Le grand bonhomme rouge et blanc (François Ayuda, de Cessenon-sur-Orb) a accordé à Midi Libre une interview exclusive.
Papa Noël Ayuda et ses lutins tournent sur Béziers et le Biterrois avec leurs différents spectacles (marionnettes à fils ou à gaine, clowns, visite du Père Noël et Le Petit camion rouge), pour enfants et adultes, afin de remplir la hotte de l’argent qui leur permettra d’acheter les cadeaux à offrir aux enfants malades et handicapés du territoire.
Vous avez commencé votre tournée. N’est-ce pas un peu trop tôt ?
Non, pas du tout. Nous avons deux types de tournées. Tout d’abord, celle des différents spectacles que mon équipe et moi proposons dans divers établissements, comme les écoles, les hôpitaux, l’IEM de Béziers, IME de Sauvian, Sainte-Marthe à Pézenas… pour récolter de l’argent afin d’acheter des jouets pour les enfants malades et handicapés. Par exemple, la prochaine date, c’est le 3 décembre. Nous irons à l’école Sainte-Marthe de Pézenas pour y présenter notre spectacle de Noël. Nous serons défrayés. Au total, j’ai 35 dates jusqu’au 24 décembre. Cette année, nous avons besoin d’environ 5 000 euros. Il faut savoir que les jouets pour les enfants des instituts spécialisés coûtent très cher.
Vous vous déplacez seul ?
Parfois. Mais j’ai aussi mes lutins (son équipe) et la Mère Noël (son épouse) qui m’accompagne selon les spectacles que l’on propose. Nous avons Le Petit camion rouge, un castelet de marionnettes à gaine pour les 2-4 ans ; deux spectacles de marionnettes à fils pour les plus grands, les classes de Primaire – « Le Spectacle de Noël » et « Le Voyage de petit Paul » ; « Jean-Moulin, de l’artiste au résistant », du collège aux adultes ; « Les réfugiés d’aujourd’hui et d’hier », du collège aux adultes.
Et la deuxième tournée ? En quoi consiste-t-elle ?
C’est celle du cœur, destinée aux enfants malades et handicapés. Là, il n’est plus question d’argent. Nous offrons des cadeaux et des spectacles. Mais nous n’allons pas attendre le 24 décembre pour offrir du bonheur aux petits. En fait, c’est comme si nous avions deux hottes : l’une pour la remplir des 5 000 euros, l’autre, de cadeaux que nous achetons pour offrir aux enfants en souffrance. Cette deuxième ne se vide pas d’ailleurs qu’à Noël. Nous sommes toute une équipe de bénévoles avec, comme seul objectif, gâter les enfants ! C’est tout au long de l’année que nous gâtons les enfants qui souffrent. Nous leur offrons des cadeaux, mais aussi des séances de médiations animales et des découvertes d’activités de cirque. Nous avons aussi en projet des séances d’équithérapie.
Concernant votre tournée de Noël, où en êtes-vous ?
Nous la commencerons le 10 décembre. Nous serons à l’IME de Sauvian. Tous les enfants des IME de tout le territoire – et pas seulement ceux de Sauvian – seront réunis à la salle des fêtes pour un spectacle de Noël de marionnettes à fils et un goûter. Et ainsi de suite jusqu’au 24 décembre.
Quelle est votre plus belle halte ?
C’est celle de la nuit du 24, bien entendu. Je commence dans le service Pédiatrie de l’hôpital de Béziers, puis je tournerai aux domiciles des petits malades. Cette nuit-là sera la plus merveilleuse. J’ai un doigt magique pour aller chercher la lumière des étoiles et des histoires de lutins plein la hotte. Parfois, j’offre aussi des carottes et des navets, avant le beau cadeau, aux enfants qui n’ont pas été sages.
Il paraît que vous récupérez des sucettes d’enfants ce soir-là…
Oui, effectivement. Les enfants me les remettent comme un cadeau et je leur dis que désormais, ils n’en ont plus besoin car je veille sur elles…
Une nuit vous suffit-elle pour rencontrer tous les enfants qui ont besoin de votre magie ?
Oh, le plus souvent, je déborde sur le matin. Et là, ce sont des moments formidables ! Les parents les réveillent. Moi, j’attends dans la cuisine, je déjeune, je fais du bruit. Ils sont à la porte et n’osent pas s’approcher…
Au chevet des enfants malades et handicapés depuis 40 ans
François Ayuda, le Père Noël biterrois, a commencé sa tournée en 1980. Mais ce n’est qu’en 2012 qu’il crée l’association Les Marionnettes du cœur, « pour répondre aux besoins des enfants, toujours plus nombreux et surtout pour respecter la réglementation. Avant, les donateurs payaient directement les événements ou les jouets. Mais il a fallu changer notre façon d’agir. Il fallait un compte bancaire pour déclarer les défraiements et les dons. Ceux-ci, je le rappelle, sont déductibles des impôts à 66 %. Ils proviennent des particuliers mais aussi des entreprises. »
François Ayuda indique faire attention à son budget : « L’essence et les restos, on les paie de notre poche. En revanche, il nous faut de l’argent pour le matériel de spectacle et pour acheter les cadeaux. Mais tout doit être clair et détaillé au centime près. »
L’association recherche des bénévoles et un grand garage pour stocker le traîneau (la remorque transporter le matériel). Contact : 06 61 38 49 03.
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