Au volant de son tracteur, Didier Lavergne passe le grand portail vert de sa propriété. Derrière lui ses vignes s’étendent sur 150 hectares à Lansargues (Hérault). Depuis 30 ans il vend ses raisins à une coopérative sauf qu’en bas de page des factures sur son bureau, les chiffres ne sont plus les mêmes au fil des années. « En 1998 on vendait des merlots à quatre-vingt ou quatre-vingt-cinq euros, aujourd’hui on les vend soixante euros« .
Pas question pour Didier d’abandonner la profession pour autant, son fils a prévu de reprendre son exploitation c’est d’ailleurs ce qui lui donne la force de continuer. Mais selon lui le marché du vin est France est bel et bien mort : « On est en surproduction, on ne vend plus de vin à l’étranger la France n’est plus compétitive à l’international. Les courtiers ne viennent plus faire des propositions d’achat dans les coopératives non plus, donc nous on s’en sort plus ».
« On va dans le mur » les syndicats du département se mobilisent
Syndiqué, l’agriculteur a décidé de se mobiliser et de répondre à l’appel lancé par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de l’Hérault. Dans un communiqué les deux principaux syndicats demandent aux agriculteurs de se mobiliser face « aux difficultés croissantes que traverse l’ensemble des filières agricoles ».
Un an après l’initiative nationale « On marche sur la tête » et les panneaux à l’envers, les agriculteurs du département ont décidé de recouvrir les panneaux d’entrée des villes avec des bâches noires avec comme slogan « On va dans le mur ». Un message clair car « aujourd’hui les agriculteurs de la région sont à bout et ne peuvent plus survivre sans des mesures concrètes et immédiates ». De son côté Didier Lavergne espère faire bouger rapidement les choses et éviter de se faire « balader par le gouvernement comme en février dernier« .
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