« Ça me pèse sur le moral, cette attente est nocive » : les employés du casino du Polygone, à Béziers, toujours dans l’incertitude

Alors qu’une fermeture définitive de ce supermarché est annoncée depuis des mois, les employés n’ont toujours pas de visibilité sur la date d’arrêt de leur activité. Une annonce repoussée de semaine en semaine par leur direction, qui les empêche de se projeter sur leur avenir et pèse sur leur moral. Témoignages.

Vaille que vaille, la vingtaine d’employés du casino du Polygone, à Béziers, continue de tenter de faire vivre ce magasin, alors même que les livraisons de produits s’amenuisent et que la clientèle se tourne vers d’autres points de vente. Une équipe qui fait corps, grâce à une bonne entente et de la solidarité, mais dont le moral est entamé par l’incertitude. À l’image de cette employée polyvalente qui s’active à remettre en rayons des pains de mie : « Je languis depuis avril. Ça me pèse sur le moral, cette attente est nocive. Je n’ai plus de motivation, il n’y a plus de challenge à relever ».

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« Si je donne un CV sans savoir quand je peux prendre un nouveau poste, c’est inutile »

Pour cette autre employée, étudiante en alternance âgée de 20 ans, l’absence d’information sur la poursuite de son contrat l’empêche de se projeter et de postuler auprès d’autres employeurs : « En alternance je gagne seulement 900 €, j’ai besoin d’un complément d’argent et je n’ai aucune visibilité donc je ne peux pas postuler ailleurs. Il y a eu un job dating au Polygone et je n’ai pas pu m’y rendre. Si je donne un CV sans savoir quand je peux prendre un nouveau poste, c’est inutile. On ne sait pas quand on ferme, ni si on aura des congés payés, la prime, le treizième mois, l’ancienneté, on ne sait pas. Cette charge psychologique est difficile à vivre ».

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« Je garde un peu d’espoir qu’on nous annonce rapidement une date ou qu’un repreneur nous embauche »

Même son de cloche, à la caisse, pour cette salarié qui œuvre depuis 4 ans et demi dans ce magasin et qui s’y voyait bien encore quelques années. Face à l’inconnu, elle fait contre mauvaise fortune bon cœur : « C’est assez stressant, on ne peut pas postuler ailleurs puisqu’on n’a pas de date de fin de contrat. Et les magasins ont déjà fait leurs équipes pour Noël. Heureusement je suis jeune, je peux retrouver un emploi dans la grande distribution. Je garde un peu d’espoir qu’on nous annonce rapidement une date ou qu’un repreneur nous embauche

« On attend d’avoir une date, pour acter cette fin, et passer à autre chose »

Si le directeur du magasin avait annoncé donner une réponse à la mi-octobre, elle est repoussée de semaine en semaine, déplore ce chef d’équipe : « Chaque semaine, on nous dit que ce sera annoncé celle d’après. C’est repoussé sans cesse. On attend d’avoir une date, pour acter cette fin et passer à autre chose. On n’a plus d’objectifs, plus de but. On fait le job mais sans savoir pourquoi ».

« Ça commence à faire trop longtemps qu’on attend »

Dans le magasin, des équipements tombent en panne, ils ne sont pas réparés, du fait de l’arrêt des contrats entre l’enseigne et ses prestataires, les étals se vident… Un délitement qui renforce le sentiment d’abandon pour ce manager, qui continue à travailler, sans motivation : « On devait nous annoncer du nouveau à la mi-octobre, et à ce jour, toujours rien. On n’a plus envie de faire d’effort, des frigos tombent en panne, on ne peut pas les réparer, on fait avec. Heureusement qu’on a une équipe soudée, car l’atmosphère est pesante. Ça commence à faire trop longtemps qu’on attend ».

Sollicitée, la direction du groupe casino fait savoir qu’elle réserve ses annonces pour les instances représentatives du personnel. Le directeur du magasin, sollicité également, n’a pas donné suite aux demandes de Midi Libre. Selon nos informations, des négociations seraient en cours avec une autre enseigne de la grande distribution. À suivre…

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https://www.midilibre.fr/2024/10/26/ca-me-pese-sur-le-moral-cette-attente-est-nocive-les-employes-du-casino-du-polygone-a-beziers-toujours-dans-lincertitude-12283855.php

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