Ils ont appris la nouvelle par le bulletin municipal du mois d’août et sont tombés des nues. Une réunion publique début septembre a mis le feu aux poudres et semé la zizanie entre les pros et les antis.
« Quand on veut se marier, on se fiance d’abord, pour voir si on peut s’entendre. Si on passe outre cette étape, ça s’appelle un mariage forcé ! ». De nombreux habitants de Valquières ne décolèrent pas. Ils ont appris à la mi-août, dans Le Caneton, le bulletin d’informations municipales, que leur village Dio-et-Valquières allait disparaître en fusionnant avec Lunas, pour devenir une commune nouvelle, sans doute baptisée Lunas-les-Châteaux.
« On s’est pris un coup de bambou sur la tête, témoigne Mathieu (*), l’un des résidants de ce hameau perché, entre ruffes rouges, falaises calcaires, grès et basalte. On nous sort cette décision du chapeau, sans aucune consultation ni concertation, avec un calendrier déjà bouclé : vote des conseils municipaux à l’automne et fusion au 1er janvier 2025. C’est un déni de démocratie ! ».
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Le fossé se creuse entre pros et antis
La réunion publique qui s’est tenue le 5 septembre n’a pas désarmé la contestation, bien au contraire, et a semble-t-il creusé un fossé entre les pros et les antis. « On ne comprend pas cette manœuvre de la maire actuelle (Yvelise Descamps, NDLR), qui en est à son 2e mandat et a laissé entendre qu’elle ne comptait pas se représenter ».
Parmi les arguments présentés pour cette fusion, « beaucoup ne tiennent pas la route, poursuit Luc (*). On nous avance que la commune finira de toute façon par être absorbée, qu’elle va mourir et que ça permettra de mutualiser les moyens (agents techniques, police municipale…). Mais Dio-et-Valquières s’en sort très bien toute seule ».
Des rentrées économiques
Les deux hommes avancent un budget confortable pour une commune de seulement 150 habitants et des rentrées économiques conséquentes dues, notamment, à un parc d’éoliennes qui doit encore s’agrandir.
« On va perdre notre autonomie. On dispose actuellement de 11 conseillers municipaux. Si la fusion se fait, ils ne seront plus que trois à siéger à Lunas jusqu’en 2026. Après les prochaines municipales, on n’en aura plus qu’un ! On ne veut pas être dépossédés de notre pouvoir de décision. Coopérer, oui, être vendu et disparaître, non ! ».
Un vote pour supprimer la commune
Jean-Paul Arnaud, l’ancien maire de la commune, lui, va même plus loin. « Il semble que la décision sans retour soit prévue pour fin novembre, écrit-il dans une note distribuée à la population. On met au même niveau un vote du conseil municipal pour placer un nouveau banc public sur la place du village avec un vote pour supprimer la commune. »
Il rappelle que les villages s’allient de longue date pour travailler ensemble (Sivom, Sictom, communauté de communes), « nul besoin de disparaître pour cela ». En attendant, il appelle les habitants à se mobiliser, à adhérer au collectif « Sauvons notre commune » et à signer la pétition contre la fusion.
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