Dans les villages, les commerces ambulants constituent un plus non négligeable, notamment pour les personnes âgées qui ont du mal à se déplacer. Cette présence crée du lien social. Dans l’Ouest Hérault, de nombreux commerçants sillonnent les routes pour approvisionner les populations ou fournir des services. « Midi Libre » est allé à la rencontre de ces itinérants. Troisième volet de cette série à Nissan-lez-Ensérune où Ostrea Cultura propose huîtres et autres fruits de mer le vendredi.
Mandy Gautrand est en retard et s’active à installer son stand sur le parvis du caveau des Vignerons du Pays d’Ensérune à Nissan-lez-Ensérune. « J’ai dû déposer les enfants à l’école avant de venir. » La jeune femme sort des paniers remplis d’huîtres qu’elle pose sur une table. Une cliente attend que tout soit prêt. « Je suis une habituée, déclare cette Nissanaise. Je ne viens pas toutes les semaines mais une fois sur deux. La vendeuse est très agréable, elle a toujours le sourire. Et, surtout, elle a des tielles magnifiques ». Mandy sourit et sert sa cliente qui, après avoir réglé ses achats, rejoint sa voiture. Pas le temps de respirer. Une autre dame qui vient d’acheter du vin se présente. « Comme d’habitude ? », questionne Mandy. « Oui, six grandes huîtres et six petites. »
Contenus de la page
Huîtres et moules de l’étang de Thau
Mandy, son époux Patrick et Charly Canizares sont les trois piliers d’Ostrea Cultura, une société de production d’huîtres et moules sur l’étang de Thau. « Nous sommes installés à Marseillan depuis huit ans. Nous possédons dix tables dont huit sont en production. Et cela fait sept ans que nous commercialisons notre production de manière ambulante », détaille Mandy. « Ce sont les Vignerons du Pays d’Ensérune qui nous ont démarchés pour que nous soyons présents à Nissan-lez-Ensérune mais aussi à Cazouls-lès-Béziers devant les deux caves coopératives. » C’est ainsi que Mandy ou Charly installent leur étal le vendredi à Nissan et le samedi à Cazouls. « Les gens viennent acheter leur vin et par la même occasion, ils s’offrent des fruits de mer », explique la jeune femme.
Bouche à oreille
« À Nissan et Cazouls, les Vignerons du Pays d’Ensérune ont fait du mailing pour avertir de notre présence. Sinon, c’est du bouche à oreille. Nous avons une clientèle fidèle », indique Mandy. De fil en aiguille, Ostrea Cultura s’est également lancée dans l’événementiel. « Nous proposons des assiettes d’huîtres et autres fruits de mer lors des événements organisés par les Vignerons du Pays d’Ensérune comme, par exemple, le Jardin des Afters en été. Et nous sommes également présents dans divers domaines viticoles lors de manifestations », indique Mandy. Mais ce n’est pas tout. La société est également présente à Saint-Chinian où elle occupe un kiosque situé au bout de la promenade. Celui-ci est ouvert les vendredis et samedis après-midi. « Le kiosque nous permet de réaliser des plateaux plus élaborés. » Enfin, on retrouve Ostrea Cultura sous les halles de Vias. Là, Patrick, Charly et Mandy ont pris la succession d’une figure des halles, l’ostréiculteur Roland Negrou, parti en retraite au mois de juin. « Mon associé et moi-même reprenons cette affaire avec le souci de ne rien changer à la manière de faire de Roland Negrou. Un nouveau départ dans la continuité », résumait Patrick Gautrand lors du passage de relais.
De l’or au Salon de l’agriculture
Et la continuité est assurée. « Aux halles de Vias, nous sommes ouverts tous les jours sauf le lundi et le jeudi. En été, nous organisons des dégustations. On prépare des assiettes d’huîtres et ensuite les gens vont les manger dans les bars en consommant un verre de vin », souligne Mandy. Côté production, Ostrea Cultura s’est illustrée lors du Salon de l’agriculture. Au mois de mars, dans la catégorie des huîtres creuses du bassin méditerranéen, la société a décroché l’or. Une distinction qui a apporté du baume au cœur des trois associés. Un gage de qualité. Et le client ne s’y trompe pas. À l’image de Jean-Claude dit « La bonne humeur ». « Je suis un habitué. Le vendredi, je viens au caveau de Nissan acheter mon vin et mes coquillages », lâche-t-il tout sourire.
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