Les agents sont des acteurs incontournables de l’actualité rugbystique et de ses coulisses. Comment et combien sont payés ceux qui représentent les joueurs et les entraîneurs dans les négociations contractuelles avec les clubs ? Explications.
Ces dernières semaines, la question de la rémunération des agents sportifs a agité le milieu en coulisses. Pour l’heure, lesdits agents sont rémunérés par les clubs et non par les joueurs, ce que plusieurs dirigeants ont récemment pointé du doigt. Ce poste de dépenses n’est pas négligeable, en l’occurrence : en 2022-2023, les honoraires d’agents sportifs représentaient une charge moyenne de 710 000 € par club de Top 14 (contre 466 000 en 2013-2014). Si un changement de système a officieusement été évoqué, on se dirige vers un statu quo. Mais comment sont rémunérés, au juste, ces fameux intermédiaires, devenus d’indispensables rouages du marché des mutations ?
Avant toute chose, il convient de rappeler que l’on parle là d’agents sportifs et non d’agents de joueurs : autrement dit, les agents ne sont pas contractuellement liés à leur joueur, ils les représentent dans le cadre d’une négociation et mettent en rapport les deux parties. « Le règlement fédéral relatif à l’activité d’agent sportif du rugby » trace les contours de cette collaboration : « À chaque fois qu’un joueur ou un entraîneur fait appel à un agent sportif pour représenter ses intérêts, le nom de ce dernier doit impérativement figurer sur une annexe du contrat de travail correspondant. Dans l’hypothèse où le joueur ou l’entraîneur n’a pas recours aux services d’un agent sportif, il doit le mentionner sur une annexe du contrat de travail correspondant. » Les mutations ou prolongations peuvent en effet se conclure sans leur intervention.
Une double négociation, parfois
La rémunération des agents est établie dans une plage définie par chaque fédération sportive : elle est calculée sur la base du revenu annuel brut des joueurs dont ils ont représenté les intérêts. En rugby, un agent perçoit une somme comprise entre 5 à 10 % du revenu annuel du joueur, ce prorata étant dégressif (il va de 10 %, pour les montants compris entre 0 et 50 000, à 4 %, pour les valeurs dépassant 250 000 €) ; il en est de même pour le basket, le foot et le hand, le golf et le tennis ayant des plafonds relevés à 15 %. Concrètement, si un joueur conclut un contrat de travail d’un an avec une rémunération brute annuelle de 100 000 €, l’agent percevra jusqu’à 10 % de la première tranche de 50 000 € et 8 % de la deuxième tranche de 50 000 € ; soit un total, sur ce cas-là, de 8 999 €. « Mais il s’agit d’un maximum, nous rappelle un agent. Il y a des clubs qui jouent le jeu et s’en tiennent au plafond fixé ; il y en a d’autres avec qui il faut négocier non seulement le contrat du joueur mais aussi notre commission. » À cette somme, il convient par la suite de retrancher les taxes, cotisations et les frais, poste de dépense majeurs pour la profession.
Dans les faits, la grande majorité des agents actuellement en activité sont salariés d’une société (Wasserman, Projexa, SD Management…). Dans ce schéma, l’agence facture au club la commission dont le montant entrera dans le chiffre d’affaires global de la compagnie. Les salariés, eux, perçoivent généralement un salaire fixe et des bonus calculés sur leur chiffre d’affaires total. D’après les sites spécialisés, les agents sportifs français – on compte une centaine de détenteurs de la licence rugby, plus ou moins actifs – sont rémunérés 3 000 € bruts mensuels en moyenne. Une estimation qui, comme pour les salaires des joueurs qu’ils représentent, cache une grande disparité.
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