pas à zéro, il faut juste retrouver son niveau. C’est ce que je me suis appliqué à faire. » Avec toutefois une sacrée nouveauté : Ntamack est l’heureux papa d’un petit Noah depuis l’été passé. 

Voilà qui touche davantage l’homme que le joueur. Même si l’un influence toujours l’autre… « La paternité m’a tellement apporté. Mais, ce que je retiens d’abord, c’est que je ressens plus de légèreté dans ma vie de tous les jours, et dans mon approche sportive. Je le vois sur la manière d’appréhender les matchs et notamment les grands rendez-vous. Attention, je ne dis absolument pas que je m’en fiche ou que je prépare les échéances avec moins de sérieux, mais j’ai vraiment davantage de recul sur les choses. » Et un visage à placer sur la fameuse notion de plaisir, qu’il illustre ainsi : « Avant, une certaine routine s’était installée pour moi. Depuis l’arrivée de mon fils, je débarque sur les matchs avec la banane. Le rugby, c’est ma passion, mon métier, mais ce n’est qu’un sport. On est là pour prendre du plaisir et en donner aux gens, puis on verra le résultat à la fin. Il y a des choses bien plus importantes. Même si, je vous rassure, ma soif de gagner est toujours très grande (sourire). » Comme elle l’était pour Emile, son papa international qu’il courait rejoindre à la fin des matchs. « J’y pense évidemment. Il me tarde que Noah soit assez grand pour l’emmener voir un match et le prendre sur mes épaules, sur le terrain. Je suis devenu papa à 25 ans. Si tout va bien, il devrait avoir la chance de me voir jouer encore un petit moment. C’est chouette. Il me donne beaucoup de bonheur et cette envie de me dépasser encore plus pour lui. Je veux qu’il soit fier de moi. »

https://www.rugbyrama.fr/2025/01/14/xv-de-france-romain-ntamack-je-sais-a-quel-point-point-ce-maillot-bleu-est-beau-12439363.php

PLUS INFO  Maillots AS Béziers Hérault saison 2022-2023

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Un nouveau site internet pour localiser la tombe d’un défunt dans l’un des cimetières de Montpellier

Il existe désormais un site internet qui permet de rechercher et de localiser la sépulture d'un défunt dans l'un des huit cimetières de Montpellier. C'est rendu possible grâce à un plan interactif en ligne.

Accident de trains en Espagne : une figure de la tauromachie bien connue à Nîmes parmi les nombreuses victimes

Antonio Vázquez, 74 ans, fait partie des victimes de la catastrophe ferroviaire survenue mercredi 28 octobre 2026, en Espagne. Frère cadet du maestro Curro Vázquez et apoderado du matador Pablo Aguado, il était une figure respectée de la tauromachie. Bien connu des arènes de Nîmes, il avait travaillé par le passé avec Simon Casas.

Top 14 – Clermont et le Racing 92 incapables de se départager, les jeunes Toulousains encore héroïques ? Les pronostics de la 8e journée

Entre les équipes en quête de points pour s'éloigner de la zone rouge, celles qui veulent confirmer leur regain de forme et les effectifs décimés par la fenêtre internationale, cette 8e journée de Top 14 s'annonce...

Campsas : Liebherr-Aerospace double son site et recrute dans les métiers de la production

Liebherr-Aerospace Toulouse a inauguré son nouveau centre consacré aux échangeurs de chaleur aéronautiques, à Campsas (Tarn-et-Garonne). Plus de 40 millions d’euros ont été investis et le site doit réunir près ...