L’Agglo de Béziers a présenté aux riverains, ce mardi 3 décembre en début de soirée, le futur site de « Béziers antique » qui s’implantera sur la route de Lespignan.
« C’est assez savoureux et même cocasse de se dire que grâce au projet Béziers antique, notre quartier va enfin basculer dans la modernité… » L’Agglo organisait, ce mardi 3 décembre au soir, dans ses locaux, une réunion publique autour de la future cité romaine.
Une petite quinzaine de riverains, parmi lesquels le viticulteur Jean-Pascal Pelagatti du domaine Les Graviers ou Corinne Amiel du domaine de Montjoie, ont assisté à la présentation, présidée par Robert Ménard.
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Miser sur un autre tourisme
« Il existe beaucoup de vestiges romains, de Nîmes à Narbonne, mais ici, à Béziers, on n’a jamais réussi à mettre en valeur le passé antique de la ville, pourtant située sur la Voie Domitienne », a débuté Jean Muller, le directeur de l’office de tourisme communautaire.
« L’idée est donc de valoriser ce passé romain mais de façon différente et plus originale, plus didactique et immersive ». Miser sur un tourisme moins balnéaire mais plus tourné vers le patrimoine, oui, mais pas à l’aide d’un énième musée.
Techniques et matériaux de l’époque
Béziers antique a pour dessein de montrer ce qu’était la cité sous l’Antiquité, en la rebâtissant avec les techniques et matériaux de l’époque, au fil « d’un chantier vivant (lire ci-dessous). On ne viendra pas voir un site terminé mais un lieu en construction », à l’image du château fort de Guédelon, dans l’Yonne.
L’implantation choisie est une plaine agricole située sur la route de Lespignan (RD14), à deux pas du Domaine de Bayssan, près du chemin rural 154 et composée de parcelles appartenant à la Ville depuis de nombreuses années et d’autres acquises tout récemment afin de permettre « une accessibilité de qualité ».
Un accès difficile à la RD14
C’est bien ce qui a soulevé quelques questions chez les riverains, qui ont souligné des sorties parfois difficiles des chemins ruraux, notamment pour les engins agricoles, sur la RD14 en raison du trafic. « La route de Lespignan va-t-elle être adaptée si la circulation routière augmente ? »
Mais ce qui les a réjouis, c’est d’apprendre que, dès le début du projet, l’adduction en eau de la ville sera effective, « car ça fait un moment que ce quartier des Brégines n’a rien : eau, assainissement, fibre…, a déclaré Jean-Pascal Pelagatti. « Bien sûr, on va commencer par ça et vous serez les premiers à avoir l’eau et l’électricité », a confirmé le président de l’Agglo Robert Ménard.
Reste en suspens cette interrogation : Béziers antique mettra-t-il à contribution l’ancienne carrière de pierre des Brégines ?
Un chantier qui mise sur le long terme
L’Agglo Béziers Méditerranée va confier, par le biais d’une délégation de service public, à un prestataire privé (il devrait être connu au printemps prochain) le soin d’animer le site. Ce délégataire se basera, bien sûr, sur les découvertes romaines déjà réalisées et sur celles à venir mais aussi sur l’expertise du service archéologique de la Ville et des universitaires. Pour un calendrier qui vise un étalement des constructions sur 30 ans.
« L’idée est que les gens viennent mais surtout reviennent pour voir les bâtiments (forum, théâtre, villa…) sortir de terre ». Que des enfants, qui ont assisté à l’émergence du forum, par exemple, passent à nouveau et voient une ville avec un tout autre visage, 5, 10 ou 20 ans plus tard. Les métiers (maçons, forgerons, sculpteurs ou couvreurs) seront mis en valeur et des ateliers (taille de pierre, mosaïque, etc.) proposés au grand public désireux de s’impliquer, ainsi que des animations et spectacles historiques. L’objectif est de lancer le premier coup de pioche d’ici deux ans.
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