Dans le cimetière situé à l’entrée de La Tour-sur-Orb en arrivant de Bédarieux, Marie vient régulièrement se recueillir sur la tombe de ses parents. Mais ce vendredi, jour de la Toussaint, la quinquagénaire a pris sa journée de repos, pour aller déposer également des pots de fleurs sur la tombe d’une amie et des proches de la famille enterrés à l’autre bout du village.
En temps normal, cette infirmière travaille. Alors cette fois-ci, elle a décidé de prendre son temps, mais n’aura pas d’autre solution que d’utiliser sa voiture, car les cimetières sont éloignés de dizaines de kilomètres les uns des autres.
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Une commune étendue sur 32 km carrés
Cette commune héraultaise de 1.350 habitants a en effet la particularité d’avoir pas moins de 13 cimetières et huit églises. Ce qui est assez exceptionnel pour une collectivité de cette taille. En moyenne, chaque commune française dispose de 1,19 cimetières (la France compte 35.000 communes et un peu plus de 43.000 cimetières).
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Comptez plus d’une quarantaine de minutes parfois pour aller d’un hameau à un autre comme par exemple de Clairac (qui surplombe la vallée de la Mare) à Sénégra, le plus petit d’entre eux, mais aussi le plus haut perché du village, donnant d’ailleurs une vue imprenable sur toute la vallée de l’Orb.
« A chaque fois que je fais la présentation de la commune, ces chiffres font beaucoup sourire » dixit le maire Bernard Sallettes. »Certains de mes camarades maires s’interrogent même comment nous nous en sortons. Car l’entretien des cimetières à un coût. Oui, c’est compliqué, mais pas plus que d’avoir huit églises. »
Des églises des XIe au XVIIIe siècle, d’une capacité de 200 à 300 personnes
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« J’ai huit églises. Ce qui veut dire autant de toits qui risquent de tomber. L’entretien représente un cout non-négligeable. Tous les ans, je suis en train de chercher des subventions ».
Les cimetières sont tous entretenus par le service technique composé de six agents. L’entretien annuel représente l’équivalent d’un temps plein. Depuis une quinzaine d’années, les élus ont fait le choix de bannir le désherbant. Tout est donc fait à la main. Pour limiter les trajets, les cimetières restent ouverts et accessibles de jour comme de nuit. « Nous ne pouvons pas faire autrement dit le maire. Nos équipes passeraient leur journée sur la route pour aller d’un hameau à un autre. Quant aux églises, l’ouverture est gérée dans chaque hameau par des associations patrimoniales ».
« On gère comme on peut » confie Jean-Noël Gourdouze, responsable technique de La Tour-sur-Orb. Les cimetières sont propres. Nous avons été précurseurs dans l’arrêt du glyphosate. À la débroussailleuse, ce n’est pas le même travail. C’est plus long. Mais nous sommes respectueux de l’environnement. Au printemps, l’herbe pousse très rapidement. Quand vous avez terminé l’entretien du dernier cimetière, vous recommencez le premier. On ne s’arrête jamais. Certains cimetières n’ont pas d’eau potable. Il faut aussi les approvisionner eau« .
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Dans la commune, rares sont les habitants rencontrés à avoir connaissance d’un tel patrimoine. « Je reconnais que je ne pensais pas que nous avions autant d’édifices. Dans certains hameaux, il doit y avoir davantage de morts que d’habitants » plaisante Bernard.
Il n’a pas vraiment tort. Dans celui de Saint-Xist, seulement une trentaine de résidants à l’année, deux cimetières (plus de 150 tombes) distants d’une centaine de mètres l’un de l’autre et une église classée qui n’ouvre ses portes que deux fois pas an, sauf lors des enterrements.
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