Lors du deuxième jour de procès, Denis Coulson, Rory Grice et Loick Jammes vont être soumis au questionnaire de personnalité. Il s’agira pour les jurés et les magistrats de bien comprendre qui se trouve en face d’eux. Une phase qui peut avoir de l’importance au moment du verdict.
Aujourd’hui mardi, la cour d’assises de la Gironde va procéder durant toute la journée à l’interrogatoire de personnalité de Denis Coulson, Rory Grice et Loick Jammes, les trois hommes mis en examen pour viol en réunion durant la nuit du 11 au 12 mars 2017 dans un hôtel de Mérignac. Chacun devra parler de lui, de son parcours, de sa vie de famille. Les jurés se feront une idée plus précise des hommes qu’ils ont en face d’eux, derrière leur étiquette de « rugbymen de haut niveau ». Des proches pourront être appelés à la barre pour donner leur avis. La discussion sera menée par la présidente, mais les trois hommes pourront être interrogés par l’avocat général, les avocats de la partie civile, leurs propres avocats ou les jurés.
Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Denis Coulson, s’est exprimée sur l’affaire du présumé viol de l’hôtel de Mérignac. Pour elle, le comportement de la plaignante a été plus ambigu que ne le laissaient entendre les premiers récits.https://t.co/0YcyAf9tlX
— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) December 2, 2024
C’est une phase classique des procès pénaux, une partie des débats est toujours consacrée aux accusés en tant que tels, par opposition aux phases où l’on parlera des faits. Il faut toujours garder à l’esprit que les jurés n’ont pas connaissance des procès-verbaux de police ou de gendarmerie, ni des auditions de l’accusé devant un juge d’instruction. L’interrogatoire de personnalité peut aussi avoir des conséquences significatives après le verdict. Il peut déterminer la façon dont les peines seront exécutées avec possibilité d’aménagement, la notion de réinsertion entre aussi en ligne de compte. Plus un condamné est inséré, plus ses chances d’aménagement de peines sont grandes.
Lundi c’était le tour de Farrell et de Hayes
Lundi après-midi, les deux autres accusés, Chris Farrell et Dylan Hayes ont vécu cette expérience. Ils sont simplement poursuivis pour non-assistance à personne en danger, une accusation évidemment moins grave. Elle leur vaut le qualificatif d’accusés « de délits connexes », étiquette plutôt agréable à porter pour eux. Ils ne risquent qu’un maximum de cinq ans de prison alors que le trio Coulson-Grice-Jammes en risque vingt. Grégoire Mouly, avocat de la partie civile nous a donné un aperçu de ce premier interrogatoire de personnalité : « Nous sommes passés sur leur vie, leur parcours, leur arrivée en France. Nous avons entendu parler de « descente aux enfers » et d’ »évolution positive ». Quand je dis « descente aux enfers », je fais référence à ce que leur couple a subi quand ils se sont retrouvés mis en examen, quatre ans après les autres. Messieurs Farrell et Hayes étaient sortis du dossier puis ils y sont revenus. »
À ce sujet, maître Arnaud Lucien avocat de Dylan Hayes nous a semblé plutôt confiant sur le devenir de son client. « Il n’a rien fait, il est entré dans la pièce alors que les ébats avaient commencé. Sa vie, c’est le rugby. Il était déjà en train de penser à prendre le car pour le retour ». Son argumentaire de défense nous est apparu assez clairement. Le troisième ligne néo-zélandais ne doit pas être traité comme les autres, dont il ne partageait pas l’état d’esprit cette nuit-là.
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