Cette nouvelle formation universitaire sera dispensée, en alternance, à l’IUT biterrois, en partenariat avec le lycée Jean-Moulin, à partir de la rentrée 2026.
La réindustrialisation de Béziers, notamment le développement de l’industrie verte, en particulier avec le groupe Genvia qui met au point une technologie de pointe en compétition mondiale sur le marché en devenir de l’hydrogène décarboné sur le site de Schlumberger (Cameron), à Béziers, passe aussi par la formation.
Ce mardi 3 décembre, l’école polytechnique universitaire de Montpellier (Polytech) a lancé officiellement son cursus d’ingénieur en génie industriel, en alternance, qui sera dispensé à l’IUT de Béziers, en partenariat avec le lycée Jean-Moulin (notamment pour l’utilisation de son atelier), dans les locaux de la cité scolaire biterroise.
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« Un besoin de 3 000 ingénieurs en Occitanie »
L’ouverture du nouveau cursus s’inscrit donc dans la dynamique portée, entre autres, par le préfet de l’Hérault et le rectorat, soutenu par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, pour déployer des formations répondant aux besoins industriels du territoire. Notamment dans le domaine de la production d’hydrogène obtenu à partir d’énergies renouvelables porté par Genvia. D’autant plus qu’il manque, en France, plus de 10 000 ingénieurs, « dont 3 000 en Occitanie », comme l’a rappelé Sophie Béjean, rectrice de la région académique Occitanie et chancelière des universités.
À ses côtés, le préfet François-Xavier Lauch, Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier, Lionel Torres, directeur de Polytech Montpellier, Florence Brutus, vice-présidente de la Région, Florence Lambert, présidente de Genvia et le maire et président d’Agglo, Robert Ménard.
Polytech Montpellier à Jean-Moulin
Auparavant, tous les représentants des acteurs de la réindustrialisation du Biterrois s’étaient retrouvés au parc machines de Jean-Moulin. Là, les étudiants (BTS CPRP et Polytech Montpellier), sous l’égide du professeur Claude Nayral, responsable de la filière BTS CPRP, ont présenté leur travail – ou projet collaboratif – à l’aide d’un diaporama : la mise en pratique d’une méthode d’amélioration des performances industrielles ou méthode Smed. Un travail commun, qui a débuté en septembre (lire ci-dessous).
« Aujourd’hui, c’est une étape qui se concrétise entre Béziers et l’Université », a indiqué Philippe Augé, soulignant « l’importance de ces nouvelles filières d’excellence lorsque le territoire développe un écosystème favorable », tel l’Eden (écosystème durable et énergies naturelles) lancé par Genvia autour de l’hydrogène vert. Et Lionel Torres de préciser : « La formation représente 24 diplômés par an, une contribution pour alimenter le territoire qui manque de compétences en génie industriel. »
« Un moment important pour l’industrie du territoire »
Florence Chambert, quant à elle, s’est réjouie de ce nouveau cursus, « un moment important pour l’industrie du territoire ». Elle a rappelé deux réalisations importantes : « la montée en puissance de Genvia », avec, avant la création de la gigafactory de demain, celle, réalisée à ce jour, de deux lignes pilotes permettant la fabrication d’électrolyseurs haute température pour la production d’hydrogène bas carbone ; la signature avec ArcelorMittal d’un « contrat de test » pour le déploiement d’un démonstrateur expérimental, en 2025, dans le but de décarboner la production d’aciers électriques de la société, en Lozère. « Il est indispensable d’anticiper sur les talents », a-t-elle lancé, précisant qu’il « faut développer les passerelles entre établissements scolaires, universités et industries ».
« On répond aux besoins du Biterrois »
Le préfet a assuré que les « moyens financiers pour ouvrir cette formation d’ingénieurs sont là (…) On répond aux besoins des industriels du territoire. » Et de poursuivre : « Concernant la réindustrialisation de la France, c’est le dernier moment pour nous positionner dans le monde », terminant son discours par un rappel de la dette de la France et « le besoin d’agir pour créer de la croissance et de la valeur. C’est ce qu’on fait ici avec le nouveau cursus, Eden et France 2030 ». Pour rappel, ce plan gouvernemental d’investissement qui doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique.
Selon le calendrier annoncé ce mardi, Polytech Montpellier proposera à la commission des titres d’ingénieurs (CTI) le nouveau cursus d’ingénieur en génie industriel, en septembre 2025.
Quelque 24 alternants feront ainsi leur rentrée en septembre 2026 à l’IUT, pour un total, de 70 étudiants ingénieurs sur les trois ans que durera le cursus.
Un projet collaboratif entre les BTS CPRP de Jean-Moulin et les étudiants en Prod 5 de Polytech Montpellier
Même si le nouveau cursus d’ingénieur en génie industriel proposé par l’IUT de Béziers n’ouvrira qu’en septembre 2026, une collaboration entre le lycée Jean-Moulin et Polytech Montpellier a déjà commencé. Depuis la rentrée, les étudiants biterrois de BTS Conception des processus de réalisation des produits (CPRP) travaillent en collaboration avec 15 étudiants de Polytech Montpellier en Prod 5, sous contrat d’apprentissage, sur l’optimisation des temps de changement de production.
« Il s’agit d’une formation commune entre nos deux établissements, nos deux cursus, explique Claude Nayral, professeur d’ingénierie, responsable de la filière BTS CPRP à Jean-Moulin. L’objectif principal est d’améliorer les cadences de production. » Et d’ajouter : « Ce nouveau cursus d’ingénieur est une ouverture formidable, une possibilité pour nos meilleurs étudiants de continuer leurs études. Nous allons conserver ce partenariat et, pourquoi pas, intégrer les BTS conception des produits industriels (CPI). »
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