Trois poètes amateurs ont reçu des prix pour leurs poésies classiques ou libres non encore publiées, à la salle du réfectoire des Abbés de Saint-Aphrodise, ce samedi 12 octobre. À cette occasion l’association Arcadia a présenté un ouvrage qui compile les poésies des 127 lauréats du concours depuis 1985.
Chaque année, trois prix sont décernés par l’association Arcadia en partenariat avec la municipalité : le Grand Prix de la Ville de Béziers, le prix Arcadia et le prix Jean Bonicel. À la clef pour les gagnants : 1 500 euros pour l’édition d’un recueil, 400 euros et 300 euros ainsi que des médailles de la ville. Pour cette 40e édition, le grand prix 2024 a été décerné au poète amateur Christian Pérez, chauffeur de bus, passionné d’échecs et de lecture, pour son recueil : « Cette singulière lumière venue des mots ». Originaire de Pouzolles dans l’Hérault, né en 1949, il avait déjà reçu le prix Arcadia en 2008 et le Prix Jean Bonicel en 2015 et a fait l’unanimité auprès de 9 membres du jury. Ils ont été séduits par la simplicité de son expression et sa pensée pénétrante, qui, comme la plupart des textes que reçoit l’association, invite au questionnement… Exemple : « J’ai peur que la nuit ne blanchisse trop vite […]. J’ai peur de l’oiseau silencieux, de ton visage qui n’est plus qu’une rivière où s’écoule la solitude ».
« Beaucoup de gens écrivent mais n’osent pas le dire, comme s’ils avaient honte. Grâce au concours certains s’affranchissent »
« La poésie est l’expression par le langage humain, ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence… Cette citation du poète Stéphane Mallarmé est toujours d’actualité », s’exclame le président de l’association Arcadia, Patrick Leblanc, qui œuvre pour le rayonnement du lyrisme au sein de l’association fondée par le poète biterrois Jean Bonicel. « On reçoit en moyenne une quarantaine de recueils, même si on a eu un pic après le Covid avec jusqu’à 90 candidatures, explique-t-il. On a beaucoup de marcheurs, de randonneurs que la nature inspire. Beaucoup de gens écrivent mais n’osent pas le dire, comme s’ils avaient honte. Grâce au concours certains s’affranchissent ».
Ces affranchis, capables de sublimer la banalité du quotidien, l’association a décidé de les publier à l’occasion des 40 ans du grand prix. Depuis 1985, ils sont 127 lauréats à figurer dans l’ouvrage illustré par l’artiste peintre Yves Marcerou. « Avec un chiffre rond, on s’est dit que c’était le bon moment. Le plus jeune poète a 20 ans et le plus âgé 75 ans, ils sont réunis dans ce florilège » se réjouit Patrick Leblanc, reconnaissant envers la municipalité pour son soutien indéfectible. « C’est une chance d’avoir ce soutien matériel et financier, pérenne depuis 40 ans ».
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