Sébastien Castella : « Je veux remercier et partager l’émotion de ces 25 ans dans toutes les arènes »

Le torero biterrois réalise le bilan de sa temporada et évoque ses projets pour 2025 où il fêtera ses 25 ans d’alternative.

Comment allez-vous après votre opération au lendemain de votre dernière corrida de 2024 ?

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J’ai déjà subi une intervention aux cervicales l’an dernier qui a été un demi-succès. Cela m’a pénalisé surtout dans ma préparation de la temporada car je pouvais juste toréer de salon et peu au campo car les douleurs étaient intenses. J’ai toréé toute la saison sous morphine pour tenir le coup car la douleur était plus forte qu’avant l’opération avec une profusion liée au dispositif en titane déposé (os qui touche le nerf). Je n’en ai pas parlé dans les médias car j’estime qu’un torero ne doit pas être plaint. Mais après Saragosse, j’ai été opéré à Madrid. Ils m’ont mis de l’ozone et cela devrait, normalement, décomprimer et régler définitivement le problème.

« De beaux moments et des plus difficiles »

Quel bilan faites-vous de 2024 que vous espériez meilleure encore que la précédente ?

Il n’y a pas eu les grandes portes comme en 2023. J’en ai retiré beaucoup d’expériences avec des beaux moments et des plus difficiles. On veut toujours plus que la raison le voudrait. L’expérience t’apprend qu’il ne faut jamais parier sur une saison meilleure que l’autre. Surtout quand elle a été exceptionnelle en termes de triomphes comme en 2023 (Madrid, Séville, Mexico). Il y a eu de belles corridas à deux reprises à Nîmes pour Pentecôte, les deux d’Arles ou en Espagne comme les oreilles à Séville pour Pâques et la San Miguel. Il y a également eu de grandes courses comme les deux faenas de Madrid, Alicante ou Soria mais j’ai échoué à l’épée.

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Conserver votre statut de figura sans triomphe dans les principales ferias est une fierté ?

Mon envie est de pouvoir exprimer mes sentiments et évoluer comme artiste. Je suis arrivé à un point de maturité et une plénitude dans ma tauromachie avec ma signature propre. Quand tu veux marquer l’histoire tout au long de ta carrière, il faut être patient. C’est un plaisir de constater que les professionnels, les aficionados et les critiques reconnaissent mon toreo et mon parcours sans remettre en cause mon statut dans une saison où je n’ai pas ouvert les grandes portes des principales ferias.

Le temps, les réussites et les déceptions forgent ton expérience et remplissent la bouteille pour faire l’histoire. On aimerait ne connaître que des triomphes mais c’est impossible. Un grandiose torero comme José Tomas a sorti un toro vivant à Madrid. Il faut ces moments durs pour apprendre car nous ne sommes que des êtres humains.

Allez-vous toréer en Amérique Latine malgré votre opération ?

Malgré les 52 corridas toréées, je regrette que la saison se finisse car j’ai fini la saison avec beaucoup de fraîcheur et d’envie avec une oreille à Séville et deux grandes portes à Las Rozas et Saragosse, une arène de première catégorie. J’étais heureux de mettre le costume malgré l’exigence de ce type d’arène comme si c’était la première corrida. Là, je vais me reposer mais je compte aller dans tous les pays taurins d’Amérique avec l’Équateur, le Pérou, la Colombie voire le Mexique début 2025.

« Remercie mon public et toréer beaucoup pour mes 25 ans »

Comment abordez-vous la prochaine saison où vous célébrez vos 25 ans d’alternative ?

C’est une temporada avec un sentiment particulier car je n’ai pas pu fêter les vingt ans, et tous les évènements prévus, à cause du Covid. Un quart de siècle de carrière est important. J’ai toujours voulu porter les couleurs de la France et de Béziers au plus haut niveau dans le monde entier. Cela me tient très à cœur de remercier mon aficion et toréer beaucoup. Dans les plus grandes arènes, comme dans les arènes de moindre catégorie en France.

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Un artiste s’accomplit dès qu’il se produit le plus souvent possible. J’ai envie de communier et partager ce moment avec un maximum d’arènes pour les remercier et vivre ces émotions avec tous les publics. J’ai toujours ressenti le soutien des Français même dans les arènes les plus reculées d’Amérique. Cela te remplit de joie et te fait sentir torero. C’est mon envie et j’espère que les choses pourront se faire ainsi pour remercier mon public qui m’a soutenu et poussé depuis plus de 25 ans.

Comptez-vous faire des gestes particuliers comme des solos ?

J’ai pas mal d’idées en tête mais rien n’est encore concret. L’important est de toréer avec deux compagnons de cartels dans les arènes françaises et du monde entier et prendre du plaisir. Quel que soit le torero car je n’ai jamais refusé de toréer avec quelqu’un. Il n’est pas sûr que je fasse des solos car j’en ai déjà fait beaucoup et un mano a mano doit avoir du sens. 2025 est une année de grande responsabilité pour moi.

« Pourquoi se fixer une échéance pour la retraite ? »

Ces saisons charnières sont souvent le moment où on réfléchit à la retraite…

2025 ne sera pas la fin. Aujourd’hui, je me sens plus à l’aise dans le costume devant le toro qu’il y a quelques années. Avec l’expérience, je me sens en paix avec moi-même et je prends du plaisir. Ce n’est pas simple de ressentir cet épanouissement personnel et professionnel avec la responsabilité de triompher pour gagner des contrats. Je suis heureux et je veux profiter de ce moment où je comprends rapidement les toros, fais l’effort quand c’est nécessaire.

J’ai mis des années à arriver à cette situation où le plaisir prend le dessus sur le reste. En toréant doucement, ressentir l’émotion du toro qui passe prêt et la partager avec le public pour la transformer en art et sentiment. Alors, pourquoi se fixer une échéance ? Le jour où le plaisir partira ou je ne serai plus capable de faire l’effort quand le toro peut m’attraper, j’arrêterai immédiatement. Par respect pour le public, mon métier et le toro.

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Sur les arènes de Béziers…

Quel bilan faites-vous de la feria 2024 ?

Je suis très satisfait de la fréquentation et du travail réalisé. J’en profite pour féliciter Olivier Margé qui fait l’essentiel du travail. Personnellement, je m’occupe du choix des toros au campo. J’assume que les corridas soient présentées avec de l’homogénéité et avec un trapio dans le type de chaque ganaderia. Je reconnais volontiers que le lot de Jandilla a manqué d’un peu de sérieux mais toutes étaient harmonieuses et les Santiago Domecq et de Margé étaient dignes de toutes arènes de première catégorie.

Avec Olivier Margé, on débute dans le métier et on apprend encore. En 2025, on corrigera le tir sur le sérieux de la première corrida. Au bout de trois ans, on obtient les premiers résultats en termes de qualité et de fréquentation avec l’expérience de Simon Casas, le travail au quotidien d’Olivier et ma vision de torero. L’an prochain, nous serons au top.

Peut-on espérer enfin des encierros en 2025 ?

Je ne sais pas à cette heure car il faut que toutes les parties, mairie et organisateurs, soient totalement convaincues. On avance, il faut régler de nombreux détails car le jour où on le fera, il faut que tout soit parfait. On y arrivera un jour car c’est notre volonté avec Olivier depuis que nous avons pris la direction des arènes. Cela permettra de passer un cap important pour l’empresa et la ville dans la dimension et le rayonnement de la feria.

Ce serait une première pour une feria française et on a un devoir d’excellence pour régler les moindres détails. C’est un travail d’équipe entre Betarra et la mairie. Quand on fait une balance, le positif l’emporte largement sur le négatif au niveau économique et image. Ce sera un boom important pour Béziers et la tauromachie française.

https://www.midilibre.fr/2024/10/19/sebastien-castella-je-veux-remercier-et-partager-lemotion-de-ces-25-ans-dans-toutes-les-arenes-12265102.php

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