Dans les villages, les commerces ambulants constituent un plus non négligeable, notamment pour les personnes âgées qui ont du mal à se déplacer. Cette présence crée du lien social. Dans l’Ouest Hérault, de nombreux commerçants sillonnent les routes pour approvisionner les populations ou fournir des services. « Midi Libre » est allé à la rencontre de ces itinérants. Deuxième volet de cette série à Lespignan où le maraîcher Axel Garcia propose ses légumes le mercredi.
Une dame arrive avec un cabas à la main. « Vous n’auriez pas un sac en papier ? », questionne-t-elle. Axel Garcia lui en tend un et la voilà qui fait son choix de légumes avant de les présenter sur la balance électronique du commerçant. Il fait frisquet, ce mercredi matin à Lespignan. Mais cela n’empêche pas Axel d’être fidèle au rendez-vous. Bonnet sur la tête, le maraîcher a dressé ses étals et propose ses légumes sur la place des Écoles. « Je suis arrivé vers 6 h. Le temps de me mettre en place et j’étais prêt pour 7 h. C’est l’heure où généralement les gens viennent faire leurs courses avant de partir travailler », explique le jeune homme qui s’excuse presque : « Aujourd’hui, je n’ai pas grand-chose. En hiver, la production est en baisse. En été, par contre, nous sommes beaucoup plus fournis. » Malgré tout, ses salades, ses carottes, ses poireaux et autres choux-fleurs attirent l’œil des clients.
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Une culture raisonnée
Cela fait désormais un an qu’Axel a rejoint l’exploitation familiale : La cueillette Saint-Aubin. « Je travaille avec mon père, Renald, qui est installé depuis 2008. Nous nous trouvons sur la traverse de Colombiers. » Là, sur près de 3 hectares, les Garcia produisent une culture raisonnée de légumes. Ils sont également les seuls à proposer de la cueillette. Sur l’exploitation, des brouettes et des cagettes en plastique sont à disposition. « De mai à septembre, les gens viennent à l’exploitation et ce sont eux qui ramassent les légumes dont ils ont besoin », détaille Axel. Aux beaux jours, le domaine regorge d’une dizaine de variétés de tomates anciennes, de concombres, courgettes, aubergines, poivrons, salades, oignons, pommes de terre… Sur leur page Facebook, Renald et Axel Garcia préviennent leur clientèle des disponibilités. Pas moins de 872 personnes y sont abonnées. Et c’est ainsi que l’exploitation surfe sur l’engouement du circuit court.
Le circuit court fait mouche
Un engouement qui attire également la clientèle lorsqu’Axel installe ses étals dans les villages. Le circuit court fait mouche et le public revient à la saisonnalité : il ne s’offusque désormais plus de ne pas trouver des tomates au mois de janvier. « Le samedi et le dimanche, on arrive à toucher des trentenaires qui veulent manger local, notamment en ville. Dans les villages, cette mode fonctionne un peu moins bien. Les gens achètent ce dont ils ont besoin », constate le maraîcher qui poursuit, malgré tout, son petit bonhomme de chemin. Le mercredi, après être passé par Lespignan, on le retrouve à Béziers sur la place Jean-Jaurès. Le vendredi et le dimanche, il est à Vendres. Le samedi, il s’installe à Lieuran-lès-Béziers. « En été, je suis aussi à Vendres-plage le mardi, jeudi et dimanche. »
Des clients fidèles
Une présence sur le terrain qui fidélise la clientèle. « Dans les villages, nous avons de nombreux habitués. Des personnes âgées, d’autres qui n’ont pas de voiture. Ils sont fidèles, ils savent que nous sommes présents tel ou tel jour. En été, on touche également les touristes », explique Axel. Sa tournée dans les villages apporte un plus à l’exploitation familiale. « Si on n’avait pas les marchés, notamment en été, ce serait plus dur », ajoute-t-il.
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